Thibaud Gruel : « Il faut avoir de l’audace »

Crédit photo Freddy Guérin / DirectVelo

Crédit photo Freddy Guérin / DirectVelo

Thibaud Gruel avait une nouvelle fois coché d’une grosse croix rouge les Boucles de la Mayenne sur son calendrier. Lauréat du prologue, porteur du maillot jaune de leader puis finalement 3e de l’épreuve l’an dernier, le coureur de la Groupama-FDJ United s’est présenté sur cette édition 2026 dans l’idée de faire encore mieux. Fidèle au rendez-vous, il est passé tout près de la victoire d’étape et du maillot jaune ce samedi après être sorti en solitaire dans le final. Mais l’énorme relais du surpuissant Mads Pedersen dans le groupe de contre a condamné les chances de celui qui est tout de même 2e du général, derrière Benoît Cosnefroy, avant l’ultime journée de course. DirectVelo a recueilli la réaction du coureur de 22 ans derrière le podium protocolaire.


DirectVelo : N’es-tu pas trop déçu ?
Thibaud Gruel : Wouarf… Si, bien sûr ! Je suis déçu mais d’un autre côté, je n’ai pas de regrets. J'ai fait la course que je voulais. Je me suis amusé, j’ai pris la bonif en haut de la bosse. Je pense que j’étais parmi les plus forts aujourd’hui. J’étais virtuellement leader du classement général dans les derniers kilomètres. Puis j’ai eu cette occasion d’attaquer à un kilomètre et demi de l’arrivée environ, alors j’ai pris ma chance. Ça s’est un peu regardé derrière. Je voulais tenter, il faut avoir de l’audace et savoir s’amuser sur le vélo. Il y avait encore de bons sprinteurs derrière alors j’y suis allé sans me poser de questions. Mais bon… Il y avait un seul scénario qu’il fallait éviter et c’est celui qui s’est produit, avec la victoire de Benoît (Cosnefroy), qui prend le maillot jaune grâce aux bonifications. C’est un peu frustrant mais c’est comme ça. Il le mérite aussi.

On t’a vu réaliser un bon prologue et chasser les bonifications depuis. On t’a vraiment senti concentré sur le général !
Oui, c’était mon objectif. J’étais concentré là-dessus, c’était annoncé, on en a parlé dans le bus. C’est ce que je voulais faire. J’ai tout mis en œuvre pour y parvenir. Maintenant, me voilà 2e du général avant la dernière étape. Je sais bien que généralement, il est compliqué de renverser le général sur cette dernière étape. Tout est possible mais ça ne sera pas évident.

« IL MANQUE UNE MARCHE »

Parce que Benoît Cosnefroy est costaud, comme l’ensemble de son équipe ?
C’est ça. L’équipe est forte. Ils ont aussi (Juan Sebastian) Molano qui va très vite et si je compte m’amuser à faire les bonifs, il risque de ne pas me laisser les prendre. C’est pour ça que ce ne sera pas évident mais encore une fois, tout est possible.

L’an passé, tu avais gagné le prologue avant de terminer 3e du général…
Je savais qu’il n’allait pas être évident de refaire la même chose cette année, au vu du plateau qu’il y a ici cette semaine, plus élevé que l’année dernière. Je voulais faire mieux quand même. Malheureusement, il manque une marche pour être tout devant. Sur le prologue, je me suis bien débrouillé encore une fois mais j’ai déraillé après un kilomètre. Je pense que ça m’a fait perdre trois ou quatre secondes. Il y avait mieux à faire, ça m’a frustré. Mais j’étais encore dans le jeu.   

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