Artem Fofonov : « On ne s'y attendait pas »

Crédit photo Fabien Lenfant - DirectVelo
C'était la journée de XDS Astana sur la Ronde de l'Isard. Avec la victoire de Ludovico Mellano, devant son coéquipier Mattia Negrente, la réserve de la WorldTeam kazakhstanaise a même complété sa belle journée avec un tir groupé. Parmi les coureurs aux avant-postes, Artem Fofonov en a terminé dans le Top 5 au terme de la bosse d'arrivée. Comblé comme ses coéquipiers, le Français est revenu au micro de DirectVelo sur ce départ idéal, lui qui sort du Tour de Hongrie chez les pros.
DirectVelo : C'est un joli tir groupé pour l'équipe, et tu en fais partie !
Artem Fofonov : Je me suis un peu surpris aujourd'hui. On savait que l'équipe était forte, de là à faire 1, 2, 5 et 9, on ne s'y attendait pas. On était là dans les moments clés et puis ça motive de voir tout le monde devant. On est tous allés jusqu'à la ligne et ça fait ça comme résultat. C'était quand même une dure journée. Il commençait à faire chaud, c'était assez nerveux aussi dans le final. Demain (jeudi) sera un profil un peu plus plat, qui pourrait nous convenir, mais on verra déjà comment la course se passe. On a de la chance d'avoir des cartes un peu sur tous les terrains sur cette course. Que ce soit au sprint, au punch ou dans les bosses.
Avant l'étape, qu'est-ce que vous aviez prévu ?
Les gars sont tous en forme, mais on a voulu quand même bien structurer les choses, essayer de couvrir les échappées dangereuses, puis essayer d'économiser les forces durant l'étape. Sur la fin, il fallait qu'on monte tous ensemble vers le passage technique du pont à 3 km de l'arrivée. Et à partir de là, tout a fonctionné parce qu'on était tous devant. Ça s'est étiré et on est tous allés jusqu'à la ligne à fond. La clé, c'était le placement. La ligne arrivait quand même assez vite après ce pont. Je ne dirais pas qu'on a gagné grâce à ça, mais la victoire s'est construite là.
« ÇA FAIT PARTIE DE CE QU'ON ATTEND DE NOUS CHEZ LES PROS »
La journée n'avait pas été mouvementée jusqu'au final, comment était-ce dans le peloton ?
C'était un peu en deux temps parce qu'il y avait la bosse du début où ça a commencé un peu à s'exciter au début. Ça s'est monté à un très bon rythme et ça s'est posé après. Après, toute l'étape, visuellement ça ne roulait pas trop. Mais le parcours faisait que c'était quand même assez casse-pattes. Il y avait des virages donc c'était tout le temps en prise. Sur la fin, avec la grande route, on était tous un peu tassés. C'était très, très nerveux, et ça s'est bien débridé sur les dix derniers kilomètres, ça allait à fond.
Tu es dans une belle dynamique actuellement...
Oui, ça reste une bonne période. Je monte en puissance avec le Tour de Hongrie (10e) et le Loir-et-Cher (13e) juste avant. Donc il faut en profiter, il faut continuer à progresser. Maintenant ça fait partie de ce qu'on attend de nous chez les professionnels.
« DEUX TYPES DE COURSES DIFFÉRENTS »
Tu sors d'une épreuve professionnelle, et tu enchaînes avec une course Espoirs. Ressens-tu une grande différence ?
Les courses sont vraiment très différentes. Chez les pros, c'était beaucoup plus rouleau compresseur, beaucoup plus contrôlé. Là, il y a le droit aussi à un peu plus d'aléas. Chez les pros, ça roule un peu tranquille, et à la fin, ça bombarde. Ici, des fois, ça peut attaquer au milieu de la course, on ne sait pas trop, il y a beaucoup moins de contrôle. Il y a la différence de niveau physique. Sur ce genre de course, je trouve ça difficile à gérer, parce que la tactique à mettre en place est différente, avec des efforts beaucoup plus violents, où il faut s'arrêter, repartir, s'arrêter, repartir. C'est vraiment deux types de courses différents.
Et au niveau de la pression ? L'attente est différente entre les deux épreuves...
Encore une fois, c'est vraiment très différent. La météo est différente, les coureurs sont différents, la longueur est différente, les parcours sont différents. Pour moi, c'était une très bonne expérience en Hongrie, mais maintenant, c'est quelque chose que j'ai laissé de côté pour me concentrer sur la Ronde de l'Isard et je ferai le point ensuite.
« IL FAUT S'ESTIMER CHANCEUX »
Comment t'organises-tu, entre ta vie en France et la vie avec l'équipe ?
On a de la chance que l'équipe organise ça idéalement. J'ai un aéroport à côté de chez moi, donc pour les voyages, ça se passe le plus souvent en avion. Ça fait quand même de très gros déplacements. Là, je reviens du Tour de Hongrie il y a deux jours. Au niveau de la récupération, des fois, ce n'est pas le plus optimal, mais il faut s'estimer chanceux de pouvoir faire ce genre de courses. Là, de pouvoir enchaîner, c'est plutôt sympa. On se retrouve avec l'équipe aux endroits des courses. C'est très rare qu'on coure en France, je vais profiter de la Ronde de l'Isard ici. J'habite à Clermont-Ferrand, ce n'est pas très loin de là où on a pris le départ aujourd'hui, donc ça fait plaisir.
Il y a quand même un vrai accent français dans l'équipe !
Oui, on a quelques personnes françaises, puis même chez les pros, j'ai eu la chance de courir avec Clément Champoussin en début d'année. Ça fait toujours plaisir. C'est intéressant, d'ailleurs, parce qu'à Astana, généralement, il n'y a pas trop de Français. Il y avait des francophones, mais il n'y avait pas de Français. Maintenant, oui, il y a une ouverture sur les Français, ça fait vraiment plaisir, et j'espère qu'il y en aura peut-être d'autres encore dans le futur. Quand on se retrouve avec le staff, avec des personnes qui parlent français, on se sent un peu comme à la maison. L'équipe est très cosmopolite, dans l'équipe de développement aussi, donc on arrive un peu à s'adapter à toutes les cultures quand on va sur les courses.
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