« Ce n’était pas improvisé » : Bourg-en-Bresse AC avait préparé son coup

Crédit photo Florian Frison / DirectVelo
Face aux coureurs des équipes de développement, l’équipe de Bourg-en-Bresse Ain Cyclisme a prouvé une nouvelle fois qu’elle n’avait pas à faire de complexe. Ce vendredi, Huw Buck Jones s’est imposé lors de la troisième étape de la Ronde de l’Isard, lui qui n’avait pas couru depuis fin mars en raison d’une chute lors de l'Annemasse Classic. Derrière le grimpeur gallois, ses coéquipiers Adam Howell et Edgar Jorge sont parvenus à entrer parmi les sept premiers de cette étape qui se terminait au sommet du col de Pailhères. À deux étapes de la fin de la Ronde de l’Isard, Huw Buck Jones porte le maillot jaune de leader. Pour DirectVelo, le directeur sportif Christian Milesi est revenu sur cette journée qui restera dans l’histoire du club burgien.
DirectVelo : Victoire d’étape, maillot jaune et trois coureurs dans le Top 10 au général. Quelle journée pour Bourg-en-Bresse Ain Cyclisme !
Christian Milesi : Le bilan est bien sûr positif. Mais il faut bien reconnaître que l’essentiel du travail et la gestion du leadership ont été faits par la Groupama-FDJ, Lidl-Trek et Lotto-Wanty. Globalement, on a profité de leur travail. C’était la stratégie de départ, car on sait que dans la hiérarchie du cyclisme mondial, on est plutôt légèrement en dessous. Le plan aujourd'hui, c'était vraiment de se cacher jusqu'à la dernière ascension. On avait aussi été discrets sur les premières étapes, même si on aurait aimé être un peu mieux sur la première.
Imaginais-tu un tel résultat ?
Aujourd’hui, je ne m’attendais pas à aussi bien, donc tant mieux ! Il faut prendre ce qu’il y a à prendre. Ils ont réussi à mettre au fond sur cette dernière montée. Ça fait des mois qu’on parle de cette ascension et qu’on bosse dessus. Les coureurs n’ont pas déçu, c’est une vraie satisfaction. Ce n’était pas improvisé, c’est quelque chose qu’on avait vraiment préparé.
Même si Huw Buck Jones n’avait plus couru depuis fin mars à cause d’une fracture de la clavicule ?
Quand il était sur son lit d'hôpital après sa chute à Annemasse-Bellegarde, il savait qu’il allait rater des gros objectifs qu’il avait cochés comme Grand Besançon, le Tour du Jura ou la Coupe de France difficile à Arbent. Il a dit : "J'espère revenir à la Ronde de l’Isard". C’était il y a sept semaines exactement. Il n’a pas pu se faire opérer, il a fait toute sa préparation sur home-trainer avec une clavicule bandée et il a repris il y a seulement deux semaines sur route... Gagner aujourd’hui, c’est émouvant et c’est sympa.
« J'ESPÈRE QU’ON AURA DES ALLIÉS »
Il a fait coup double puisqu’il prend le maillot jaune !
Je ne m’attendais pas à avoir le maillot jaune ce soir ! Maintenant, il va falloir gérer ces deux dernières étapes. On a eu l’habitude de gérer beaucoup de maillots jaunes ces derniers temps, notamment sur le Circuit de Saône-et-Loire il y a deux semaines, et ça s’est plutôt bien passé. Mais là, en Classe 2, avec le niveau qu'il y a, ça va être une tout autre paire de manches, stratégiquement et physiquement.
Comment faire ?
Déjà, on va partir sur une stratégie logique de formation pour défendre ce maillot. J’espère qu’on aura des alliés et que ça va sourire, mais je pense que beaucoup d’équipes n’ont pas dit leur dernier mot. Ce n’est pas parce qu’on a été les plus forts aujourd’hui avec un coureur qu’on va réussir à tout gérer jusqu’au bout.
Ce n’est pas le seul coureur de l'équipe bien placé au général !
On a trois mecs dans les dix premiers parce qu’encore une fois, on avait bien "soigné" cette montée. Maintenant, il va falloir qu'ils se découvrent. Il faudra du sacrifice demain (samedi). Je ne sais pas si on va jouer stratégique ou solide. Je ne pense pas que les équipes nous laissent mettre dans l’échappée un mec de l’équipe qui est dans le Top 10. Si c'est le cas, tant mieux, sinon on s'adaptera. On a une étape qui s'annonce assez compliquée à gérer. L’avantage qu’on a, c’est qu’il y a déjà eu des écarts de faits. La théorie, on la connaît : une échappée avec des mecs loin au général qui s’en va, on la laissera filer. On ne veut pas forcément gagner l’étape de ce samedi. Mais il y a des équipes qui vont essayer de jouer sur la seconde moitié de course en testant notre solidité. On verra bien qui gagne. L'équipe a tout à prouver demain (samedi).
