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La Keo Blade Carbon Ceramic Track coupe la courroie

Crédit photo DirectVelo

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En 1984, LOOK débarque dans le monde du cyclisme sur la pointe des pédales. 35 ans plus tard, la marque est devenue une référence dans le monde des cadres carbone et même des roues depuis son association avec CORIMA, une autre marque française. A elles deux, elles comptent 18 médailles d'or aux Jeux Olympiques depuis 1992. En dix articles, DirectVelo revient sur l'histoire de l'entreprise de Nevers qui a des idées et de la suite dans les idées au point d'être le plus ancien partenaire technique d'une fédération olympique.

Il fait grand soleil à Stone Mountain, le contre-plaqué du vélodrome olympique est bien chaud en ce 24 juillet 1996. Florian Rousseau vient de terminer son kilomètre en 1'02"12, nouveau record olympique. Il tourne au centre de la piste sur son vélo de route pour éliminer l'acide lactique qui engorge ses muscles. Le Français, déjà double Champion du Monde de la borne, est en tête du classement provisoire pour la médaille d'or olympique.

Roue arrière bloquée dans la machine de départ, Shane Kelly est le dernier à s'élancer et, donc, à pouvoir lui damer le pion. L'Australie serre ses doubles courroies de cale-pied alors que le décompte commence. Tic-tac, Kelly sort de la démarreuse et son pied gauche sort de la pédale. Défaut de serrage, la faute revient au coureur. Pas de seconde chance. Echec et mat.

« LA COURROIE ÉTAIT LA PAR SÉCURITÉ »

"La courroie était là par sécurité, pour ne pas déchausser. Il y a eu des pédales sans courroie pour les poursuiteurs mais pas pour les sprinters. Dans les années 80, les Russes avaient la chaussure vissée sur l'axe de la pédale", se souvient Florian Rousseau pour DirectVelo. Et l'Australien John Nicholson, Champion du Monde de vitesse professionnel en 1975 et 1976, avait ses souliers rivés à la cage de la pédale mais il restait pieds et poings liés à sa machine.

La nouvelle pédale Keo Blade Carbon Ceramic Track s'attaque à cette équation : utiliser une pédale automatique, supprimer les courroies et ne pas déchausser au démarrage. "Les sprinters exercent une traction énorme sur la pédale au démarrage. Nous avons travaillé sur la lame de la pédale. Une molette vient en butée et empêche l'ouverture du levier de la pédale. Nous avons fait beaucoup de tests", indique Alexandre Lavaud qui a travaillé à la conception de cette nouvelle pédale LOOK pour la piste.

« JE VALIDE CES PÉDALES »

Les principaux intéressés, les coureurs, ont mis à l'épreuve ce nouvel outil. "Au début, inconsciemment, on tire un peu moins fort, mais plus maintenant", reconnaît Grégory Baugé. "Avant des les utiliser, j'ai eu une appréhension, abonde Melvin Landerneau. Mais la première fois c'était en compétition, je n'ai pas eu trop le temps de réfléchir. Je n'y pensais plus, j'étais dans la course, je ne pensais plus aux courroies. Le pied a plus de liberté qu'avec les courroies mais c'est une habitude à prendre. Je tire pareil". Le pilote d'essai du T20 livre son diagnostic : "Je valide ces pédales".

La suppression des courroies améliore une autre donnée. "C'est une avancée en terme d'aérodynamisme. C'est dans cette direction que nous avons travaillé", indique Alexandre Lavaud. Le vent aussi passe par les pieds. Les coureurs le savent depuis longtemps. Les aspirants au record de l'heure des années 50 coupaient leurs lacets et en 1984, Francesco Moser utilise des chaussures bloquées sur la pédale, sans cale-pied. "D'un point de vue aérodynamique, c'est un avantage démontré", ajoute Grégory Baugé. Autre avantage, la disparition des larges lanières diminue le poids du vélo. "La technologie permet aujourd'hui d'avoir des pédales très fiables et de ne pas déchausser. Les gains de poids  et d'aérodynamisme font partie des gains marginaux qui permettent d'avoir un vélo plus performant et de gagner quelques millièmes par rapport à la concurrence", conclut Florian Rousseau.

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