Maxime Jarnet : « Un coup derrière la tête »

Crédit photo Olivia Nieto

Crédit photo Olivia Nieto

Échappé en solitaire pendant le final du Championnat de France Espoirs, Maxime Jarnet a finalement dû se contenter de la médaille de bronze. Le coureur d'Auvergne-Rhône-Alpes a vu revenir un trio au sommet de la difficulté du circuit, à deux kilomètre de l'arrivée. "Ça reste une médaille de bronze, c'est difficile à avaler", confie-t-il à DirectVelo.

DirectVelo : Quand tu sors seul à trente kilomètres du but, te dis-tu que c'est le bon moment ?
Maxime Jarnet : Sur le moment, non. Quand j'ai vu que je prenais quelques longueurs d'avance, je me suis demandé si il fallait que j'insiste ou pas. Je me suis retourné plusieurs fois pour voir si j'avais fait le trou. On est dans un Championnat de France, il restait moins de trente kilomètres quand j'ai vu que j'avais pris du champ, je ne me suis pas posé de question. J'ai cru en moi, j'ai rêvé de franchir la ligne en vainqueur... Le sport, parfois, c'est cruel. Et malheureusement, aujourd'hui, ça l'a été pour moi...

Tu as tout de même trouvé les ressources pour décrocher une médaille...
Je me suis fait reprendre au sommet de la bosse, dans le dernier tour. J'ai accroché les roues à ce moment-là. J'étais vraiment épuisé. Mais dans un sprint à cinq... J'ai pris un coup derrière la tête quand je me suis fait reprendre, mais j'ai essayé de me remobiliser tout de suite. J'avais Nicolas Prodhomme avec moi, on se devait de faire quelque chose. Au moins ramener une médaille. J'ai fait le sprint à l'énergie, et j'ai voulu tout donner jusqu'à la ligne pour ne pas avoir de regret. Pour l'instant, la médaille de bronze ne me console pas, mais c'est le vélo...

« ÇA NE VEUT RIEN DIRE »

Tu avais beaucoup de coéquipiers pour contrôler le groupe derrière...
Oui, et je savais que quoi qu'il arrive, les gars allaient faire le boulot, et qu'ils allaient me protéger à fond. Ce sont les jambes qui ont parlé. Résister seul pendant tout ce temps, même avec des équipiers derrière, c'était très dur. Il a fallu se faire mal et je les remercie, car je sais qu'ils ont fait le maximum pour moi. J'espère que ça sourira pour moi bientôt.

Sentais-tu que tu avais la victoire dans les jambes ?
Je pense que j'étais dans un bon jour, oui. J'ai tout tenté pour aller chercher le titre. À chaud, c'est dur d'y penser, je suis vraiment déçu. Il faudra que j'y repense à tête reposée, pour analyser cette course. Je savais que j'étais capable, physiquement, de faire l'été que j'ai fait (il a remporté l'Estivale Bretonne au début du mois d'août, NDLR). En vélo, il ne suffit pas d'appuyer sur les pédales, il faut de la réussite, des conditions spécifiques pour être en forme le jour J...

Mesures-tu les progrès accomplis cette saison ?
On ne peut jamais se dire en début d'année qu'on va progresser d'une certaine façon. Je franchis les paliers un à un. Je suis Espoir 2, mais pour moi, ça ne veut rien dire. On est tous Espoirs au même niveau. Ma progression est constante, mais aujourd'hui, il m'a manqué deux kilomètres pour être Champion de France, c'est ce que je retiens.

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