Niels Driesen : « J'ai pensé que mon classement général était fini »

Crédit photo Fabien Lenfant - DirectVelo

Crédit photo Fabien Lenfant - DirectVelo

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Le malheureux du jour s'appelle Huw Buck Jones, leader du classement général au départ de la dernière étape de la Ronde de l'Isard. Mais après 162 kilomètres jusqu'à Saint-Girons, c'est Niels Driesen qui a remporté le classement général... grâce à sa 2e place du jour, au jeu des bonifications prises à l'arrivée et en cours de route. Ce retournement de situation est d'autant plus fou que le coureur de la Lotto-Groupe Wanty avait lâché prise dans le Port de Lers, avant de revenir et de batailler pour tenir le groupe principal. De fait, c'est un Niels Driesen aux anges qui s'est présenté au micro de DirectVelo, pour revenir sur cette semaine folle, où c'est autant sa pointe de vitesse que ses qualités de grimpeur qui lui ont permis de décrocher la Ronde de l'Isard.


DirectVelo : Tu remportes la Ronde de l'Isard, mais que cette journée a été difficile !
Niels Driesen : Je n’étais pas dans une bonne journée. J’ai décroché dans la deuxième montée, mais je sentais que je pouvais garder un bon rythme. Je n’avais pas de bonnes jambes et j’ai un peu souffert de la chaleur. Puis je suis revenu dans la montée suivante, et là je me suis senti un peu mieux. Mais dans la dernière ascension, j’ai pensé que j’allais encore décrocher. À cinq kilomètres du sommet, j’ai trouvé mon rythme et j’étais plutôt bien jusqu’en haut. Ensuite, il fallait espérer qu’ils contrôlent suffisamment pour garder aussi le maillot, puis tout donner au sprint. Je ne pensais pas gagner le sprint, mais je suis très heureux.

Tu as pensé pouvoir te battre pour le général jusqu'au bout lorsque tu as lâché ?
Quand j’ai décroché, j’ai pensé que c’était fini, que mon classement général était perdu. Mais ensuite j’ai senti que mes jambes n’explosaient pas complètement, donc je savais qu’ils n’allaient pas prendre énormément d’avance. Quand je suis revenu dans la montée suivante, j’ai repris un peu confiance dans le fait que je pouvais suivre dans les ascensions, et j’en ai été capable.

« À CHAQUE FOIS QUE JE SPRINTAIS, JE PERDAIS »

Pourtant tu as quand même fait les bonifications, donc une part de toi y croyait...
Je pensais encore au général au cas où le groupe ne se casse pas. Mais je pensais qu’il y aurait plus d’écarts dans la montée. J'ai eu un moment difficile dans la dernière ascension, mais avant et après, je n’ai jamais eu le sentiment qu’ils allaient me lâcher rapidement.

On connaît tes qualités dans la montagne, mais c'est encore une fois ta pointe de vitesse qui fait la différence !
C'est assez étrange pour moi aussi, parce que jusqu’à maintenant je ne me suis jamais vraiment considéré comme un bon sprinteur. À chaque fois que je sprintais, je perdais, et je n’ai pas gagné beaucoup de sprints. Normalement, je pensais être un pur grimpeur, mais cette dernière semaine et celle d’avant, je pense qu’il y a peut-être un peu plus d’explosivité que je ne le croyais.

Comment as-tu vécu ce sprint capital ?
Je ne sais pas comment j’ai résisté dans le sprint, parce que je suis parti assez tôt. Mais je ne savais pas qui était derrière moi. J’ai juste sprinté jusqu’à la ligne et ensuite je ne sais même pas quelle place il a prise. Évidemment je suis très heureux, mais je peux comprendre ce qu’il ressent. Perdre aux secondes de bonification, ce n’est jamais agréable. Perdre n’est jamais agréable de toute façon, mais perdre aux bonifications, c’est particulièrement cruel.

« ÇA A DÉPASSÉ MES ATTENTES »

Le bilan est forcément très bon vu ta régularité...
Ça a été une très bonne semaine. J’avais de grandes attentes pour cette semaine parce que je savais que j’étais en bonne forme, mais ça a dépassé mes attentes. J’ai maintenant environ trois semaines sans course. Je vais me reposer un peu puis reprendre de bonnes semaines d’entraînement jusqu’au Giro NextGen. Après je ferai probablement l’Aoste, puis on verra encore avec l’équipe à quoi ressemblera la dernière partie de la saison pour moi.

Dans la peau d'un coureur de classement général ?
Je pense qu’au Giro je vais encore tenter le général. Et normalement, si je peux faire davantage d’entraînement sur les longues ascensions et tout le reste, je pense que ce sera encore mieux.

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