Dorian Godon : « Je dois être un peu fou dans les virages »

Crédit photo Nicolas Gachet / DirectVelo

Crédit photo Nicolas Gachet / DirectVelo

Il y a deux ans, Dorian Godon s’offrait ses premiers succès en WorldTour à l’occasion du Tour de Romandie. Ce mardi, il s’est imposé de nouveau sur l’épreuve suisse en dominant le prologue disputé à Villars-sur-Glâne sur une distance de 3200 mètres. Parti en 23e position, l’attente dans le hot-seat a été longue pour le Rhodanien d’INEOS Grenadiers. “J’ai fait ce que j’avais à faire. Ça ne dépend plus de moi désormais. Le fauteuil est confortable, il y a de bonnes boissons. Il y a juste à attendre”, plaisantait-il auprès de DirectVelo en attendant l’arrivée des autres concurrents. Personne n’aura donc amélioré sa marque. Ce qui lui permet de se vêtir de jaune et de porter à quatre son nombre de succès cette saison. DirectVelo était présent à sa conférence de presse.


DirectVelo : Après deux étapes en 2024, tu remportes cette fois-ci le prologue du Tour de Romandie !
Dorian Godon : Quand j’ai vu le parcours du Tour de Romandie, je me suis demandé pourquoi j’allais le faire (sourire). ll n’y a pas vraiment d’étapes qui arriveront au sprint cette année. J’avais donc à cœur de briller aujourd’hui. J’ai eu des ennuis mécaniques sur l’Amstel, je voulais faire mieux que 13e. J’étais un peu revanchard. C’est le dernier bloc de la première partie de saison avant une petite coupure. Je ne suis peut-être pas aussi en forme qu’au Tour de Catalogne, mais j’ai à cœur de briller. Je me suis bien concentré sur le chrono, sans forcément le bosser spécifiquement mais pour le Tour de France, on travaille le contre-la-montre par équipes. Je suis content de ma position sur le vélo. Je suis parti au sprint car le début était en descente. J’ai essayé d’être au max aéro avant la partie raide.

« ÇA M’AURAIT FAIT CHIER DE FAIRE 2E »

As-tu fait le chrono parfait ?
Dans le virage, en bas, j’ai cru perdre ma chaîne. J’ai perdu au moins une seconde car je n’ai pas relancé directement. Mais j’étais content de ma performance en franchissant la ligne. C’est vraiment un effort que j’apprécie. Je dois être un peu fou dans les virages… J’ai sûrement pris plus de risques que Tadej Pogacar, sinon, je n’aurais pas gagné. C’est top ! 

Cette course te rappelle de bons souvenirs…
C’était un déclic. Je n’avais jamais gagné en WorldTour jusque-là et depuis, il y en a eu d’autres. Je vois que je suis capable de faire de belles choses. J’ai eu un caractère de gagneur, ça m’aurait fait chier de faire 2e aujourd’hui. Je suis vraiment content ! Ce n’est jamais simple de gagner en WorldTour. Prendre tous les maillots en faisant juste trois kilomètres, c’est quand même cool. 

« L’AVENIR S’ANNONCE RADIEUX »

Ton intégration a été ultra-rapide dans l’équipe…
Tout le monde est très content de moi. Je suis quelqu’un de simple à vivre. Tout s’est fait naturellement. L’équipe me donne de la confiance. Elle croit en mon potentiel. Dès le début de la saison, elle a roulé pour moi lors de la Drôme Classic, près de chez mes parents, alors que je n’avais pas encore gagné jusque-là. Parfois, le plus dur est la première victoire et après tout est aligné. 

Après une étape de Paris-Nice, deux sur le Tour de Catalogne, tu poursuis ta série…
Maintenant, j’espère gagner au moins une étape dans chaque course. Ce n’était pas forcément ce qui était prévu en début d’année donc ça serait vraiment cool. On verra au Dauphiné. J’ai aussi en tête le chrono par équipes du Tour de France à Barcelone. C’est une ville que j’apprécie, même si je pense qu’on n’aura pas le temps de visiter la Sagrada Familia. L’avenir s’annonce radieux, avec le nouveau sponsor Netcompany qui a été annoncé aujourd’hui.

« JE SUIS RETOURNÉ À L’ESSENTIEL »

Tu continues de passer des paliers…
Je progresse chaque année. Cette saison, on a axé le travail sur le punch, les efforts de 30 secondes, une minute… Par rapport à Decathlon, il y a peut-être moins cette volonté à ce que je grimpe absolument. Ça me faisait perdre un peu mon punch. Je suis retourné à l’essentiel. 

Comment imagines-tu la suite de ce Tour de Romandie ?
Pour les prochains jours, on a des étapes en circuits, des petites routes. Ça risque de faire une course bim-bam-boum comme on n’est que 100. Pour moi, il y a la deuxième étape, et peut-être la troisième. Je serai peut-être un peu marqué mais je ne suis pas le meilleur grimpeur de la course et s’il y a une arrivée en petit comité, je suis l’un des plus rapides. Comme je le disais, l’équipe me fait confiance. Si j’arrive à donner le meilleur de moi-même, je ne serais pas forcément déçu. Les résultats viendront. 

Mots-clés

En savoir plus

Portrait de Dorian GODON