Visma-Lease a Bike : « Une expérience très formatrice »

Crédit photo Philippe Pradier / DirectVelo
La Visma-Lease a Bike DT avait son plan et l’a maintenu jusqu’au bout. Au départ de Saint-Maurice-l’Exil, ce samedi lors de la quatrième étape de l’Alpes Isère Tour, la formation néerlandaise avait pris le parti de ne pas jouer les trois sprints bonif' en cours de route. Et peu importe si Matisse Van Kerckhove perdait virtuellement le maillot jaune, ce qui s’est passé… Leur idée était claire : faire une course offensive dans le final pour essayer de reprendre du temps au général. Objectif atteint puisque Guus Van Den Eijnden (Alpecin-Premier Tech Development Team) et Victor Jean (Elite Fondations Cycling Team), classés 2e et 3e du général, ne sont pas arrivés dans le même temps que le Belge à Saint-Clair-du-Rhône. Et cerise sur le gâteau, la victoire d’étape est revenue au Britannique Elliot Rowe. Alors que tout va se jouer ce dimanche entre Le Cheylas et Miribel-les-Échelles, où 4040 mètres de dénivelé attendent les coureurs, le directeur sportif de la Visma-Lease a Bike, Sierk Jan de Haan, a fait le point pour DirectVelo.
DirectVelo : Elliot Rowe a remporté l’étape, Matisse Van Kerckhove a conservé le maillot jaune. C’était une journée parfaite pour Visma-Lease a Bike !
Sierk Jan de Haan : Le but était de tout donner dans la dernière partie de la course. C'est là qu'on pouvait reprendre du temps au général. Sprinter en cours d’étape pour les bonifications n'était pas notre objectif. On voulait aussi jouer la victoire d’étape avec un groupe réduit, et c'est ce qui s'est passé. C'était tout ou rien. Et Matisse (Van Kerckhove) voulait faire gagner son coéquipier dans le final. Ce n'était pas facile, mais je pense que c'est ce qu'il y a de plus beau dans ce sport de gagner ainsi.
De l’extérieur, la situation semblait hors de contrôle puisque Matisse Van Kerckhove avait perdu son maillot de leader en cours de route.
Dans ces moments-là, il faut être fort mentalement, il faut se motiver les uns les autres, et c'est exactement ce qu'on a fait. Je pense que cela fait aussi partie du processus d'apprentissage. On peut tout à fait se sentir en difficulté durant la course, mais réussir tout de même à déployer toute sa puissance sur la fin. C'est une expérience très formatrice pour les jeunes.
ELLIOT ROWE, BON SPRINTEUR ET BON GRIMPEUR
Quelle place occupe Elliot Rowe dans l’équipe ?
C'est sa première victoire avec notre maillot. L'année dernière, il avait gagné sous les couleurs de l'équipe de Grande-Bretagne au Tour de l'Avenir. Je trouve qu'il mérite vraiment cette victoire car il n'a cessé de progresser ces dernières semaines. Il avait été très malade en avril. C'était un gros coup dur. Depuis, il s'est amélioré de jour en jour pour atteindre sa forme optimale. Il a été très régulier toute la semaine, en signant déjà deux Top 10 avant de lever les bras. C'est incroyable. Il a bénéficié d'un travail de placement parfait de la part de Matisse, qui a quand même le maillot jaune et qui s'est sacrifié pour lui.
Quel est le profil exact d'Elliot Rowe ?
Avant tout, il possède deux armes très solides. C'est un coureur rapide, mais il sait aussi grimper. Il est encore en pleine phase de développement, ce qui signifie que son physique évolue d'année en année. Il se débrouille également très bien en contre-la-montre, c'est donc un coureur très complet.
« PLUS DE CHANCE DE GAGNER GRÂCE À L'ESPRIT D'ÉQUIPE »
Matisse Van Kerckhove a toujours le maillot jaune avant la dernière étape. Tu es confiant sur le fait qu'il le conserve ?
Forcément, il faut toujours être confiant vu comment on a couru aujourd'hui (samedi) et durant toute la semaine. Il y a de l'optimisme, mais cela reste difficile pour les coureurs. Ce succès donne un boost au moral supplémentaire. C'est une course par étapes extrêmement difficile pour chaque coureur, mais on a plus de chance de gagner grâce à l'esprit d'équipe.
Il y aura plus de 4000 mètres de dénivelé sur cette dernière étape…
Cette dernière étape sera un vrai défi, car pour beaucoup de nos coureurs, ce sera une grande première. Le seul à avoir de l’expérience sur ce type de terrain ici, c'est Will (Smith) qui en est à sa quatrième participation à cette épreuve. Mais pour tous les autres gars, c'est une expérience totalement nouvelle de devoir encaisser 4 000 mètres de dénivelé positif, et de commencer directement par une ascension très difficile avec le col du Granier. On va essayer de faire de notre mieux et de préparer une bonne tactique. On a hâte d’y être.
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