Axel Mariault : « J'aurais sans doute pu tenir plus longtemps »

Crédit photo Xavier Pereyron / LNC

Crédit photo Xavier Pereyron / LNC

C’est une échappée comme bien d’autres qui a longtemps semblé vouée à l’échec. Et pourtant, à la faveur de conditions météorologiques bien difficiles et d’équipes de sprinteurs qui se sont trop regardées dans le blanc des yeux, Axel Mariault n’est pas passé si loin de réaliser un gros coup lors de la Classique Dunkerque, ce mardi. Repris par un Artem Shmidt sorti comme une balle dans le final, le sociétaire de la formation CIC aurait pu accrocher un podium s’il était parvenu à tenir la roue de l’Américain, lequel n’a pas hésité à prendre des risques pour résister jusqu’au bout - avec aisance, force et panache - au retour de la meute. Mais il ne restait plus une goutte d’essence dans le moteur d’Axel Mariault, pas loin de partir à la faute et complètement vidé après un long périple à l’avant. Malgré quelques regrets, le coureur de 27 ans s’est fait plaisir dans un raid à l’avant dont il n’a pas l’habitude. Entretien.


DirectVelo : As-tu eu le temps d’y croire sur cette Classique Dunkerque ?
Axel Mariault : Y croire, je ne sais pas trop. On a pris le vent de face 80% du temps. On ne roulait pas très vite et les relais revenaient vite. Mais j’avais deux gars costauds avec moi à l’avant. Mon coéquipier (Jonas Walton, NDLR) est un vaillant et Léandre (Huck) est un habitué des longs raids lui aussi, qui n’a pas tendance à plier des ailes. Au début de l’échappée, je lui ai demandé s’il enchaînait avec les 4 Jours de Dunkerque. Il m’a répondu que non, comme moi, et on s’est dit qu’on pouvait vraiment tout mettre (rire). On a essayé de se répartir intelligemment les classements annexes pour que personne ne rentre bredouille. Tant qu’à faire, ça évitait aussi de laisser du jus à se faire les sprints. 

Tu es reparti seul dans le final…
Je me sentais vraiment très bien. J’aurais aimé que Léandre m’accompagne, il aurait pu être utile pour aller plus loin à deux mais j’ai lu son interview où il explique qu’il a eu une grosse fringale. J’ai moi aussi manqué d’alimentation et de carburant dans le final. Pas autant que Léandre, ce n’était pas une grosse fringale, mais j’ai fini dans le dur. C’est dommage car comme l’a dit Léandre, c’est vrai que les conditions météos n’étaient pas cadeau et ça aurait pu le faire car ils étaient sans doute occupés à aller chercher des vestes à la voiture à l’arrière, alors qu’on ne se posait pas de questions devant.

« SUR UN DROITE-GAUCHE, IL M’A MIS VINGT MÈTRES »

Léandre Huck regrettait également que nous n’ayez été que trois à l’avant…
Je me suis fait la même réflexion que lui. Je ne comprends pas trop certaines équipes qui n’ont pas cherché à mettre un pion à l’avant. Il y avait moyen de rivaliser en étant cinq ou six. Et d’un autre côté, le peloton aurait peut-être réagi différemment également. On ne le saura jamais. Mais c’est à vrai qu’à trois, ce n’était pas simple. On a dû accélérer tôt mais on n’avait pas les moyens de trop en remettre non plus.

Puis Artem Shmidt est revenu comme une balle dans le final ! On a le sentiment qu’il t’a sorti de la roue en prenant de gros risques dans la descente, sur une chaussée mouillée ?
Oui, il me sortait dans chaque relance. Je ne sais pas combien il pèse (1m91 pour 76 kg, NDLR) mais c’est un beau bébé. Il n’avait pas fait d’efforts de la course, il était beaucoup plus frais que moi, forcément. Mais je me sentais relativement bien, encore. J’aurais sans doute pu tenir plus longtemps mais sur un droite-gauche, il m’a mis vingt mètres. Il s’est retourné, a vu que je n’étais pas dans la roue et a insisté pour me sortir. J’ai réussi à rentrer une première fois mais il en a encore remis et là, c’était fini.

« JE ME SUIS FAIT PEUR PLUSIEURS FOIS »

As-tu des regrets ?
Des gars de l’équipe m’ont dit qu’ils ont couru avec lui chez les jeunes et que c’est un vrai kamikaze. Il virait vraiment sur les genoux mais il a eu raison, c’est sûrement ça qui lui permet d’aller au bout. De mon côté, je me suis fait peur plusieurs fois, j’ai failli tomber en essayant de le suivre. Il y a quand même une petite frustration car il va au bout. En gérant un peu mieux ma journée, qui sait… Mais il était vraiment très fort. Quand j’ai été repris par le peloton, que j’ai vu comment ça se passait, je me suis dit qu’ils n’allaient jamais le revoir. De mon côté, j’ai passé quasi 200 bornes devant, j’ai développé des puissances que je n’avais jamais faites sur trois-quatre heures, et même sur 30-40 minutes dans le final. Et puis, même si j’avais pu accrocher la roue, aurait-il roulé sans me demander de passer ? Aurait-on pu aller au bout ? Ce n’est pas sûr. Je me suis fait plaisir à l’avant, c’est déjà ça. Je suis content de ma journée.

C’est la fin d’un bon bloc pour toi. Tu as cumulé les accessits, en second rideau, ces dernières semaines. Quel bilan tires-tu de la dernière série de courses d’un jour ?
J’espérais mieux, notamment des dernières courses. Si on reprend dans l’ordre, j’étais content à Besançon (10e) car c’était une course de reprise après un très bon début de saison. Au Tour du Jura, j’ai cassé mon dérailleur au pire moment, quand la course a explosé. La voiture était très loin et c’était fini pour moi. J’étais très déçu car j’avais de super jambes ce jour-là. Au GP du Morbihan, j’étais content de faire 10 car j’étais parti de très loin au pied de Cadoudal mais j’ai fait une super montée. Par contre, j’attendais beaucoup de l’enchaînement Finistère-Aulne et j’en suis ressorti très déçu. Je n’ai pas réussi à faire ce que je voulais. Les Boucles de l’Aulne, c’est vraiment la course sur laquelle je misais le plus mais il m’en a manqué quand le bon coup de huit coureurs est sorti. J’étais très déçu. Et puis voilà, Dunkerque… Je ne vais pas cacher que ce n’est pas la course de l’année que j’attendais le plus mais finalement, ça restera une journée marquante de ma saison. Je vais maintenant me tourner vers les Boucles de la Mayenne, où j’espère performer sur l’étape-reine, puis sur la Mercan’Tour Classic. Il n’y a pas de cols à grimper en Bretagne mais je m’étais bien débrouillé à la Montagne de Lure en début de saison (au Tour de la Provence, NDLR) alors pourquoi pas. 

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