« Je suis déçu » : Une 2e place et un détour par l'hôpital pour Henri-François Haquin

Crédit photo ASO / Gaëtan Flamme

Crédit photo ASO / Gaëtan Flamme

Au bout du fil, Henri-François Haquin n’arrive pas à s’en satisfaire. Le coureur de Team Picnic PostNL a obtenu moins de trois heures plus tôt la plus belle performance de sa carrière en terminant 2e de la deuxième étape du Tour Auvergne-Rhône-Alpes. Mais le Haut-Marnais de 23 ans estime qu’il aurait pu mieux gérer le final alors qu’Anthon Charmig (Uno-X Mobility) est parvenu à prendre le meilleur sur ses compagnons de fugue. Pendant que le Danois était récompensé devant le public du Puy-en-Velay, l’ancien sociétaire du CC Etupes a dû faire un détour par l'hôpital après une chute en cours d’étape. “Normalement, ce n’est pas cassé. Ce serait une disjonction entre le sternum et la clavicule”, précise-t-il avant de revenir sur sa journée pour DirectVelo.


DirectVelo : Quel sentiment domine après cette 2e place ?

Henri-François Haquin : Je suis déçu, je pense que si je m’étais mieux “arrangé”, j'aurais pu faire un meilleur résultat parce que j'étais vraiment fort. Je n'ai pas fait tous les bons choix. Je pense que si j'avais été directement dans la roue de (Anthon) Charmig au pied de la dernière bosse, j’aurais peut-être pu l'accrocher. Je me suis un peu sous-estimé, je ne pensais pas que j'allais arriver à faire un truc comme ça. Et en plus, je suis tombé un peu bêtement pendant l’étape.

« IL Y A EU UN GROS CRAC »

Que s’est-il passé ?
C’est arrivé dans la longue montée après un peu plus de 100 kilomètres (le col Robert-Marchand, NDLR). Je crois que le mec de Caja Rural (Alex Diaz), qui était un peu à bloc dans la bosse, a fait un gros écart. (Jordan) Jegat a été vraiment gêné, donc il a mis un coup de frein et a dû se décaler. Et il a emporté ma roue. Je ne suis pas tombé à une grande vitesse mais assez lourdement, de tout mon poids. Je n’ai rien pu faire.

As-tu senti une gêne ensuite ?
Il y a eu un gros crac quand je suis tombé donc j'ai eu un peu peur. J’ai été bien soutenu par la voiture de l’équipe qui me suivait. Ensuite, j'ai demandé la voiture médicale. Le médecin m’a rassuré, parce qu'il a vu un hématome et que c'était gonflé, mais pas cassé. Il m'a donné un doliprane et puis j’ai continué ma route… Je me suis juste dit que je m’arrêterais si j’avais trop mal.

« ÇA M’A QUAND MÊME BIEN FOUTU UN COUP AU MORAL »

Comment as-tu géré la fin de l’étape ?
Malgré la chute, je me suis remobilisé même si je pense qu’à la fin, ça m'a mis un coup aux jambes et bien foutu un coup au moral. Le final était vraiment dur, mais je me suis bien accroché. J’étais devant, je m'étais dit que c'était vraiment ma journée. J'avais tout bien fait, j'avais repéré le parcours. Je n'ai pas voulu montrer que j'étais fort. C'est sûr que dans les bosses, je ne pouvais pas sortir comme (Clément) Braz Afonso l’a fait. J'ai joué avec mes qualités. Ça me fait chier de dire ça, mais j'ai des regrets.

Tu vas quand même faire un beau sprint...
J'ai essayé de ne pas trop perdre mon sang-froid, même si j'étais dégoûté de ne pas aller chercher la 1ère place. Heureusement, je finis 2e. Je ne m'en rends peut-être pas compte maintenant de ce que j’ai fait. C'est vrai que c’est quand même le Critérium du Dauphiné (le Tour Auvergne-Rhône-Alpes, NDLR). Il y a un super niveau, et on avait une étape super dure aujourd'hui, avec 3777 mètres de dénivelé sur 235 kilomètres. Il y avait de quoi s'occuper. C'est sûr que ça reste malgré tout positif. C’est mieux que rien. Maintenant, j'espère que je pourrai repartir demain…

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