« Si mon chirurgien voit que je suis au départ… » : Objectif atteint pour Julien Marin

Crédit photo Philippe Pradier / DirectVelo

Crédit photo Philippe Pradier / DirectVelo

Julien Marin a eu chaud ce mercredi lors de la première étape de l’Alpes Isère Tour (2.2), mais pas seulement à cause du mercure. Avec 10 % de délais, il fallait finir à moins de 17’10’’ du vainqueur pour ne pas rentrer à la maison dès le premier soir. Le coureur de l’AVC Aix-en-Provence a terminé à… 17’03’’ de Matisse Van Kerckhove. L’Héraultais de 25 ans retient de son côté qu’il a réussi son objectif d’être au départ après s’être fracturé la clavicule le 17 avril dernier lors du Tour du Loir-et-Cher (2.2). Même s’il n’est pas à 100 %, il compte bien exister sur cet Alpes Isère Tour. Julien Marin a fait le point pour DirectVelo.


DirectVelo : Ta reprise n’a pas été évidente sur cette première étape de l’Alpes Isère Tour !
Julien Marin : J’espérais prendre l’échappée. J’ai fait des efforts dans la première heure de course pour y être. Quand le groupe de costauds est sorti, on voulait le garder à une distance raisonnable pour favoriser un sprint pour Bohémond (Barillot). Mais quand j’ai commencé à rouler, j’ai pris un énorme coup de chaud. Je n'arrivais plus à forcer, mon cœur est monté à 195 et ne redescendait pas. J’ai dû m'écarter et finir comme j’ai pu. Je n’avais plus d'essence. J’ai pris un coup de chaud. C’était une reprise très compliquée, avec une forte chaleur comme annoncé. J’étais dans le mal. Mais je n’ai pas de déception à avoir, c’était la reprise. J’ai fait ce que j’avais dit au briefing, essayer de prendre l’échappée et aider l’équipe au maximum que je pouvais. J’ai fait de mon mieux. Je ne suis pas loin d’être hors délais mais je suis toujours en course, et je sais que ça ira mieux de jour en jour. Il n’y a pas d’inquiétude à voir. C’est déjà une victoire d’être au départ. Je ne change pas d’état d’esprit.

Tu t’es cassé la clavicule le 17 avril dernier et tu as donc déjà repris la compétition dès ce 27 mai…
J'ai fait un mois quasi-complet de home-trainer. Je suis remonté dessus seulement trois jours après mon opération. Au départ, l’Alpes Isère Tour était mon objectif personnel et mental pour me faire un peu mal sur le home-trainer, et ça a marché. J’ai fait la dernière semaine sur la route. Bon, si mon chirurgien voit que je suis au départ de la course... Il m'avait dit que c'était limite, mais que ça pouvait passer si je n'avais pas de problème.

« TOUT SIMPLEMENT HEUREUX »

Dans quelle condition physique estimes-tu être ?
Je pense que je suis à peu près au même niveau que lorsque je suis tombé. Par contre, mentalement, c’est différent. J'ai fait un gros travail mental sur moi-même. J'étais très bien en début de saison, mais après les Boucles du Haut-Var, j'ai eu un gros coup de moins bien et je n'ai pas réussi à relever la tête correctement. Finalement, j’ai vécu le pire en me cassant la clavicule, mais c'était aussi la meilleure chose qui pouvait m'arriver. Aujourd’hui, je suis tout simplement heureux. Je prends énormément de plaisir à venir ici. Je suis à nouveau la personne que j'étais en fin de saison l'an dernier à Corbas.

Que peux-tu espérer cette semaine sur une course avec un gros niveau ?
Je ne sais pas si j'ai le niveau pour jouer quelque chose, et pour l'instant, ça ne m'intéresse pas du tout. Ce que je veux, c'est retrouver du plaisir, les copains et le peloton. Le vélo, c'est ma passion, donc il fallait que je revienne le plus vite possible. Dans mon équipe, on m'a dit que quatre mecs s'étaient déjà cassé la clavicule au cours de leur carrière, dont trois cette année, et je suis celui qui revient le plus vite. Ils m'ont dit que j'étais fou, mais non. Je suis juste un combattant. Mentalement, je ne lâche jamais rien, et quand j'ai un objectif en tête, c'est impossible que je le loupe.

« IMPOSSIBLE QUE JE LOUPE CETTE COURSE »

Donc tu penses depuis ta chute à cet Alpes Isère Tour…
Oui, c'était impossible que je loupe cette course. Et je remercie vraiment l'équipe : les bénévoles, le manager Jean-Michel (Bourgouin) et le directeur sportif Sébastien (Cottier). Ils m'ont fait confiance. Ils ne m'ont jamais dit : "Non mais là, tu comprends...", alors qu'il y a des mecs qui marchent fort dans l'équipe qui auraient pu être là. Ils m'ont toujours appelé en me disant : "Ta place est là. Si au dernier moment tu nous dis que tu ne peux pas parce que tu as mal, tu ne cours pas, mais on te fait confiance jusqu'au bout". Ça m'a aidé. Ma copine et ma famille ont aussi été à fond derrière moi. Ma copine et mon père ont fait 12 heures de route pour venir me chercher sur le Loir-et-Cher afin que je me fasse opérer le plus vite possible. Ce genre de choses fait prendre conscience que je ne suis pas tout seul. Il y a des gens autour de moi qui croient en moi, qui veulent que je fasse les choses correctement. J'ai vite compris qu'il fallait que je me remobilise et c'est ce que j'ai fait grâce à un gros travail mental. L'entraînement physique sur le vélo, ça ne se perd pas trop, mais quand tu t'enquilles des sessions de 4 ou 5 heures de home-trainer face à un mur, c'est là que tu te rends compte que si tu n'es pas fort mentalement, tu descends au bout d'une heure.

Tu n’étais pas gêné par ta clavicule ces derniers jours sur la route ?
Non, je roule normalement, il n'y a pas de problème. En fait, la fracture est consolidée à 95 %. Grâce à la plaque, je ne ressens aucune douleur. Le chirurgien a fait un boulot incroyable. Ensuite, j'ai vu des kinés à côté de chez moi, à Castelnau. Ils ont fait un travail remarquable pour me permettre de récupérer beaucoup plus rapidement. Être ici aujourd'hui, c'est déjà une petite victoire. Je veux reprendre du plaisir. Ensuite, il y aura le Championnat de France notamment. Il y a plein de belles courses en fin de saison, il y a de quoi faire ! L'équipe va me permettre de faire des courses qui me correspondent bien, donc je suis très confiant pour la suite.

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