Julien Jurdie : « Paul va encore progresser »

Crédit photo A.S.O / Billy Ceusters
Journée frisson pour Julien Jurdie et l’ensemble du staff de la formation Decathlon CMA CGM. Dimanche, le directeur sportif historique de la WorldTeam française a vu son jeune poulain Paul Seixas tenir tête à l’ogre Pogacar dans le final de Liège-Bastogne-Liège, avant de finir par céder dans les pentes de la Roche-aux-Faucons, à 14 bornes de la ligne. Le Lyonnais a tout de même décroché une deuxième place mémorable. Présent sur la Doyenne, DirectVelo a recueilli la réaction de Julien Jurdie après la course. Entretien.
DirectVelo : Paul Seixas est parvenu à tenir la roue de Tadej Pogacar durant l’ensemble d’une Redoute qui s’est pourtant montée à un rythme supersonique - en témoigne l’écart au sommet avec le reste des prétendants à la victoire -. Il a ensuite craqué à mi-pente de la Roche-aux-Faucons puis termine à la 2e place. Quel bilan tires-tu de cette journée qui fera date ?
Julien Jurdie : C’est une grande satisfaction aujourd’hui (dimanche). On est sur un Monument alors forcément, c’est une grande fierté de voir Paul sur la deuxième marche du podium aujourd’hui. On savait que ce serait une course très difficile, tant de par la longueur que la difficulté, et la concurrence. Pour autant, on avait déjà vu Paul Seixas très fort à la Flèche Wallonne mercredi et on faisait partie des favoris aujourd’hui.
« ON PRÉFÉRAIT Y VOIR PLUS CLAIR »
La course était franchement mal partie avec cette invraisemblable échappée d’une cinquantaine de coureurs qui est partie sans vous…
On a pris nos responsabilités derrière cette très grosse échappée. On n’a pas hésité à donner un coup de main aux UAE, avec un très gros relais de Stan Dewulf puis Antoine L’hote qui a pris la suite. Tout est rentré dans l’ordre et ensuite, on voulait avoir un bon positionnement et beaucoup plus de clarté à Wanne. On sait que c’est difficile d’enchaîner le toboggan Wanne, Stockeu, Haute-Levée et Rosier avec un gros peloton. On préférait y voir plus clair et ne pas avoir un peloton trop important. Ensuite, la mission la plus importante était de mettre Paul dans la roue de Pogi au pied de la Redoute. Ça a été le cas.
Puis les deux hommes ont écrasé la concurrence dans la Redoute !
On a vu les jambes de feu de Paul qui a réussi à accompagner « Pogi ». Il a manqué quelques centaines de mètres dans la Roche mais bon, honnêtement, je pense qu’il n’y a pas de regrets à avoir. C’était une superbe journée pour l’équipe.
« ON A LIVRÉ LA BATAILLE QUE L’ON DEVAIT LIVRER »
Comment as-tu vécu cette ascension folle ?
Quand on a vu qu’il était capable de tenir la roue… On avait quand même l’appréhension qu’il lâche sur le haut de la Redoute car même s’il avait lâché à 100 mètres du sommet, ça aurait été fini. Mais une fois qu’il a tenu jusqu’au haut, on s’est dit que ça irait jusqu’au bout pour faire une bonne performance. Il restait encore un round à tenir, dans la Roche-aux-Faucons. Malheureusement, c’était un peu trop long. Mais on a livré la bataille que l’on devait livrer collectivement comme individuellement.
Qu’a-t-il manqué ?
On reste sur un format de Monument, où l’on approche des six heures de course. Paul n’en a pas l’habitude. Malgré tout, ça reste donc une superbe performance de la part de Paul. Il ne faut surtout pas minimiser un podium sur Liège-Bastogne-Liège. Peut-être qu’il a manqué encore d’un peu d’énergie après six heures de course, on va débriefer tout ça. Dans tous les cas, il est tout jeune. Paul va encore progresser dans beaucoup de domaines, et l’avenir lui appartient.
