« Pourquoi pas essayer ? » : 87 bornes en solo et la victoire pour Rémi Daumas

Crédit photo Fabien Lefant / DirectVelo
Malgré un débours d’1’01’’ au départ de Lavelanet, Rémi Daumas a tout tenté pour inscrire son nom au palmarès de la Ronde de l’Isard. Pour s’offrir le maillot jaune à l’issue de la dernière étape, le coureur de la Conti Groupama-FDJ United a attaqué ce dimanche à 87 kilomètres de l’arrivée, avant le sommet du Port de Lers. Le Camarguais, installé pour ses études à Toulouse, aura longtemps été leader virtuel avant de rompre dans les derniers kilomètres. S’il doit se contenter de la 5e place au classement final, Rémi Daumas avait assez de force pour s’offrir l’étape dans les rues de Saint-Girons au terme d’un numéro dont se souviendront les suiveurs de cette 48e Ronde de l’Isard. Au micro de DirectVelo, le coureur de 20 ans est revenu sur son succès et sa belle semaine, avant de se tourner vers le prochain Tour d’Italie Espoirs.
DirectVelo : Tu t’offres l’étape-reine de la Ronde de l’Isard après 87 kilomètres seul en tête !
Rémi Daumas : C'est cool ! Nous avons été proches de la victoire d’étape toute la semaine. On a fait 6, 2, 4, 2... Il a fallu attendre la dernière étape pour mettre la balle au fond. C'est dommage de ne pas avoir le général avec. En partant de loin, il y avait l’objectif de le renverser. Il n’y a pas de victoire finale ou de podium. J'ai eu un ennui mécanique, qui m’a fait perdre 15 secondes, au moment où je suis sorti. C’est peut-être ça qui manque pour le podium, mais c'est la victoire d'étape qui compte le plus. Elle vient récompenser le travail de l’équipe tout au long de la semaine.
Qu’est-ce qui t’a pris de partir si loin de l’arrivée ?
Pour gagner le général, il fallait lâcher des coureurs qui avaient montré vendredi qu’ils étaient meilleurs que moi. Ça aurait été compliqué de partir et de reprendre une minute dans le dernier col. Partir de loin était la meilleure solution selon moi. On avait mis cette tactique en place avec Tanguy (Turgis) ce matin. On voulait placer deux mecs dans l’échappée, ça a été le cas avec Johan (Blanc) et Soan (Ruesche). De mon côté, je voulais faire le jump sur le sommet du Port de Lers. C’était là où on avait le plus de chance de sortir. Encore une fois, je me suis dit qftue je serais moins surveillé dans ce col à 90 bornes de l'arrivée que dans le dernier, surtout avec des points d’appui.
Mais tous les échappés ont été repris avant même le sommet…
Lidl-Trek a monté fort dès le pied du Port de Lers. Liam (O’Brien) a attaqué à 4-5 bornes du sommet, j'ai laissé faire. Moi, ça m'arrangeait, parce que plus la course était dure, mieux c'était pour moi. Je voyais que le maillot jaune (Huw Buck Jones, NDLR), au moment de l'attaque, avait un peu de mal. Il avait pris une petite cassure, avant de revenir au train. Vers le sommet, je sentais que Liam faiblissait en termes de puissance. Moi, j’étais vraiment bien. Je me suis dit "pourquoi pas essayer ?". Tout le monde était à bloc. C'est un moment où je sentais que je pouvais sortir, alors je me suis dit "je n'aurais peut-être pas l'occasion dans la dernière bosse". Et donc j'y suis allé.
« JE SAVAIS QUE ÇA ALLAIT ÊTRE LONG »
Et c’était parti pour 87 kilomètres en solo…
Je savais que ça allait être long, mais je m'étais dit que s'il n'y avait pas d'organisation derrière et pas d’équipiers, comme c’était monté vite, ça pouvait le faire quand même. Je ne sais pas comment ça s’est passé derrière mais, il y a peut-être des mecs qui ont retrouvé des équipiers. C'est peut-être pour ça qu'à la fin, ils sont revenus très près (à 5'', NDLR).
Que t'inspiraient les écarts que tu avais ?
Je savais que j'avais 2'10 au pied du col de la Core. Au début, ça a baissé à 1’45’’ puis j’ai repris 10’’. Je pense avoir basculé avec 1’25’’ au sommet. Mais je savais que j’allais perdre beaucoup de temps dans le final. Il y avait deux solutions. Soit ils s'entendaient derrière et c'était mort pour le général, ce qui a été le cas, soit ils s'enterraient entre leaders et je gardais ma minute au général… Bon, ça n'a pas été le cas mais encore une fois, ce n’est pas grave.
As-tu douté pour la victoire d’étape ?
C'était vraiment dur, parce qu'il y avait le vent en pleine gueule. Je roulais quand même bien, mais je me doutais que c'était un groupe derrière et qu'ils devaient s'entendre. J'avais 1'10 à 15 bornes de l'arrivée puis 40 secondes à 7,5 kilomètres. Je perdais mon avance proportionnellement. Si ça continuait ainsi, je me disais que j’allais être repris sur la ligne. Mais il y avait la possibilité que ça se regarde quand même dans les deux derniers kilomètres.
« CELLE QUI ME CONVENAIT LE MIEUX »
Quel bilan fais-tu de cette Ronde de l’Isard ?
On était venus avec l’ambition de gagner une étape et au moins un podium au général. Je savais que j'avais le niveau pour jouer la gagne. On ne remplit qu’un seul des deux objectifs, mais on a quand même super bien couru collectivement toute la semaine, c'est ça qui compte. Tout le monde était prêt à se sacrifier pour l’autre. On a tous eu notre chance à un moment. À part Reef (Roberts) qui a abandonné après une chute, on a tous eu au moins un Top 10.
As-tu des regrets sur la semaine ?
Sur cette dernière étape, j’en ai aucun. Le seul regret qu'on peut avoir, c'est peut-être sur les étapes précédentes, vu que ça se joue à peu d'écart. Il y a eu la petite cassure le premier jour, le lendemain le coureur de Lotto (Niels Driesen) part à 10 bornes de l’arrivée, gagne l’étape et prend 20 secondes. Il y a peut-être eu des efforts superflus également. Le tout mis bout à bout, ça pouvait faire la gagne au général (Il termine 5e à 45'' de Niels Driesen, NDLR). Mais, ce qui compte, encore une fois, c’est d’avoir gagné cette étape. C’est celle qui me convenait le mieux, avec un enchaînement de cols. Quand ça se joue sur la fatigue, je pense que c'est là que je suis le meilleur plutôt que sur une course de côte comme c’était le cas vendredi à Pailhères.
Penses-tu que tu as encore une marge pour tes prochains rendez-vous ?
Je n’étais pas censé être à 100%, puisque j'ai fait trois grosses semaines, et j'ai juste fait deux jours tranquilles avant l'Isard. Donc je n'étais pas super frais avant de venir ici. On savait que même sans être à 100-110% sur cette course, il y avait moyen de bien faire. Parce que l'objectif, c'est d’être performant dans trois semaines au Tour d’Italie Espoirs. C’est le gros objectif de cette partie de saison. Normalement, je suis censé passer encore un petit cap d'ici à trois semaines.
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