Clément Berthet : « Pas inquiet pour la suite »

Crédit photo Zoé Soullard / DirectVelo
Il aura dû patienter jusqu’à la Classic Grand Besançon Doubs le 17 avril dernier pour enfin lancer sa saison. Arrivé pendant l'hiver à la Groupama-FDJ United, Clément Berthet a été de longues semaines sur la touche en raison de douleurs à un genou. Classé 8e à domicile le premier jour au sommet de la Malate pour sa reprise, il avait pris le lendemain la 15e place du Tour du Jura bien qu’il ait été lâché assez loin de l’arrivée. Des résultats plutôt encourageants alors qu'il n'avait que cinq vraies semaines d’entraînement dans les jambes. Le Jurassien de 28 ans, présent cette semaine au Tour de Romandie, a fait le point au micro de DirectVelo.
DirectVelo : Que retiens-tu de ton prologue du Tour de Romandie ?
Clément Berthet : Ce n’était pas terrible. J’ai eu du mal à appréhender l’effort même si je me sentais plutôt bien physiquement. Je me dis souvent après un prologue que j’en ai peut-être un peu trop gardé. Je retiens que les sensations sont plutôt bonnes, surtout que je n’ai pas pu trop bosser ce genre d’effort. Je pense être sur les bons rails pour la suite.
Quel bilan as-tu fait de ta reprise à domicile il y a presque dix jours ?
Ce n’était pas tip-top. Les sensations étaient bizarres. Il y a des moments où j’avais vraiment beaucoup de mal mais j'ai quand même fini les deux courses correctement. J’aurais bien aimé être un peu mieux mais ça faisait déjà tellement du bien de refaire du vélo normalement. J’ai pu me lancer avec l’équipe, prendre des automatismes et voir du monde. Je n’avais fait qu’un stage cet hiver alors je suis très content d’avoir pu enfin démarrer ma saison. Depuis les deux courses, je me sens beaucoup mieux à l’entraînement. Je n’étais pas super confiant avant les courses en Franche-Comté. Je le suis maintenant un peu plus même s’il me manque encore un peu de fond. Je suis assez content de ma forme.
Qu’attends-tu cette semaine du Tour de Romandie ?
J’ai envie de retrouver de bonnes sensations, de me faire plaisir et de voir ce que ça donne dans un scénario qui risque d’être cadenassé avec la présence de (Tadej) Pogacar. La première étape va être assez limpide, avec un col en cours d’étape, ça va permettre de se tester. Ensuite, on adaptera si je suis ou non dans le match pour le général. Pourquoi ne pas faire de belles échappées, comme j’ai déjà pu le faire ici.
« JE CONNAIS MIEUX LA CELLULE MÉDICALE QUE LES COUREURS »
Comment as-tu vécu toute cette période sans course ?
Le plus dur a été au début. Tu espères reprendre rapidement, tu vois les courses qui approchent… Ça a été mieux mentalement quand on a dit avec l’équipe qu’on allait oublier le calendrier de courses et que je reprendrai quand ça ira mieux. Ce n’était pas facile de voir les copains courir, surtout avec le changement d’équipe j’avais vraiment envie d’être en course. J’ai déménagé entre-temps, ça m’a occupé l’esprit. Mentalement, ça va beaucoup mieux depuis que j’ai pu pratiquer mon métier normalement. On a une routine de coureur pro. Quand tu en es éloigné et que ce n’est pas en raison de la coupure, ça fait quand même bizarre.
As-tu eu une explication à cette blessure ?
C’est un tout. J’ai changé de matériel. J’ai refait la position en vélo de contre-la-montre. J’ai commencé à être embêté le 1er janvier. J’ai enchaîné plusieurs blessures au genou gauche. J’ai roulé correctement en janvier mais ça a été très compliqué en février et mars où j’ai dû couper plusieurs fois. J’ai fait des semaines très light. L’équipe m’a bien encadré et accompagné. On voit qu’il y a un gros savoir-faire. Je connais mieux la cellule médicale que les coureurs (sourire). Au début, on se disait pourquoi pas reprendre au Tour du Pays Basque mais j’étais trop juste et aller là-bas sans être en forme, ce n’est pas un cadeau. On s’est dit que ça pouvait le faire pour le week-end franc-comtois avant de refaire un stage en altitude plus tard.
« ÇA NE SE REFUSE PAS »
Comment vois-tu la suite ?
Je pense que je peux dire que maintenant, c’est derrière moi. Je n’ai plus de douleurs. Je peux m'entraîner et courir normalement, c’est le principal. Je ne suis pas inquiet pour la suite. Il me faut encore un peu de temps. Je ne suis pas à la rue mais il m’en manque sur les efforts violents. Il y a peut-être des petits réglages à faire sur l'entraînement, là aussi tout est nouveau. On apprend à se connaître avec mon nouvel entraîneur.
À cause de cette blessure, tu ne seras pas présent au Tour d’Italie où tu devais occuper le rôle de leader pour le classement général…
C’est d’un commun accord avec l’équipe. On a abordé le fait de ne pas y aller en même temps. Je voyais l’échéance approcher et je commençais à peine à pouvoir rouler normalement. Je me disais que pour y aller avec de l’ambition, la préparation allait être juste. Je suis un peu déçu de ne pas faire le Giro, c’était une belle opportunité. La sélection n’est pas officielle, il faut que je fasse ma place mais normalement, je ferai en revanche le Tour de France et la Vuelta. Ce n'était pas prévu mais l’équipe a été réarticulée pour le Giro.
Il y a pire…
Ça m’allait de faire un break avec le Tour et d’être au Giro cette saison. Mais bien sûr, quand on te propose un projet Tour de France, ça ne se refuse pas (sourire).
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