Hugo Page : « Je m’en rappellerai toute ma vie »

Crédit photo Julie Desanlis / DirectVelo

Crédit photo Julie Desanlis / DirectVelo

Hugo Page a passé une très belle semaine sur les routes du Tour Poitou-Charentes (2.1). Comme plusieurs autres de ses coéquipiers de la Conti Groupama-FDJ depuis la reprise des compétitions, le jeune espoir a pu lui aussi courir au sein de la formation WorldTour, à l’occasion de ce TPC, remporté par son leader Arnaud Démare (voir classements). L’Eurélien, originaire de Chartres, a vécu une semaine particulièrement riche en émotions, comme il l’explique à DirectVelo après coup. Entretien.

DirectVelo : Ton nom a régulièrement été cité sur les ondes de Radio Tour pendant ce TPC lors duquel tu as beaucoup travaillé pour ton équipe !
Hugo Page : Je n’étais même pas prévu sur les routes du TPC. Je l’ai appris au dernier moment, c’était une belle surprise. Je n’ai pas pu faire beaucoup de courses cette saison alors c’est top de pouvoir courir avec la WorldTour, plus encore en faisant partie du groupe d’Arnaud (Démare). Je suis super content. J’ai passé les quatre plus grosses journées de ma vie, jusqu’à présent, sur le vélo. Je m’en rappellerai toute ma vie. Courir avec ces mecs-là, à 19 ans, c’est génial.

Tu sembles totalement ravi de cette expérience !
C’était exceptionnel, sur le vélo mais aussi en dehors. J’ai pu partager de bons moments avec le groupe. J’ai vu que ce sont des mecs simples qui ne se prennent pas la tête. J’ai tout donné pour l’équipe et Arnaud a remporté ce TPC de belle manière.

As-tu ressenti une certaine pression tout au long de cette semaine durant laquelle l’équipe jouait la victoire tous les jours ?
Je suis resté assez cool, en ayant conscience de mes capacités. Je me doutais que ça irait bien. Depuis que je porte ce maillot, je me donne toujours à 100%, je vais jusqu’au bout de moi-même. J’ai commencé la semaine par une grosse journée à l’avant, à rouler pendant 130 kilomètres. C’était vraiment sympa. J’ai pu compter sur l’aide d’Iljo Keisse (qui menait souvent l’allure pour la Deceuninck-Quick Step, NDLR), ça m’a permis d’apprendre comment gérer une échappée car ce n’est pas forcément évident quand on ne l’a jamais fait.

« LES MOYENS DE PASSER AU NIVEAU WORLDTOUR »

Et qu’as-tu appris spécifiquement ?
J’ai compris qu’il fallait monter les bosses au tempo pour ne pas trop fatiguer les sprinteurs. Et ensuite, on peut relancer une fois en haut et rouler fort dans les descentes ou les parties plates suivantes car dans les roues, le sprinteur fait moins d’efforts à ces moments-là. J’ai aussi compris qu’il ne fallait pas s’emballer sur les débuts de course à rouler à 400 watts directement. Il faut gérer. C’était aussi une découverte avec l’utilisation des oreillettes, je ne l’avais jamais fait.

Que retiendras-tu de cette expérience ?
Cette course m’a montré que j’ai les moyens de passer au niveau WorldTour un jour, à court ou moyen terme. J’ai aussi vu que je récupère bien car sur le dernier jour, c’est la fois où j’ai sans doute le mieux terminé l’étape. Et pourtant, je n’étais pas terrible en cours d’étape après avoir dû rouler fort dès les premiers kilomètres pour qu’Arnaud puisse prendre la première bonification. On s’est mis à un gros tempo d’entrée, pour ne pas être attaqués. Je n’étais pas inquiet, je savais le travail que j’avais à faire… Quand tu es entouré d’un coureur comme Arnaud, tu es serein.

On t’imagine très motivé à l’idée de renouveler l’expérience prochainement…
Ce sera le cas très vite puisque je vais disputer le Tour du Doubs avec la WorldTour. Je n’ai pas à me plaindre de mon programme. Je sens qu’il ne me manque pas grand-chose, ça va me donner de la confiance et de la sérénité pour la suite. Je sais qu’il faut y aller étape par étape et c’est ce que je vais faire pendant ma prochaine année de contrat avec la Conti.

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