Eliott Boulet : « Je m’attendais à être l’un des meilleurs français… »

Crédit photo Fabien Lenfant / DirectVelo
Encore une place d’honneur pour la Groupama-FDJ United. Après, notamment, la 2e place de Johan Blanc en milieu de semaine, c’est Eliott Boulet qui a décroché le premier des accessits, ce samedi, à l’occasion de la quatrième étape de la Ronde de l’Isard. Ce dernier a réglé le groupe de poursuite derrière le Britannique Mattie Dodd, sorti en solo à une grosse vingtaine de kilomètres de l’arrivée. Présent dans la zone d’arrivée au Mas-d’Azil, en Ariège, DirectVelo a recueilli la réaction du coureur de 19 ans. L’occasion de faire un point général avec celui qui attendait bien mieux, jusque-là, de son exercice annuel.
DirectVelo : Quel est ton sentiment après cette 2e place ?
Eliott Boulet : Eh bien ça fait ch….. (rires). Ouais, c’est chiant quoi. On a tout bien fait, pendant cette étape mais même plus généralement depuis le début de la semaine. Mais on n’a toujours pas gagné d’étape. Il restera encore une dernière opportunité demain (dimanche) pour les autres gars de l’équipe. Aujourd’hui, je pense avoir tout bien fait. C’est simplement un manque de réussite. Je me suis retrouvé dans l’échappée alors que ce n’était pas prévu, mais j’ai senti que c’était le bon coup. Je ne suis pas beaucoup passé car on jouait aussi le général avec Rémi (Daumas) qui était derrière et je préfère que Rémi gagne le général plutôt que je gagne une étape, c’est la priorité.
Qu’est-ce qui a fait la différence dans le final, lorsque Mattie Dodd est parti ?
Ils étaient plusieurs coureurs d’Astana, de Bourg-en-Bresse, de Lidl-Trek… Alors quand le gars d’INEOS a attaqué, dans une bosse, je me suis dit que les équipes en surnombre allaient réagir. Mais tout le monde s’est regardé. Bon, il mérite de gagner, il était costaud, mais c’est dommage. Je me sentais bien dans les bosses, je suis content. 2e, c’est déjà ça.
« J’AI L’IMPRESSION DE DIRE QUE JE SUIS NUL À CHAQUE FOIS »
Mais c’est encore une place de 2 pour l’équipe…
Pourtant, on court vraiment de façon collective, alors que ce n’est pas toujours le cas. On tourne vraiment bien cette semaine, on court très bien. C’est comme ça, peut-être que c’était écrit.
Comment se passe ta saison jusqu’à présent ?
Pas très bien. J’ai l’impression de dire que je suis nul à chaque fois qu’il y a une interview mais honnêtement, je ne suis pas très content de ma saison jusqu’à présent. Je m’attendais à être l’un des meilleurs français et pourquoi pas l’un des meilleurs U23 au niveau mondial également. Au final, je me retrouve à être Monsieur tout le monde, noyé dans la masse. J’ai quand même gagné la Youngster et fait quelques placettes mais bon… Je n’ai rien fait à Paris-Roubaix puis au Tour de Bretagne, qui étaient deux gros objectifs. Maintenant, j’essaie de me faire plaisir, comme je l’ai fait aujourd’hui. Il reste encore de belles courses comme le Baby Giro, le KBE ou le Championnat de France. Peut-être que ça va sourire sur l’une de ces courses. Mais pour faire une grosse saison, sur l’ensemble de l’année, je pense que c’est mort.
« PEUT-ÊTRE QUE J’AI ÉTÉ AU TOP TROP TÔT DANS LA SAISON »
Comment l’expliques-tu ?
Je ne sais pas. J’étais persuadé d’avoir passé un très bon hiver avec Jimmy (Turgis, son entraîneur, NDLR). J’avais gagné ma première course d’emblée, aux Plages Vendéennes, et j’aurais pu gagner la suivante aussi. Puis j’ai gagné la Youngster. Peut-être que j’ai été au top trop tôt dans la saison. Je ne fais rien sur les courses que je visais, et à l’inverse je marche sur des courses que je n’avais pas forcément cochées.
Cherches-tu à te spécialiser davantage ? Quel type de coureur penses-tu être en train de devenir ?
Je me suis justement posé la question cette semaine (sourire). Quand je vois Jhonatan Narvaez gagner partout, trois fois au Giro sur tous les profils, ça donne envie. J’aimerais être un coureur comme ça mais je ne crois pas que ce soit trop possible. Si je pouvais, dans l’idée, devenir un coureur à la Arnaud De Lie, ce serait bien : passer les bosses mais pas trop longues, et profiter d’une bonne pointe de vitesse. En visant aussi les Classiques type flandriennes, les courses où il faut de la force. Même le chrono, ça me plaît. J’ai été Champion de France de la discipline en Juniors et j’aimerais réussir à le refaire chez les Espoirs aussi. L’année dernière, j’ai essayé de m’améliorer en montagne mais j’ai compris que ça ne serait pas possible (rire).
En savoir plus : coureurs et équipes associés
Coureurs

