Victor Jean : « Je n’en reviens pas »

Crédit photo Philippe Pradier - DirectVelo
Près de trois ans. C’est le temps qu’aura attendu Victor Jean pour relever les bras depuis sa victoire d’étape au Tour du Beaujolais en juin 2022. Ce lundi, le pensionnaire du CC Étupes a remporté le Grand Prix de Vougy (voir classement). “Je n'en reviens toujours pas. Ça ne m'arrive pas souvent de gagner. Je pense que je vais réaliser ça à froid. J'ai couru comme j'aime faire“, confie-t-il au micro de DirectVelo.
« JE PRENDS SUR MOI POUR LIBÉRER PLUS TARD LES CHEVAUX »
Mais cette fois-ci, le coureur de 21 ans ne s’est pas échappé dès le début de l’épreuve comme il l’avait fait, il y a huit jours, à Paris-Roubaix Espoirs (lire ici). “J’ai gagné avec la manière, mais cette année, ce n’est pas ce qu’on me demande. On me demande juste de gagner parce que faire le cow-boy, ça ne sert à rien. Je prends sur moi pour libérer plus tard les chevaux. Quand ça passe, ça récompense toutes les autres fois. Je pense notamment à mon échappée à Paris-Roubaix, où j’ai produit des efforts qui ont payé aujourd’hui. J’en suis sûr“.
Victor Jean est parti en solitaire, à environ 25 kilomètres de l’arrivée, derrière Benjamin Buchetet (Isatis Cycling Team), qui s’était extirpé un peu plus tôt. “C’était un moment clé dans la dernière heure. Tout le monde était à fond et ça ne faisait qu’attaquer. J’étais en tête de peloton et j’ai relancé. Personne n’a pris ma roue. Si certains me suivaient, c’était sûr que seuls des hommes auraient pu le faire. Finalement, je suis sorti. Au début, je n’ai pas tout mis, je me suis concentré sur la gestion et l’aéro. Ainsi, si ça revenait, j’aurais encore des forces“.
« J’AI LE MOTEUR POUR EXISTER EN CONTI »
Il s’est rapidement débarrassé de Benjamin Buchetet, tandis que son ex-coéquipier et ancien pro Antoine Raugel (VC Villefranche Beaujolais) essayait de rentrer sur lui. “J’ai su au dernier passage sur la ligne d’arrivée que c’était Antoine. J’en ai vraiment remis parce que je n’ai pas une grosse pointe de vitesse. Je ne voulais pas qu’il rentre ou alors au moins l’user au maximum. Au pied de Parras, il n’y avait que 8 secondes, je me suis dit que l’arrivée était en haut. Finalement, j’ai directement repris 15 secondes. Puis, il s’est fait reprendre, donc c’était bon“. Et Victor Jean n’a plus été rejoint.
Samedi dernier, il a fini dans le Top 15 de Liège-Bastogne-Liège Espoirs (voir classement). “Là encore, on m’a demandé de courir en filou, au millimètre et d’attendre la fin de course. J’ai montré que je pouvais jouer. Ça aurait pu être mieux, mais ça aurait aussi pu être pire. Tous les mecs autour de moi sont des pros“. Passer professionnel, c’est justement l’objectif de l’Espoir 4. “Avec Étupes, c’est notre but commun. Ils ont les contacts qu’il faut. Je sais que j’ai le moteur pour exister en Conti. Mais ça passe par le fait de gagner des courses amateurs, c’est le dilemme“. Ses prochains rendez-vous seront en mai le Circuit de Saône-et-Loire (Élite Nationale) et la Ronde de l’Isard (2.2U). “Mais avant ça, je vais couper ces deux prochains jours“. Pour repartir de plus belle et regoûter à la victoire.

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