David Gaudu fait « le plein de confiance »

Crédit photo Nicolas MABYLE / DirectVelo

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La Groupama-FDJ n'avait pas encore eu l'occasion d'ouvrir son compteur en 2021, c'est désormais chose faite. David Gaudu a remporté la Faun Ardèche Classic (1.Pro) en dominant Clément Champoussin dans un sprint à deux (voir classement). En s'extirpant du groupe des favoris dans la montée de Saint-Romain-de-Lerps, le Breton a montré qu'il était le plus fort, sur les difficiles reliefs autour de Guilherand-Granges. "C'était une belle course, une belle Classique sur un beau parcours, se réjouit auprès de DirectVelo le coureur de 24 ans. On savait qu'on allait être attendu, et on a pris nos responsabilités avec Clément (Davy) qui a roulé derrière l'échappée. Le final était explosif sur les 30 derniers kilomètres, avec la côte de 6-7 kilomètres (Saint-Romain-de-Lerps, NDLR) où on a décidé de lancer de loin. Quand je me suis retrouvé seul en bas de la descente, j'ai voulu continuer mon effort, si ça rentrait tant pis, sinon tant mieux. Mais je n'ai pas voulu tout mettre, il restait encore le Val d'Enfer".

Il a ensuite été rejoint par Hugh Carthy et Clément Champoussin, avec qui il a basculé au sommet de la côte du Val d'Enfer, dernière difficulté de la journée. "C’était un beau duel, avec des sacrés adversaires, apprécie-t-il. Carthy a quand même terminé 3e de la Vuelta, et a gagné l’Angliru. Et Clément est un jeune qui monte. Il va être là dès cette année sur les Grands Tours. Ça a donné un beau final". C'est finalement dans la descente que la différence s'est faite. David Gaudu a mis à profit ses qualités dans l'exercice pour distancer le Britannique à moins de 5 kilomètres de la ligne. "J’ai la chance d’avoir un bon coach comme Bruno (Armirail) pour les descentes. J’ai bien progressé grâce à lui, et je me suis fait plaisir".

Un écart finalement irrémédiable. "Avec Clément, on a vu que Carthy n'était pas à l'aise dans la descente, poursuit-il. Il ne voulait pas trop passer, donc quand il a lâché, j'ai crié à Clément : « allez on y va, il ne doit pas revenir ». Après, on s'est dit « on ne se regarde pas jusqu'aux 500 m, puis on s'explique ». En plus, avec le vent de face, c'était impossible de le sortir de la roue, donc j'ai préféré attendre. Avec Clément, on s'apprécie énormément, donc c'était plutôt cool. J'ai gagné, je suis très content !", apprécie le 8e du dernier Tour d'Espagne.

« JE SAVAIS QUE J'AVAIS MA POINTE DE VITESSE »

Un succès plein de sang-froid, pour celui qui a l'impression d'avoir passé un cap mental depuis ses deux victoires, la saison dernière, sur le Tour d'Espagne. "Lorsqu'on a déjà gagné et qu'on arrive dans le final d'une course, c'est différent. On n'a plus la peur de perdre, explique-t-il. Si on perd, ce sera comme ça, et mentalement, on a déjà gagné, donc tant pis. J'étais en confiance dans le final, je savais que j'avais ma pointe de vitesse, même si Clément avait du punch aussi".

Déjà en forme la semaine passée sur le Tour des Alpes-Maritimes et du Var (6e du classement général), d'où il était toutefois reparti déçu et frustré après le tir groupé - hors podium - de la Groupama-FDJ, il a rapidement su se reconcentrer, avec succès. "Je ne suis pas quelqu’un qui reste sur un échec. J’arrive vite à passer à la suite", promet-il. Un résultat de bon augure, alors que se profile, début mars, son premier objectif de la saison. "Ça permet de faire le plein de confiance, surtout sur une course avec un tel plateau. Maintenant, l’objectif reste Paris-Nice (7 au 14 mars). Il faudra continuer sur cette lancée, j’espère conserver la même forme !". 

Une victoire qui vient également concrétiser une belle journée pour la formation dirigée par Marc Madiot, après la 2e place de Jake Stewart sur le Circuit Het Nieuwsblad (voir classement). Et pourquoi ne pas tenter la passe de deux, ce dimanche, sur la Drôme Classic, où David Gaudu sera une nouvelle fois un des favoris. "Ce sera une course complètement différente. Nous ne serons pas les seuls à avoir les coureurs pour gagner. D'autres vont rentrer dans le jeu. Le placement sera important. Nous, on n'aura peut-être pas cette pression de la victoire, donc ce sera aux autres de faire le travail".


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