« Peu importe mon âge » : Paul Seixas, du Kylian Mbappé dans le texte

Crédit photo A.S.O. / Jennifer Lindini

Crédit photo A.S.O. / Jennifer Lindini

Mais où va donc s’arrêter Paul Seixas ? Archi-dominateur sur les routes du Tour du Pays Basque pour devenir le premier Français à gagner une course par étapes WorldTour depuis près de vingt ans, le Lyonnais vient de remporter, ce mercredi après-midi, la Flèche Wallonne dès sa première tentative. Il devient ainsi, à 19 ans, le plus jeune vainqueur de l’histoire de la Classique belge.


SURPRIS MAIS DÉJÀ LA TÊTE À LIÈGE

“Honnêtement, ces stats-là, ça ne m’intéresse pas. Ce n’est pas de façon péjorative que je le dis mais c’est simplement que, peu importe mon âge, le plus important, c’est de gagner”, a balayé le lauréat auprès de DirectVelo, en conférence de presse d’après-course. Une phrase qui n’est pas sans rappeler, dans les grandes lignes, celle d’un illustre footballeur français. Le leader de la formation Decathlon CMA CGM considère-t-il déjà comme normal de l’emporter au sommet du Mur de Huy ou se surprend-il tout de même ? “Je me suis surpris dans le mur, quand même, sur un type d’effort différent de ce que j’ai l’habitude de faire. C’est une très belle surprise”.

Pas question pour autant d’en faire des tonnes, tant le garçon semble en mission et le regard déjà tourné vers le prochain rendez-vous, toujours en terres belges. “Je ne me rends pas tout à fait compte de ce qu’il vient de se passer mais après, c’est sûr que je suis déjà focalisé sur Liège. Les objectifs s’enchaînent, il faut rester concentré et c’est pour ça que je reste pragmatique. Mais je suis bien sûr hyper content de cette victoire”.

UNE PLAIE ROUVERTE… SANS CHUTE

Cette victoire de prestige, Paul Seixas l’a construite d’une façon “bien différente” de ce qui avait été imaginé et espéré. “J’avoue qu’on avait un plan ce matin. On espérait mettre un place un lead-out dans le mur. On a directement mis Noa (Isidore), Antoine (Lhote) et Stan (Dewulf) pour contrôler l’échappée. Ils ont vraiment fait un beau travail. Après, ça frottait énormément pendant 100 bornes, c’était très usant physiquement comme mentalement. Le plan, c’était que Léo (Bisiaux) roule jusqu’au kilomètre, puis Jordan (Labrosse) dans les 200-300 premiers mètres du mur, puis Paul (Lapeira) jusqu’aux 400 mètres. Mais on ne peut pas toujours exécuter un plan à la perfection, surtout sur une course où le placement est chaotique”, détaille-t-il en toute transparence.

Il a donc fallu improviser. “J’ai réussi à me faufiler. Jordan a fait son travail à merveille, les autres ont été pris dans la boule. Ça a beaucoup frotté et dans la bosse, je l’ai fait au feeling. J’ai regardé qui il y avait autour de moi, j’ai jaugé mes adversaires et j’ai vraiment fait mon effort à 300 mètres de la ligne”. Le tout avec un coude en sang, qui a fait penser à tous les suiveurs que le garçon était tombé. Il n’en a rien été. “Il n’y a pas eu de chute. C’était d’anciennes blessures et quand ça a frotté dans le peloton, ça s’est ré-ouvert”.

DES REPÈRES UTILES EN ARDÈCHE  

Cette victoire prouve aussi, s’il en était besoin, que
Paul Seixas brille également sur des efforts courts et intenses, de pur puncheur. “J’avais pris quelques repères l’an dernier en fin de saison, dans le Val d’Enfer, lors du Championnat d’Europe. J’étais content de pouvoir me tester sur des efforts courts de puncheur”. Ce succès, enlevé haut la main, aura fini de le convaincre qu’il est aussi extrêmement fort sur ce type d’efforts si spécifiques.

Place donc, désormais, à Liège-Bastogne-Liège. Et après la nouvelle démonstration du jour, tous les espoirs semblent permis pour le tricolore. “Ça met en confiance, c’est sûr, mais il y aura d’autres adversaires très forts qui n’étaient pas ici”. Nul doute que Remco Evenepoel et Tadej Pogacar prendront très au sérieux leur rival français en fin de semaine. 

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