Hein Verbruggen est mort

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Hein Verbruggen est mort ce mercredi. Il avait 75 ans.
Le Néerlandais est venu au cyclisme par l'intermédiaire de la société Masterfoods. Il en était le directeur des ventes lorsque la marque Mars devient partenaire de l'équipe Flandria de 1970 à 1971.
DE LA COUPE DU MONDE AU PROTOUR
Hein Verbruggen entre à la fédération néerlandaise de cyclisme puis est élu à la Fédération internationale du cyclisme professionnel (FICP). Il en devient le président en 1984. Sa première réforme, décidée en 1986, est de moderniser la Coupe du Monde intermarques en créant un classement individuel à partir de 1989. Il introduit la hiérarchie des équipes, basée sur le classement FICP, devenu classement UCI, pour sélectionner les formations qui ont le droit de participer aux plus grandes courses. Ce principe existe toujours aujourd'hui. L'éviction de Félix Lévitan (directeur du Tour et président des organisateurs) en 1987 par le groupe Amaury lui laisse les mains libres pour devenir le nouvel homme fort du cyclisme professionnel.
Il est l'artisan de la fusion de la FICP et de la FIAC (Fédération Internationale Amateur de Cyclisme) sous l'égide de l'Union Cycliste Internationale. Il est élu président de l'UCI en 1991. Son autre chantier est la licence unique qu'il met en œuvre en 1996. Avec pour conséquence la présence des professionnels lors de Jeux Olympiques à partir d'Atlanta.
En 1999, il présente une réforme du cyclisme professionnel, appuyée par Manolo Saiz, qui est une première étape vers le ProTour, qui verra le jour en 2005. Cette année-là, il laisse la place à Pat McQuaid à la tête de l'UCI. Il en était jusqu'à sa mort le président d'honneur.
L'INVENTEUR DES CINQ MONUMENTS
Pendant son mandat, le Néerlandais n'a pas hésité à boulverser le calendrier en déplaçant le Championnat de Zürich à l'été dès 1989. En 1995, il fait passer la Vuelta du mois d'avril au mois de septembre pour désengorger le calendrier. Autre initiative, moins heureuse, il recule le Championnat du Monde du mois d'août au mois d'octobre... pour le plus grand plaisir d'autres fédérations sportives qui ont occupé la place laissée libre dans ce mois stratégique. Homme de la publicité, il est aussi l'inventeur des "Cinq monuments" (1) au moment du lancement de sa Coupe du Monde en 1989 alors que jusqu'à cette date cette notion n'existait pas. "On me reproche de ne pas être issu de la famille du cyclisme. Moi, je crois que l'UCI a eu la chance d'avoir un président qui n'était pas de la famille", déclarait-il à L'Equipe en 2015.
Artisan de l'internationalisation du cyclisme, il inaugure en 2002 le Centre Mondial du Cyclisme à Aigle, nouveau siège de l'UCI.
Hein Verbruggen a été membre du Comité International Olympique à partir de 1996. Il était président de la commission de coordination des Jeux Olympiques d'été de 2008. Il était depuis Pékin un membre honoraire du CIO.
Le dossier du dopage a aussi marqué sa présence à la tête de l'UCI. Pendant l'Affaire Festina en 1998, il brille par son absence (il était au Championnat du Monde Juniors à Cuba). En 1994, il réfutait les affirmations du journal suisse Blick sur l'utilisation de l'EPO dans le peloton. En 1997, il demande des excuses publiques à Pascal Richard pour avoir affirmé que Bjarne Riis et Jan Ullrich s'étaient dopés. En 1999, Hein Verbruggen menace de suspension Jean-Cyril Robin pour avoir évoqué le cyclisme à deux vitesses. Enfin, il a été décrié dans l'affaire Armstrong où il lui a été reproché d'avoir « couvert » l'Américain.
(1) Milan-San Remo, Tour des Flandres, Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège, Tour de Lombardie
