Dorian Godon : « J’avais vraiment la rage »

Crédit photo Nicolas Gachet / DirectVelo

Crédit photo Nicolas Gachet / DirectVelo

Déçu d’avoir terminé 2e la veille, derrière Tadej Pogacar, Dorian Godon était “revanchard” ce vendredi au départ de la troisième étape du Tour de Romandie. Le plus difficile pour le coureur d’INEOS Grenadiers était de ne pas passer trop loin du peloton au sommet du col du Mollendruz, alors qu’il restait 32 kilomètres pour rejoindre l’arrivée. Bien que distancé, il a réussi à revenir grâce au travail de ses coéquipiers. Et contrairement à la veille, le Champion de France s’est imposé, trois jours après son succès sur le prologue de l’épreuve romande. DirectVelo a assisté à la conférence de presse du Rhodanien.


DirectVelo : Qu'est-ce qui a changé par rapport au sprint de la veille où tu avais terminé 2e derrière Tadej Pogacar ?
Dorian Godon : Hier (jeudi), il y avait une bosse vraiment dure à 5 kilomètres de l'arrivée. J'avais pris de mauvaises décisions dans le final. Il y avait du vent de face et il (Tadej Pogacar) était juste plus frais et plus fort que moi. Aujourd'hui, j'ai pu mieux gérer ma montée même si j'étais à bloc. J’étais revanchard comme je n’aime pas trop faire 2e. J’étais désolé pour l’équipe… Tout le monde m’a bien motivé aujourd’hui.

Comment as-tu vécu la montée du Mollendruz ?
J’ai pété mais je n’étais pas super loin. Je n'ai pas eu le temps de douter. Je me suis concentré sur mon effort sans regarder les watts. J’ai lâché avant la mi-bosse car c’était vraiment raide. Red Bull-BORA a mis un gros coup de vis, mais quand j'ai vu mes coéquipiers m'attendre, j'étais confiant pour rentrer dans la descente. Bob (Jungels) a roulé pendant quatre bornes. Puis AJ (Andrew August) et Laurens (de Plus) se sont relevés. On a roulé à trois dans la descente pour revenir. Ils ont ensuite roulé directement pour aller chercher les trois échappés. C’est encore plus beau quand c’est une victoire collective. Ils se sont mis à 300% pour moi. Je ne devais pas me rater !

« C’EST UN PEU BIZARRE LA MENTALITÉ HUMAINE »

Comment as-tu géré ton sprint ?
Une fois rentré, j'ai essayé de me faire oublier à l'arrière du groupe pour récupérer. Puis je me suis remis dans la course. Le sprint était un peu décousu. Felix Grosschartner a tenté de partir, je l'ai suivi pour que personne ne sorte, puis un Movistar a attaqué. Carlos Rodríguez, qui est pourtant 7e du général, a fait un super boulot à la fin, même si on ne s'est pas trop compris sur le moment, ça l'a fait quand même.

Tadej Pogacar a dit que tu avais davantage gardé ton sang-froid par rapport à la veille…
Oui, j’ai attendu plus longtemps. J’avais un braquet de 56, ça aide bien. Je suis content d’avoir gagné alors qu’il y avait cette bosse. Je me suis bien accroché puis j’ai pu récupérer contrairement à hier où le sprint arrivait juste après. Je ne sais pas si c’est lié au sang-froid mais quand tu es plus frais, ça aide quand même. Je n'étais pas content d'être 2e hier car j'aime gagner. Une fois qu'on commence à gagner, on en veut toujours plus. C’est un peu bizarre la mentalité humaine. Ramener cette victoire pour mes coéquipiers aujourd'hui me fait vraiment plaisir. Tout le monde me donne sa confiance et croit plus en moi que moi-même. C’est juste trop bien. Perdre n'était simplement pas une option aujourd'hui.

Sens-tu plus de confiance que tu en as eu par le passé ?
C'est une mentalité différente. Il n'y a pas de stress. Si je ne passais pas la bosse aujourd'hui, c’était comme ça… Si je passais à 40 secondes, on relevait l’équipe. Tout le monde me pousse vers le haut, le staff compris. C'est ce que je recherche. J’ai besoin de la confiance des autres. Je suis très heureux.

« ENVIE DE LE GARDER À VIE »

Avec le chrono par équipes de Paris-Nice, tu en es déjà à six victoires cette saison !
Je ne peux pas espérer mieux et en plus avec le maillot bleu-blanc-rouge sur le dos. Aujourd’hui, j’avais vraiment la rage. C'est l'une de mes plus belles victoires d'un point de vue collectif. Voir le visage de mes coéquipiers après l'arrivée me rend aussi heureux que la victoire en elle-même.

Ce maillot de Champion de France semble te donner des ailes...
Pour moi, c'est le deuxième plus beau maillot après celui de Champion du Monde. Je suis fier d'être Français, le kit est magnifique même si je ne me regarde pas pédaler. (sourire) J'ai envie de le garder à vie, même si je sais que ça ne sera pas trop possible… J’en profite !

Sachant que tu seras sur le Tour de France, seras-tu présent pour le défendre au prochain Championnat de France ?
Bonne question ! Ça se négocie. Pour le moment, je n’en ai aucune idée mais dans ma tête, je vais au Championnat de France. 

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