SCO Dijon : « Si on n'était pas capables de jouer les premiers rôles... »

Crédit photo Zoé Soullard - DirectVelo

Crédit photo Zoé Soullard - DirectVelo

Le SCO Dijon-Team Matériel-velo.com peut décidément compter sur ses courses pour se lancer. Après avoir ouvert son compteur de victoires en Elite Nationale sur la Classique du Châtillonnais, c'est au Tour de Côte d'Or que les Dijonnais ont de nouveau montré leur meilleur visage, en remportant le classement général. Grâce à Quentin Bezza certes, mais aussi grâce à une démonstration collective où la Conti Fédérale n'a jamais tangué. Alors que les protégés de Mathieu Gallet ont encore du mal à complètement lâcher les chevaux, ce week-end sur « leur » course par étapes doit enfin servir de déclic, comme l'explique le technicien au micro de DirectVelo.


DirectVelo : Il ne fallait pas se louper, et c'est chose faite avec cette victoire de Quentin Bezza au classement général !
Mathieu Gallet : Oui, c'est une course à la maison, donc tu te dois vis-à-vis des bénévoles et des partenaires de répondre présent. Le plateau, ce n'est pas le plus beau plateau qu'on ait pu avoir au Tour de Côte d'Or, mais on a quand même des individualités fortes qui étaient là. On peut le voir avec le deuxième, Léo Roy, qui est un coureur qui est dans le Top 10 DirectVelo depuis le début d'année, Bourg-en-Bresse avec des coureurs comme Howell et Buck Jones qui viennent de montrer tout leur talent lors de la Ronde de l'Isard. Il n'y a pas de petite course, il n'y a pas de petite victoire, il y a peut-être un niveau un tout petit peu moins élevé que d'habitude, mais ces courses-là, il faut les gagner, c'est ce que je leur ai dit encore hier.

As-tu eu peur par moments ?
En étant en voiture 1, tu vois beaucoup de choses, et quand j'ai vu les mecs à tour de rôle aller dans les vagues dangereuses, qu'on avait toujours Hugo (Roudier) qui était là, parce que c'était lui qui était le mieux placé au général quand des favoris sortaient... Certes il y a toujours une petite inquiétude, surtout dans le final de la course, mais quand on voit l'investissement des mecs aujourd'hui et la volonté collective, c'est incroyable.

« ON N'A RIEN À LEUR REDIRE, ILS ONT ÉTÉ FANTASTIQUES »

Quel était le plan de marche ?
Il était de laisser sortir une petite échappée de cinq coureurs, puis ensuite de contrôler. Mais je leur avais dit quand même d'attendre un petit peu, parce qu'avec le vent de face sur quasiment les 85 premiers kilomètres, ça aurait été compliqué quand même de tenir, tenir, tenir. Donc on a profité du fait qu'il y ait beaucoup d'attaques pour faire un petit peu également la course. Et puis dans les moments chauds, j'avais demandé à Hugo Roudier de marquer les quatre coureurs qui étaient derrière lui dans le même temps, et Quentin devait marquer les quatre coureurs qui étaient devant Hugo, ou que les autres fassent les efforts à sa place si jamais un d'eux sortait. On n'a rien à leur redire, ils ont été fantastiques.

Que leur as-tu dit ?
J'ai dit que si on n'était pas capables de jouer les premiers rôles, il faudrait retourner s'entraîner un bon coup parce que ce n'est pas le niveau qu'on doit avoir. Je pense qu'on a montré sur les deux jours entre hier et aujourd'hui qu'on avait une équipe vraiment solide, qu'on avait des coureurs qui étaient présents, investis dans le projet. Aujourd'hui, c'est Quentin Bezza qui gagne le général, mais c'est avant tout une vraie victoire collective, une force qui a été démontrée par toute l'équipe. On peut voir encore qu'au passage de la ligne, on a encore les six coureurs dans le peloton. Et ce après avoir fait la guerre pendant un bon moment, c'est quand même beau.

« ON NE GAGNE PAS DE COURSES »

C'est un peu la victoire qu'il manquait pour la confiance ?
Oui, tout à fait. Ce n'est pas méchant à dire, mais on ne gagne pas de courses. On fait des podiums, on n'est pas loin à chaque fois, mais il nous manque encore ces petits gains qui nous feraient du bien. Mais vu ce qu'ils ont montré aujourd'hui, je pense que ça peut servir à tout le groupe. On a vraiment des coureurs en forme. On a de gros week-ends qui vont arriver avec le Tour du Loiret, le Tour du Beaujolais, le TNM, les France. On a la Ronde de l'Oise pour les sprinteurs la semaine prochaine. Donc j'espère qu'on va continuer sur cette lancée.

Il y avait du bon ces derniers temps malgré tout...
Déjà à l'Essor Breton, pour moi, on était l'équipe la plus forte. Il y a une étape où on loupe un petit détail, mais on était collectivement très, très forts, mais ça ne paie pas, on ne gagne ni le général ni une étape. Donc j'espère vraiment qu'on va se lancer une bonne fois pour toutes, parce qu'on est quand même début juin. J'ai dit à mes collègues la semaine dernière qu'on venait de faire notre apparition dans le Top 10 DirectVelo. Maintenant l'objectif est de rentrer dans le Top 5 pour montrer que Dijon est une équipe forte du territoire français, entre guillemets.

« QUENTIN EST UN ORGUEILLEUX, IL FAUT LE PIQUER AU VIF »

Est-ce que ce succès permet à Quentin Bezza de redevenir le coureur qu'il était ?
Il a eu une chute quand même à Puyloubier, ça l'a mis dedans avec une blessure qui est restée longtemps. Quand un corps est blessé, que la cicatrice ne se fait pas, il puise un peu dans les réserves, il est tout de suite un peu plus fatigué. Donc il a mis un petit peu de temps à mettre en route. Depuis, ça va quand même beaucoup mieux pour lui. Il apporte ce qu'il doit apporter. Quentin est un orgueilleux, donc il faut un petit peu le piquer au vif pour qu'il aime nous contredire dans la foulée. Sur ce qu'il a montré là aujourd'hui (dimanche) et hier (samedi), c'est un Quentin solide. Maintenant, on attend de lui qu'il aille nous faire un bon Loiret, qu'il continue sur cette lancée-là, avec un bel objectif au Championnat de France de chrono.

A-t-il repris son statut désormais ?
C'est surtout sur le côté humain et collectif où je pense qu'il doit encore apporter davantage. Il est un petit peu sanguin par moments, mais c'est parce qu'il a envie d'être dans une équipe qui est performante. Lui est bien conscient qu'il n'a pas apporté tout ce qu'il devait apporter depuis le début d'année. Mais il a quand même gagné au Saône-et-Loire il n'y a pas longtemps. Il vient de gagner le général ici, sans chrono, il faut le souligner. C'est très bien mais il reste encore quatre mois de compétition. Donc, maintenant, il faut lâcher les chevaux.

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