Mattie Dodd : « C'est ce dont rêve chaque coureur »

Crédit photo Fabien Lenfant / DirectVelo

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Les Britanniques sont décidément à la fête sur cette Ronde de l'Isard. Après le succès de Huw Buck Jones la veille au Col de Pailhères, c'est ce samedi Mattie Dodd qui a triomphé en solitaire au Mas-d'Azil, pour la quatrième étape. Et voir les coureurs de Bourg-en-Bresse Ain Cyclisme et d'INEOS Grenadiers Racing Academy s'imposer l'un après l'autre est loin d'être une simple anecdote, car les deux hommes se connaissent très bien et sont amis dans la vie. Mattie Dodd est ainsi revenu sur l'amitié qu'il partage avec le leader du classement général, mais aussi cette journée folle pour lui, qui lui permet de connaître enfin le goût de la victoire après des années de disette.


DirectVelo : C'est une victoire prestigieuse en solitaire pour toi !
Mattie Dodd : C’était assez court, donc je savais qu’il fallait juste y aller à fond : trois heures, tout donner, et voir ce qu’on pouvait faire. Et ça a payé, c’est énorme. L’an dernier, j’étais passé tout près de gagner une course à deux reprises, donc enfin réussir et pouvoir savourer le moment dans le dernier kilomètre… c’est génial. C’est ce dont rêve chaque coureur quand il franchit la ligne, donc pouvoir le vivre, c’est incroyable. Je n’avais plus gagné depuis mes années Juniors, donc c'est de loin ma plus grande victoire.

Est-ce que tu avais de grosses attentes ce matin ?
C’était clairement une étape que j’avais ciblée. En regardant le profil, je me suis dit que ça pouvait me convenir. Au départ, il n’était pas prévu que je fasse cette course, mais on m’a annoncé il y a quelques semaines que j’y participerais. J’ai donc regardé les profils des étapes et celle-ci, c’était vraiment celle que j’avais repérée. Je savais que ce type de terrain me convenait, donc oui, c’était clairement un objectif.

« J'AI PU PROFITER DU MOMENT »

Que s’est-il passé exactement, derrière toi ça hésitait beaucoup...
Oui, il y avait ce gros groupe d’environ quinze coureurs. Dans l’avant-dernière ascension classée, j’ai attaqué au sommet pour essayer de partir, mais ça n’a rien donné. J’ai réessayé sur une petite bosse, encore sans succès. Puis j’ai vu que tout était en train de se regrouper sur une longue ligne droite, l’écart était descendu à trente secondes et la coopération n’était pas très bonne. Alors je me suis dit : « Il faut tenter maintenant. Soit ça marche, soit ça ne marche pas. » J’ai réussi à creuser un petit écart, j’ai baissé la tête et je me suis dit : « Quitte à y aller, autant y aller à fond. » Et finalement, ça a marché.

Comment s'est passé ce dernier kilomètre ?
C’était dur. Je savais qu’il fallait simplement garder la tête baissée et essayer d’ignorer un peu la douleur. Ensuite, il y avait cette descente technique dans laquelle je suis allé à fond et j’ai créé un gros écart. Après ça, je n’ai plus vu personne derrière, donc je me suis dit : « Roule comme un contre-la-montre : plus fort dans les montées, plus tranquille sur les portions faciles. » Et ça a parfaitement fonctionné. J’ai pu profiter du moment.

Tu te définirais comme un baroudeur ?
Oui, c’est assez juste. Je sais que mon sprint n’est pas le meilleur et, évidemment, je suis un gabarit plus imposant, donc l’étape d’hier n’était jamais vraiment faite pour moi. Mais ce genre d’étape, avec des petites montées et descentes, ça me convient très bien.

« ON A PASSÉ TOUS LES HIVERS À S'ENTRAINER ENSEMBLE »

Tu connaissais déjà cette course ? Qu’est-ce qu’elle représente pour toi ?
Je ne l’avais jamais disputée auparavant. Bien sûr, je la connaissais, et c’est assez cool parce que Huw Buck Jones est l’un de mes meilleurs amis. Ces dernières années, on a passé tous les hivers à s’entraîner ensemble à Chypre. On se connaît donc très bien depuis les Juniors. C’est vraiment sympa qu’on ait remporté deux étapes en deux jours. Je suis vraiment content pour lui, c’est super, franchement. On raconte plein de bêtises ensemble, mais je ne peux sans doute pas répéter beaucoup des blagues qu’on se raconte (rires).

Comment es-tu venu au vélo ?
Je viens de Londres, du sud de Londres, mais actuellement je vis dans le nord de l’Italie. Je me suis mis au vélo au vélodrome de Herne Hill. Des coureurs comme Fred Wright, Ethan Hayter ou Leo Hayter y sont passés. C’est une excellente école pour apprendre à courir sur piste. J’ai commencé à courir là-bas et, quand on a dix ans, une course du mercredi soir paraît être la chose la plus importante du monde. Mais avec le recul, c’était une expérience d’apprentissage fantastique. Et puis simplement faire du vélo, c’était génial.

Qu’est-ce que ça fait de faire partie d’INEOS Grenadiers, qui est une équipe très emblématique en Grande-Bretagne ?
Oui, c’est vraiment génial. Je me suis mis au cyclisme à peu près au moment où le Team Sky a été fondé. Ça a toujours été une équipe très spéciale pour les Britanniques. Avoir la chance de signer avec eux, c’était un rêve devenu réalité. Et pouvoir aujourd’hui leur rendre la confiance qu’ils m’ont accordée, remercier le staff et mes coéquipiers, c’est quelque chose de vraiment très beau.

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