Eli Iserbyt applique la méthode Froome

11h51. Une très forte clameur s'empare de la ligne droite d'arrivée du circuit de Zolder. Au terme d'un sprint indécis, Eli Iserbyt tend les bras au ciel. Le Belge devance Adam Toupalik. Ce même Tchèque qui, un tour plus tôt, croyait déjà pouvoir célébrer victoire, avant de se rendre compte qu'il lui restait plus de 3200 mètres à parcourir (voir ici). "Sans son erreur, je ne suis pas sûr qu'on l'aurait revu", concède le nouveau Champion du Monde. "Tant mieux pour nous", sourit Hermans, finalement médaillé de bronze.


Devant le public déchaîné de Zolder, Eli Iserbyt a effacé l'affront subi un an plus tôt, à Tabor (République Tchèque). Grandissime favori en Juniors, il avait été battu par le Danois Simon Andreassen. "Dans le dernier tour, je me suis vraiment battu en pensant à l'an dernier. C'est sans doute ce qu'il m'avait manqué, de la hargne. Croire au titre jusqu'au bout", raconte-t-il.

DANS UN MAUVAIS JOUR

"Pourtant, j'ai longtemps pensé que ce n'était pas mon jour", confie l'Espoir première année. Refroidi au départ, Iserbyt a mis du temps avant de trouver le bon rythme. "Je sentais que je ne pouvais pas monter dans les pulsations, et mes sensations étaient pitoyables. C'est uniquement dans le dernier tour que je me suis rendu compte que ça pouvait le faire."

Car si Chris Froome pédale machinalement sur les routes du Tour de France, guidé par son cardiofréquencemètre et son capteur de puissance, le représentant de Telenet-Fidea applique la méthode dans les sous-bois. "Je connais parfaitement mon rythme cardiaque, donc j'en profite pour le suivre pendant l'effort, détaille-t-il. Ainsi, je garde le contrôle : je sais si je peux tenir la distance, si je peux encore accélérer,... Mais aujourd'hui, j'étais en-dessous de mes valeurs habituelles, sans pouvoir remettre de la force. Heureusement, j'ai pu m'accrocher et devancer Adam au sprint. C'était mon unique opportunité pour m'imposer, même si ma pointe de vitesse est habituellement mauvaise."

RESTER EN ESPOIRS

Désormais paré d'une combinaison arc-en-ciel, Iserbyt compte bien l'afficher la saison prochaine dans les labourés. Pas question d'imiter Van Aert ou Van der Poel qui ont franchi le Rubicon au plus jeune âge. "Je dois encore me développer, je ne me sens pas prêt à prendre le départ face aux Elites. Je veux profiter de mon titre, et de mon maillot."

Et malgré son examen programmé cette semaine, l'étudiant en droit souhaite fêter ça, avec ses supporters et non devant ses syllabus. "3 bus sont venus ici pour moi, je veux faire la fête", conclut-il.

Crédit photo : Maxime Segers - www.directvelo.com
 

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