Le Tour du Tarn-et-Garonne survit
La 22ème édition du Tour du Tarn-et-Garonne, prévue pour le dimanche 13 juin prochain, a été présentée officiellement aux médias et partenaires lundi soir à Montauban. On notait la présence d’Henri Lafargue, président du Comité régional de la FFC de Midi-Pyrénées et de Carl Naïbo, ancien coureur professionnel chez AG2R et leader de l’US Montauban désormais. Max Carcy, président du club, a finalement opté pour un tracé de 150,7 kilomètres en direction du Quercy Blanc. Dans sa volonté de « faire voir du vélo à tout le monde » comme il déclarait l’an passé, le président de l'USM dirige sa course vers une partie du département qui n’avait plus accueillie la course départementale depuis 2007. La course doit s’élancer du village perché de Lafrançaise, sur les hauteurs de l’Aveyron, pour joindre les vignobles moissagais, traverser Valence d’Agen, Roquecor, Montaigu-du-Quercy, Lauzerte, Montastruc, Lamothe-Capdeville et atteindre le circuit final de 3,8 kilomètres à parcourir cinq fois à Montauban. Le Tour proposera cinq côtes répertoriées, quatre sprints et un traditionnel Prix du Kilomètre 82 pour un peu plus de 1590 mètres de dénivelé positif. Une satisfaction pour l’organisateur. Tout comme la présence d’une caravane publicitaire composée de quatorze véhicules.
Côté sportif, l’organisateur prévoit entre 120 et 150 coureurs et la présence des principaux clubs amateurs du Sud de la France : Albi VS, CA Castelsarrasin, Entente Sud-Gascogne, Top 16 Cyclisme, GSC Blagnac, AVCA Aix-en-Provence, VC La Pomme Marseille et bien entendu l’US Montauban 82. A priori, le CR4C Roanne ou le CC Etupes devraient faire le déplacement. Max Carcy assure « si l’année dernière nous avons subi la concurrence des Championnats de France, disputés le même jour, nous bénéficions d’un très bon calendrier cette saison, sans concurrence, ce qui devrait nous garantir un plateau attrayant ». A sa droite, son leader Carl Naïbo (cinq victoires cette saison, seize l’an passé) rajoute « c’est un circuit idéal pour préparer les Championnats de France, difficile mais pas trop, suffisamment long mais pas trop. L’idéal aurait été une vingtaine de kilomètres supplémentaires, mais cela aurait été trop long pour les 2ème catégorie ». Organisateur, Max Carcy redevient directeur sportif un instant et évoque ses plans pour l’un des principaux objectifs du club de la saison : « Nous disposons d’une équipe à deux têtes, très solide. Stéphane [ndlr : Reimherr] sera le leader de l’équipe si la course s’oriente vers un sprint, Carl [ndlr : Naïbo] le sera si la course se joue dans les dernières côtes du parcours avec un petit groupe de costauds ». Ce dernier s’amuse « Finalement, Max a dessiné un tracé un peu trop escarpé pour Stéphane et un peu trop plat pour moi ». « On aura une excuse si le Tour du Tarn-et-Garonne nous échappe ! » rigole t-il.
Si l’épreuve jouit toujours d’un prestige certain dans tout le Sud-ouest et même au-delà, avec une organisation solide et constante dans le temps, ainsi qu’un palmarès élogieux (Laurent Roux en 1992, Christophe Bassons en 1995, Walter Beneteau en 1998, Cédric Coutouly en 2004, Stéphane Pétilleau en 2005, Benoît Luminet en 2006 ou Jean-Luc Delpech en 2007, Rémi Badoc l’an passé), sa pérennité est menacée. Déjà annulée en 2000 et 2003 (« nous avions connu des heures fastes en 2002 avec sept étapes en six jours avec l’apparition d’un sponsor providentiel, qui finalement se révéla mauvais payeur », le budget 2010 n’est pas encore finalisé. « Il nous manque 3 600 euros » explique Max Carcy. Il explique « Une épreuve comme le Tour du Tarn-et-Garonne, ce n’est pas une course cadets, c’est une épreuve nationale voire internationale. Une telle épreuve coûte cher. Par exemple, cette année la course coûte 22 000 euros. Cela comprend l’hébergement des équipes éloignées de plus de 200 kilomètres, 2 500 euros de prix, les maillots et coupes, la course cadets / dames en prélude de l’arrivée des élites, 14 motos sécurité, 125 signaleurs, le podium, les liaisons radio, le fléchage, la publicité…quand certains jours, je sillonne le département pour rentrer chez moi le soir avec deux sponsors à 50 euros, je ne suis pas fier. Mais on en est tous là, beaucoup de courses disparaissent ». L’édition 2010 aura bien lieu le 13 juin prochain malgré un budget précaire (« la semaine dernière, j’ai failli l’annuler l’épreuve et renoncer ») mais d’ores et déjà, la 23ème édition est en péril. Si la course devait traverser la Lomagne de longue date, les finances mettent ce projet en danger. « Il me sera impossible de faire face à tant de difficultés chaque année ».
Derrière les panneaux publicitaires annonçant le Tour du Tarn-et-Garonne 2010, on aperçoit les tribunes du stade de Sapiac. Le club de rugby local, le MTG XV, au bord de la faillite, vient d’être relégué en Pro D2. Sale temps pour le sport à Montauban.
Remerciements à Maxime Lafage.


