Pierre Carlet, le Bédat en short de bain

Crédit photo Philippe Pradier

Crédit photo Philippe Pradier

Heureusement, Pierre Carlet n'avait pas oublié ses jambes. Car pour terminer le Circuit des Communes de la Vallée du Bédat avec un short de bain rouge à la place du cuissard, il fallait de bonnes cannes. L'histoire la plus rocambolesque du week-end débute devant la télé, samedi dernier. "Je regardais l'Ardèche Classic la veille, et je suis parti un peu précipitamment après la course, explique à DirectVelo le sociétaire du Pau Vélo 64. Je n'ai pas vérifié mon sac, et je ne me suis rendu compte que dimanche que j'avais oublié mon cuissard". Sans vêtement de rechange, il a ainsi dû trouver d'urgence une solution. "J'ai fait le tour des équipes et je suis allé voir d'anciens coéquipiers alors qu'on était à dix minutes du départ, mais personne ne pouvait me dépanner. C'est assez logique, vu que beaucoup de gars ne viennent qu'avec un seul cuissard. Finalement, c'est en fouillant dans le coffre de ma voiture que j'ai trouvé ce vieux short déchiré", s'amuse-t-il.

Cet accoutrement inhabituel n'aurait dû servir que pour un temps assez court. "Au début, je voulais juste faire un tour de circuit, histoire de voir à quoi ça ressemblait, vu que c'était le premier Bédat de ma carrière. Mais j'avais de bonnes jambes, et ça ne faisait pas si mal que ça, alors j'ai continué. Bon, c'était quand même un peu étrange, donc je suis resté derrière". Une course toute en pudeur et en gestion terminée à la 94e place (voir classement), où il a reçu plus d'encouragements que de moqueries. "Je me faisais un peu chambrer, mais c'était gentil, sourit-il. Les autres coureurs me demandaient surtout si ça ne faisait pas trop mal". Et sur ce point, il ressort plutôt surpris (et soulagé) de ces 134 kilomètres et plus de 2100 mètres de dénivelé positif. "Franchement, ce n'était pas si douloureux que ça, bien que sur la fin, j'étais davantage en danseuse. J'avais avancé un peu la selle, ça m'a permis d'avoir une bonne position sur le vélo. Même le lendemain, je m'attendais à souffrir, mais ça allait. Je suis même allé rouler. En cuissard cette fois", rigole-t-il.

Son oubli est dans la lignée d'un début de saison "atypique" pour cet ingénieur de formation domicilié du côté de Dijon. En effet, il s'était déjà présenté au départ des trois dernières manches de l'Essor Basque... sans vélo. "Vu que je travaillais dans la foulée, j'étais volontairement descendu sans mon vélo, confirme-t-il. On m'en a prêté un qui était un peu petit". Pas non plus la première situation cocasse dans sa carrière, pour celui qui assume son côté tête en l'air. "Il m'est déjà arrivé d'oublier mon casque, mes chaussettes et même mes chaussures", plaisante-t-il. Au final, Pierre Carlet qui, à 30 ans, se donne encore "un ou deux ans à ce niveau", tire un bilan plutôt positif de cette expérience. "Ce furent 134 « bornes dures ». Et ça restera une anecdote rigolote, et ça m'a permis de travailler mon bronzage. Tant que je m'amuse, c'est le principal", conclut-il avec humour.

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