« Peut-être que 29 ans, c'est le nouveau 20 ans » : Ben Oliver se révèle en Wallonie

Crédit photo Thomas Boschman / TRW Organisation

Crédit photo Thomas Boschman / TRW Organisation

Ben Oliver a remporté, ce vendredi, la cinquième et dernière étape de l'Ethias-Tour de Wallonie, disputée entre Bassenge et Aubel. Ce succès lui permet de remporter le classement général. Le Néo-Zélandais de 29 ans s'adjuge la première course par étapes de sa carrière, ainsi que celle de son équipe Modern Adventure. DirectVelo s'est entretenu avec celui qui a engrangé les trois premières victoires professionnelles de sa carrière en l'espace de cinq jours puisqu'il avait déjà enlevé la deuxième étape mardi.


DirectVelo : Quelle est ta version des faits sur ce sprint entaché d'une chute dans le peloton ?
Ben Oliver : Je savais simplement que l'un des hommes les plus rapides du peloton était Arnaud De Lie. Il était super motivé et j'avais également parlé avec lui. Nous sommes remontés très vite sur le côté droit de la route. Puis, dans le léger virage à droite, j'ai senti un guidon heurter ma hanche gauche. Je me suis alors mis dans la roue de De Lie et, oui, un coureur est venu très près de nous et il me semble qu'il s'est déséquilibré. Je ne suis pas certain, je n'ai pas encore revu les images. J'espère qu'il va bien.

Tu remportes l'étape et le classement général. Qu'est-ce que cela représente pour toi et pour votre équipe ?
C'est notre première année en tant qu'équipe totalement nouvelle au niveau professionnel, et c'est aussi ma première saison complète sur route à plein temps. Pouvoir décrocher une victoire professionnelle ainsi qu'un classement général, c'est incroyable. Au début de la semaine, nous visions surtout des victoires d'étape. Aujourd'hui était la journée la plus difficile de la course. Quand les gars sont partis à la chasse aux secondes de bonification, je les ai laissés jouer leur carte et je me suis concentré à fond sur la victoire d'étape. J'ai suivi la bonne roue et j'ai réussi à remonter au bon moment sur la ligne.

« J'AI TOUJOURS SU QUE J'ÉTAIS UN SPRINTEUR SOLIDE AU TERME D'UNE JOURNÉE DIFFICILE »

Était-il difficile de faire un choix entre le sprint des bonifications et la victoire d'étape ?
C'est ce qui a rendu cette journée aussi disputée. Il y avait de vraies ascensions aujourd'hui et je suis plutôt un grand gabarit, mais j'ai réussi à tenir le coup. J'ai tenté ma chance lors du premier sprint bonification, sans prendre de secondes. Cela m'a ensuite coûté de l'énergie pour répondre aux attaques. À partir de là, j'ai un peu oublié le classement général et je me suis focalisé sur l'étape. Finalement, cela a suffi pour remporter aussi le général.

Comment expliques-tu cette révélation à ce niveau ?
J'ai passé des années à faire du VTT et à courir en Nouvelle-Zélande contre des coureurs comme Laurence (Pithie). J'ai obtenu de bons résultats dans les courses néo-zélandaises et j'ai fait partie du New Zealand Cycling Project pendant plusieurs années. C'est fantastique de faire désormais partie d'une équipe américaine, parce que c'est là que j'ai vraiment commencé le cyclisme sur route, notamment dans les critériums et quelques courses UCI. Cette équipe m'a offert une opportunité et m'a fait confiance. Je pense aussi que les premiers mois de la saison m'ont permis de franchir un cap. Honnêtement, avant cette année, je n'avais pas souvent roulé des courses de 200 kilomètres. Désormais, j'en dispute pratiquement toutes les semaines et ça forge les jambes. J'ai toujours su que j'étais un sprinteur solide au terme d'une journée difficile. Il me fallait simplement davantage d'expérience et d'entraînement.

Aucun regret de ne pas avoir commencé plus tôt, quand on voit ce dont tu es capable ?
Peut-être que 29 ans, c'est le nouveau 20 ans. Il y a beaucoup de jeunes talents aujourd'hui, mais il reste aussi quelques coureurs plus âgés qui ont encore quelques atouts dans leur manche.

« NOUS AVONS SENTI DAVANTAGE DE RESPECT DE LA PART DU PELOTON »

Et maintenant ? Penses-tu déjà au WorldTour ? Est-ce devenu une ambition ?
Je veux simplement voir jusqu'où je peux aller et quel niveau je suis capable d'atteindre. Comme je l'ai dit, cette équipe m'a offert une opportunité et j'entretiens d'excellentes relations avec tous les coureurs du groupe. C'est formidable de faire partie de cette aventure et de voir où elle peut me mener.

Tu ne pourras plus passer inaperçu et tes adversaires vont désormais te surveiller de près…
Je pense que ça avait déjà commencé au cours de cette course. Après notre victoire d'étape en début de semaine, nous avons senti davantage de respect de la part du peloton. Notre manière de nous positionner et d'évoluer dans la course a changé. Les autres équipes regardent désormais davantage nos roues parce qu'elles savent que tous nos coureurs sont solides. Nous avons contrôlé l'échappée toute la journée. L'équipe a mis en place beaucoup de nouvelles choses et nous avons réellement franchi un palier. Il a simplement fallu quelques mois pour que tout se mette en place, et c'est génial que cela ait fonctionné ici.

Quelle est la prochaine course à votre programme ?
Je pars maintenant pour le Tour de Slovénie. Il y aura quelques montagnes à gravir, mais j'espère aussi avoir l'occasion de disputer quelques sprints supplémentaires.

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