Benjamin Thomas : « Une équipe qui envoie »
Crédit photo Maxime Segers / DirectVelo
L'Equipe de France Espoirs se présente avec de belles et nombreuses cartes à jouer sur le Championnat du Monde sur route de Bergen (Norvège), ce vendredi après-midi. Parmi les hommes sélectionnés par Pierre-Yves Chatelon, le pistard Benjamin Thomas, professionnel au sein de l'Armée de Terre et futur coureur de la FDJ à partir de 2018. Il fait le point sur le collectif tricolore pour DirectVelo, juste avant le grand rendez-vous.
DirectVelo : Tu as reconnu le parcours avec l'ensemble de l'Equipe de France Espoirs ce jeudi. Quelles conclusions en as-tu tiré ?
Benjamin Thomas : Tout le monde a trouvé le circuit intéressant. Il est même un peu plus dur que ce que pouvait laisser penser le précédent stage et les vidéos. On pensait qu'il y avait quelques moments de répit mais en fait, ce n'est jamais le cas, sauf sur une petite partie avant la ligne d'arrivée. On est très souvent en prise. La bosse se monte en plusieurs paliers. Ça va être usant. Le retour sur la ligne d'arrivée sera à mon avis très rapide. Il faudra toujours être bien placé. Reste l'inconnu de la direction du vent mais dans tous les cas, j'imagine difficilement une arrivée au sprint. Pour moi, un groupe d'attaquants a de grandes chances d'aller au bout. Le circuit est favorable aux échappés avec pas mal de virages. Ce sera dur de s'organiser pour le peloton. Même un homme seul pourrait aller au bout selon moi.
« ON PEUT TOUS LES SIX ÊTRE CHAMPION DU MONDE »
Comment sens-tu le collectif des Espoirs français sur ce Mondial norvégien ?
On aura une carte à jouer dans les bosses. Les coureurs rapides de l'équipe comme Jérémy (Lecroq) ou Damien (Touzé) passent également bien les bosses et ils pourraient se retrouver dans la bonne s'ils sont dans une grande journée. On aura tous notre chance. On marche tous bien, alors c'est bien pour nous. On avait fait un gros stage avant le Tour du Doubs puis j'ai enchaîné avec le Grand Prix de Wallonie. J'ai bien repris le rythme. On arrive tous en forme et on sera tous les six prêts pour la bataille demain.
Sur le papier, l'Equipe de France a fière allure...
C'est sûr qu'on a une équipe qui envoie. En plus, le groupe est soudé. Le stage et les courses ensemble nous ont rapprochés. On espère avoir une belle force collective. Sur le papier, on peut tous les six être Champion du Monde et notre atout principal sera le collectif.
« JE NE ME VOIS PAS TENTER À TROIS TOURS DE L’ARRIVÉE »
Quel serait le scénario de course qui te conviendrait le mieux ?
Je pense que dans la dernière bosse, certains coureurs qui ont un petit peu plus de punch que moi sortiront. Le but sera d'essayer de basculer le plus près possible de la tête. Si ça rentre, pourquoi ne pas tenter une attaque dans les derniers kilomètres. En tout cas, je ne me vois pas vraiment tenter une attaque à trois ou quatre tours de l'arrivée, ce n'est pas trop mon truc. Je préfère jouer ma carte dans le final. Mais le plus important, c'est qu'un Français soit Champion du Monde.
Tu as réalisé de très bons résultats cet été. Tu penses réussir à garder cette dynamique sur la toute fin de saison, la forme reste la même ?
Tout se passe bien. Je continue à m'entraîner comme je le fais depuis le début de l'année. J'ai été victime d'une chute sur la dernière étape du Tour du Poitou-Charentes. Ca m'a un peu coupé pendant une semaine mais depuis, c'est reparti. J'ai senti que les jambes étaient bien revenues et ça devrait encore aller sur ce Championnat.
« J’ESPÈRE QUE ÇA CONTINUERA DE MARCHER AVEC LA FDJ »
Tu vas quitter la formation de l'Armée de Terre en fin de saison. Que retiendras-tu de ton expérience dans l'équipe Continentale ?
Lorsque je suis arrivé dans l'équipe, j'avais le niveau d'un deuxième catégorie et maintenant, j'ai le niveau d'un pro. Ils m'ont fait énormément progresser. Surtout, ils m'ont fait confiance pour mon double projet route/piste. Ils ne m'ont jamais mis la pression du résultat à tout prix. C'était un tremplin idéal pour moi et j'en profite pour les remercier.
Ce double projet route/piste sera-t-il encore d'actualité pour toi à la FDJ en 2018 ?
Oui bien sûr ! Ce sera l'idée principale pour les trois prochaines années. Ça a bien marché avec l'Armée de Terre alors j'espère que ça continuera de marcher avec la FDJ. Ce ne sera pas le même calendrier sur route mais dans l'esprit, ça reste la même idée. J'aurai peut-être une dizaine de jours de course de moins que les autres sur la route mais globalement, je ferai une saison complète et normale sur la route, malgré la piste. En fait, la piste restera secondaire mais je me consacrerai aux grands événements comme les Championnats du Monde et la qualification pour les Jeux Olympiques.
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