« Je suis dégoûté » : Malade, Joris Chaussinand a dû s’arrêter au pied de Valberg

Crédit photo Xavier Pereyron / LNC
Quelle frustration pour Joris Chaussinand ! Le sociétaire de la formation CIC se faisait une joie d’arriver sur un terrain (enfin) à sa convenance, mercredi, à l’occasion de la Mercan’Tour Classic Alpes-Maritimes. Toujours présent dans le groupe des favoris, composé d’une vingtaine de rescapés, au sommet du Col de la Couillole puis au premier passage sur la ligne d’arrivée à Valberg, il n’a finalement pas pu pleinement disputer ses chances lors de l’ascension finale, la faute à un problème gastrique qui l’a contraint à poser pied à terre. Le grimpeur de 24 ans, en manque d’un résultat de référence depuis son passage chez les pros il y a un an et demi, fait le point avec DirectVelo. Entretien.
DirectVelo : Comment s’est passée cette Mercan’Tour Classic ?
Joris Chaussinand : Je suis un peu au fond du trou… Je me sentais bien toute la journée, je n’ai jamais tapé dedans, pas plus dans la Couillole que dans la Colmiane. Mais une fois arrivé au pied de la dernière montée, à la fin de la descente, j’ai eu mal au ventre. J’ai dû m’arrêter pour satisfaire un besoin naturel. Evidemment, je n’étais ensuite plus dans le groupe. Je fais à peine dans les 20, je suis dégoûté. Je pense que je valais entre 10 et 15 aujourd’hui, ça fait chier…
« J’AI L’IMPRESSION QU’IL Y A TOUJOURS UN TRUC »
C’était un rendez-vous important pour toi, en montagne…
J’essaie de garder espoir pour la suite mais là, franchement, je suis dégoûté. C’est à chaud (entretien réalisé derrière la ligne d’arrivée à Valberg, NDLR) mais j’ai l’impression qu’il y a toujours un truc. J’espère que ça va tourner un jour.
Tu n’es pas véritablement parvenu à décrocher de résultats jusqu’à présent cette année…
Malheureusement, on n’a pas un calendrier très dense pour les grimpeurs. Il y a peu de journées avec de vrais cols. C’est pour ça que je me faisais une joie de venir ici, puis d’enchaîner avec la Route d’Occitanie. Forcément, ce sont des rendez-vous à ne pas trop manquer pour un gars de mon profil. Je ne me sentais pas bien à la Montagne de Lure au Tour de la Provence, en début de saison, alors j’ai vraiment envie de pouvoir m’exprimer maintenant en ce mois de juin. C’est forcément important.
Les occasions de briller ne seront pas nombreuses jusqu’à la fin de la saison !
On arrive clairement sur une période où j’ai envie d’avoir de bonnes jambes, et prouver que j’ai des capacités. Il manque toujours un petit truc jusqu’à présent. Je n’ai jamais réussi à me sentir encore au top. L’an dernier, j’avais été emmerdé par la maladie de Lyme. Tout ce qui était après juin, c’était à oublier… Et là, depuis le début de saison, je me cherche encore un peu. Dans ces conditions, je me contente de faire des efforts pour le collectif. Je préfère faire du bon boulot pour les coureurs qui marchent, notamment Axel (Mariault) et Maxime (Vezie) qui tournent fort. C’est mieux de les aider que de faire mon truc dans mon coin pour aller finir 20e… Je suis content de bien travailler pour le collectif.
« JE DOIS FAIRE DES PERF’ »
Ressens-tu une certaine pression, alors que tu disputes actuellement ta deuxième saison chez CIC ? As-tu le sentiment qu’il va falloir prouver que tu as toujours ta place chez les pros ?
Il ne faut jamais trop se reposer sur ses lauriers, il y a un peu de pression, oui. J’ai envie de bien faire et montrer que c’est à ma portée. Je dois pouvoir faire des résultats en montagne. Sans dire ou imaginer que je vais gagner, mais je dois faire des perf’.
Te sens-tu toujours progresser ?
Je passe des caps sans trop m’en rendre compte, je pense. Je suis plus résistant que chez les Espoirs mais la différence n’est pas énorme non plus. Le calendrier n’est pas idéal pour tout optimiser en vue des courses qui me conviennent. La semaine dernière, j’étais à Dunkerque sur les pavés, en étant malade. Je ne me trouve pas d’excuses mais il n’empêche que ce n’est réellement pas l’idéal. Je n’ai jamais la possibilité de préparer très spécifiquement un objectif. J’aimerais pouvoir me faire de vrais blocs de travail.
Il ne faudra pas se louper sur la Route d’Occitanie. Comment vas-tu préparer ce rendez-vous et cette nouvelle chance de t’exprimer dans les cols ?
Je vais essayer de bien bosser vers chez moi à Roanne, avant l’Occitanie. Avec tous les déplacements qu’on a eus en mai, ce n’était pas possible de faire du vrai travail en montagne. Je pense avoir quand même progressé dans un peu tous les domaines, mais pas plus que ça en montagne. C’est dommage car c’est là où j’ai le plus d’aptitudes et j’ai envie de le montrer. J’espère vraiment que ce sera pour bientôt, il faut continuer d’y croire.
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