Romain Grégoire : « C’était le scénario rêvé »

Crédit photo Robert Gachet - DirectVelo

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Jusqu’au bout, l’Ain Bugey Valromey Tour aura proposé des rebondissements. Alors que Lenny Martinez et Cian Uijtdebroeks étaient les deux principaux acteurs des épisodes précédents, l’épilogue du feuilleton a tout chamboulé. Et c’est Romain Grégoire qui a joué les premiers rôles, au détriment de ses deux adversaires (voir classements). "C'était le scenario rêvé. C'est le genre d'histoire qui ne se passe que dans les rêves ou l'imagination. Renverser le général et gagner en bleu-blanc-rouge un 14 juillet, c'est l'idéal", exulte le coureur d’AG2R Citroën U19, qui a surpris ses adversaires en anticipant, puis en partant dans un baroud solitaire de 12 kilomètres. "Le plan au départ, c'était de faire le vélo que j'aime. Attaquer de loin, donner tout ce que j'ai. J'ai essayé dans le deuxième col d'attaquer. Mais Cian et Lenny étaient attentifs et ne voulaient pas laisser sortir".

Mais la formation AG2R Citroën U19 a de la suite dans les idées. Avec Noa Isidore présent à l’avant, Romain Grégoire bénéficie d’un soutien important dans sa quête de maillot jaune. "Avec Noa qui était à l'avant, si je voulais faire le trou pour le général, je devais attaquer tôt dans la dernière ascension. J'en ai mis une dès le pied et j'ai retrouvé Noa qui m'a passé un super relais, c'était au top. Puis j'étais seul face à moi-même". Ou plutôt face à Lenny Martinez et Cian Uijtdebroeks, qui malgré plusieurs tentatives, n’ont jamais réussi à faire cause commune. "L'écart n'a pas arrêté de grandir, donc j'étais en gestion constante dans les 15 derniers kilomètres. J'étais concentré sur mon effort, je ne faisais pas attention à derrière. Puis j'ai vu 2'40" à 3 kilomètres, j'avais déjà les poils hérissés à l'idée de gagner en bleu-blanc-rouge donc j'ai savouré les derniers instants".

« SUR DES PETITS COLS, JE PEUX LARGEMENT RIVALISER AVEC EUX »

Romain Grégoire a raison, l’avance est largement suffisante pour profiter de ce qui représente un succès de marque pour le Champion de France. "Je pense que c'est la plus belle. Il y a la manière et le général avec. Ce matin je m'étais dit qu'il fallait que je sauve mon Valromey en essayant au moins d'aller chercher le podium et l'étape. Et là le coup double c'est le top". Dans l’ombre de ses deux rivaux, le coureur en tête du Challenge MorphoLogics-DirectVelo montre qu’il peut rivaliser sur son terrain. "Jouer en deuxième rideau ne m'intéresse pas du tout. Je savais aussi que ma forme allait grimper au fil des étapes. J'étais mieux aujourd'hui (mercredi) que les autres jours. Je suis certainement moins fort qu'eux dans la haute montagne comme le Grand Colombier, mais sur des efforts de 15-20 minutes comme aujourd'hui, sur des petits cols, je peux largement rivaliser avec eux".

Il a d’ailleurs corrigé quelques frustrations des étapes précédentes. "Jusqu'ici j'ai beaucoup couru dans l’attente, et ce n'était pas vraiment ma manière de faire. Gérer mes efforts, ce n'est pas comme ça que j'aime faire du vélo. Mais finalement ça m'a bien servi puisque j'avais encore de la ressource et j'ai pu tout mettre en fin de course". De quoi rêver d’un nouveau maillot dans sa collection. "Alexandre (Chenivesse) va me dire que gagner le Valromey n'offre pas de maillot au bout, plaisante-t-il. Il va vouloir plus avec un maillot de Champion d'Europe ou du Monde, mais ça reste quand même l'une des plus grosses courses Juniors, il y avait un gros niveau donc c'est une très grande fierté de le gagner". Romain Grégoire va désormais souffler un peu avant d’aborder Aubel-Thimister-Stavelot, mais surtout avant les Championnats de France de l'Avenir pour tenter de faire plaisir à son manager… et à lui, aussi.

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