Juliette Labous : « J’espère que ça va venir »

Crédit photo Hervé Dancerelle / DirectVelo
Elle était l’attraction du Chrono Champenois. Ce dimanche, alors que les meilleures structures nationales féminines et masculines s’affrontaient par équipes sur une épreuve qui servait de support aux Coupes de France, la Franc-Comtoise a indirectement participé à la compétition, seule, pour se tester avant les grandes échéances qui arrivent. L’occasion pour DirectVelo de faire le point avec celle qui vient d’aider Demi Vollering à remporter le Tour d’Espagne, tout en terminant elle-même 5e de la course. La néo-sociétaire de la FDJ-Suez rentre désormais dans une phrase de préparation pour le Tour d’Italie. 2e de l’épreuve derrière Annemiek van Vleuten il y a deux ans, l’athlète de 26 ans tentera de remporter son premier Grand Tour. Entretien.
DirectVelo : Pourquoi être venue sur le Chrono Champenois ?
Juliette Labous : Parmi mes objectifs de la saison, il y aura le Championnat du Monde chrono, le Championnat de France chrono et le Giro, sur lequel il y aura un chrono. Il y a très peu de contre-la-montre pour se préparer, même s’il y aura celui du Tour de Burgos mais il ne fera que neuf kilomètres. C’est une opportunité de se mettre en condition de course et de répéter cet effort-là.
Comment s’est passée cette journée pas comme les autres ?
Ça s'est bien passé, je me suis bien sentie. Je signe tout de suite pour me sentir comme ça sur tous les chronos de la saison (sourire). Je me suis fait plaisir. C’était un bon chrono, j’ai géré exactement comme je le voulais. Avec mon entraîneur, on était partis sur l’idée d’un chrono conservateur, pas trop optimiste, car on ne savait pas trop comment le corps allait réagir après la Vuelta. J’ai pu en mettre un peu plus que prévu sur la seconde partie du chrono alors je suis contente. C’est une bonne préparation pour la suite.
N’est-il pas difficile de s’employer totalement lorsqu’il ne s’agit pas véritablement d’une compétition ?
Il faut se conditionner, un peu comme en course. Même si en course, on arrive quand même à se faire encore un petit peu plus mal dans les derniers kilomètres, c’est sûr. Mais c’était le même effort et c’était super important de s’appliquer. Avec le vent défavorable sur la première partie, il fallait rester solide mentalement et se dire que ça allait être plus dur sur les 15-20 premiers kilomètres, mais qu’ensuite ça irait plus vite. Il va falloir analyser ce que je peux encore améliorer avec mon entraîneur qui m’a suivie sur ce chrono mais je suis contente de cette journée et de ce test.
« ÇA ME TIRE VRAIMENT VERS LE HAUT »
Quel bilan tires-tu de ta première partie de saison pour tes débuts à la FDJ-Suez ?
Le bilan est très bon. Physiquement, je me suis sentie très bien sur chaque course, hormis à Liège où j’étais un petit peu moins bien. Mais je suis tombée malade le lendemain, c’est une explication. Je suis vraiment contente, on a eu de bons résultats collectifs. Je me suis vraiment fait plaisir, c’est ce que je retiens en priorité. Personnellement, je n’ai pas encore eu un gros résultat, j’espère que ça va venir prochainement.
Comment as-tu vécu le Tour d’Espagne victorieux de Demi Vollering, sachant que vous testiez le fameux trio infernal puisqu'Evita Muzic était là, elle aussi ?
C’était une belle semaine. On a très bien couru ensemble. C’était un plaisir, on a fait un sacré travail. Personnellement, je me suis sentie de mieux en mieux au fil des étapes. Ce n’était pas facile au début car j’avais donc été malade après Liège et je n’étais pas encore totalement rétablie. En plus, j’ai pris une grosse chute sur la troisième étape. Ce n’était pas facile mais la course s’est super bien terminée avec les deux victoires d’étapes et le général pour Demi, c’était super.
Chez DSM, tu étais la leader N°1 de l’équipe. Depuis ton arrivée à la FDJ-Suez, tu t’es pratiquement toujours mise à la planche pour Demi Vollering, hormis sur l’Amstel Gold Race où tu as pu jouer ta propre carte. Comment vis-tu cette situation ?
Ça me tire vers le haut. J’ai quand même aussi ma chance, ce sera le cas sur ma prochaine course, au Tour de Burgos, où je serai la leader unique. J’ai déjà eu des opportunités, notamment à l’Amstel. Quand je dois bosser pour Demi, ça me pousse à élever mon niveau. C’est vraiment un plaisir.
« IL FAUDRA FAIRE UNE SEMAINE PARFAITE »
Sur le Tour d’Italie, tu seras co-leader de l’équipe avec Evita Muzic, en l’absence de Demi Vollering. Le manager de l’équipe, Stephen Delcourt, nous a récemment dit que le but était de gagner ce Giro. T’en sens-tu capable ?
Ça fait plaisir d’avoir la confiance de l’équipe (lire l’interview de Stephen Delcourt), ça nous motive à vouloir bien faire. Je pense que oui, on en a les capacités, Evita et moi. Il faudra faire une semaine parfaite pour espérer prendre le maillot rose mais il faut y aller avec cette motivation-là.
Quel sera le programme jusqu’au Giro ?
Le Tour de Burgos, donc, puis un stage en altitude et les Championnats de France.
L’enchaînement Giro-Tour ne te fait-il pas peur ?
Non, je l’ai fait tous les ans et ça me correspond bien. Généralement, je suis mieux au Tour même si c’était un peu moins vrai l’année dernière car il y avait aussi eu les Jeux Olympiques entre-temps (elle avait terminé 4e du chrono à neuf secondes de la médaille, NDLR) et ça avait été très intense, physiquement comme mentalement. J’avais eu le Covid après les Jeux et j’étais diminuée au Tour. Mais quand on est en forme, l’enchaînement se fait bien donc non, ça ne me fait pas peur.
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