Championnat de France - CLM Elites : Les réactions

Sylvain Chavanel a décroché ce jeudi au Futuroscope (Vienne) son sixième titre de Champion de France du contre-la-montre. A domicile, le coureur d’IAM Cycling a devancé Anthony Roux (FDJ.fr) et Maxime Bouet (AG2R La Mondiale). DirectVelo.com a recueilli les impressions des trois médaillés.
 
Sylvain Chavanel (IAM Cycling)
Champion de France contre-la-montre 2014
« Je n’ai pas attendu ma quinzième année professionnelle pour me stresser mais c’est vrai qu’à domicile, on veut toujours bien faire. Ce matin, j’étais déjà plein fer à 6h. J’étais confiant mais je ne voulais pas que ça passe au-dessus pour passer complètement à côté du chrono. J’avais peur que ça laisse des traces dans ma performance.  
Le fait d’avoir couru sous la pluie n’a pas été un handicap puisqu’au classement final, je suis devant. Maintenant, si j’avais fait deuxième, j’aurais sans doute parlé des conditions climatiques comme excuse (rires). Au bout de cinq kilomètres, j’avais déjà un bon point de repère puisque je savais que j’avais repris 15-20 secondes à Jérémy Roy, qui est une référence dans le contre-la-montre. Je savais aussi que Jean-Christophe Péraud avait fait un bon temps au premier intermédiaire, et qu’Anthony (Roux) accélérait sur le final. J’avais une marge après le deuxième intermédiaire alors dans la dernière partie, je me suis un peu relâché. Je ne voulais pas faire n’importe quoi non plus. J’aurais aimé rattraper Jérémy Roy quand même mais je n’ai pas pu (rires).
Aujourd’hui, c’était spécial car je n’avais pas l’impression d’être au Championnat de France. C’est seulement en voyant toutes ces infrastructures que j’ai réalisé. J’ai vu énormément de monde au bord des routes. J’ai hâte de voir ce que ça va donner dimanche aussi au niveau de l’ambiance ! Le fait de gagner aujourd’hui ne change rien pour dimanche. Je sais que je monte en pression avant le Tour. Je n’étais pas en condition sur le Dauphiné, mais il faut dire que c’était vraiment très dur. J’ai essayé de compenser avec de grosses charges de travail pendant quinze jours. Maintenant, j’ai la tête au Tour. Après, je n’aime pas comparer ma condition à celle des années précédentes. Je sais juste que maintenant, je suis un papy (sourires). »
 
Anthony Roux (FDJ.fr) 
2e
« La différence avec Sylvain (Chavanel) ne s’est pas faite à un endroit précis. Elle s’est faite tout le temps, tout au long du circuit. Quant aux conditions climatiques, elles étaient les mêmes pour tout le monde. Ça revient au même. Je pense même que les écarts auraient été encore plus grands s’il n’y avait pas eu ce mauvais temps. Mais c’était un beau tracé. Cela faisait deux mois que j’avais ce chrono en tête. Je savais qu’il pouvait me correspondre aussi. J’aime bien ce genre de parcours ou il faut rester en position tout le long. Je pense être bien aérodynamique.  
Franchement, lorsque j’ai vu que j’étais à 37 secondes à quinze kilomètres de l’arrivée ; j’y ai encore cru un petit peu.  Je me suis dit, pourquoi pas… sur une petite chute (rires). Je savais que je pouvais grappiller un peu sur la fin, et c’est ce que j’ai fait. Après c’est sûr, Sylvain est une référence en France dans le chrono, et même au niveau mondial. De toute façon, je n’avais pas pris le départ pour faire deuxième. Le maillot m’aurait fait du bien, c’est normal. Tout le monde veut ce maillot.
J’ai pas mal tourné autour depuis le début de saison. En fait, j’ai eu pas mal de problèmes de santé. J’ai eu du mal à savoir ce que c’était et finalement, il s’est avéré que j’avais un gros problème dentaire. Et ça joue beaucoup au haut niveau. Je pense être opérationnel à 100% maintenant, alors qu’il y a eu des moments où ça allait moyen. C’était revenu aux Ardennaises mais j’avais rechuté. Maintenant, je suis axé sur la fin de saison, avec une Vuelta motivante. »  
 
Maxime Bouet  (AG2R La Mondiale) 
3e
« J’avais terminé plusieurs fois sur les  podiums dans les catégories de jeunes comme les Juniors. J’avais aussi fait de bonnes performances en Espoirs. Aujourd’hui, c’est mon meilleur chrono chez les pros.
Ma chute sur Paris-Nice m’a arrêté trois semaines. Derrière, ce n’était pas évident. J’étais là à regarder Tirreno-Adriatico devant mon canapé… en pensant à chercher de la nourriture dans le placard. C’était une période compliquée, mais il a fallu se remobiliser. Finalement, j’ai pu enchaîner le Tour du Trentin, le Tour de Romandie, le Tour d’Italie et le Critérium du Dauphiné. Ça m’aura quand même fait 42 jours de course en 52 jours. Ça m’a rassuré pour aujourd’hui, c’est sûr et certain. L’enchaînement des courses m’a donné de la puissance et un bon coup de pédale pour aujourd’hui. C’est ce qui m’a permis de faire un podium, plus qu’un travail spécifique pour ce contre-la-montre.
Je ne regrette pas de ne pas faire le Tour en juillet. Je m’étais promis de faire le Giro et la Vuelta. Je voulais changer. Cinq fois le Tour, c’est pas mal. Ça se passe moyennement bien à chaque fois en plus ! Couper en juillet puis faire le Tour de Pologne, le Tour de l’Ain et le Tour d’Espagne est un bon choix. »

Crédit Photo : www.directvelo.com
 

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