Antoine Dejoie : « Ce chrono, je l’avais coché »

Crédit photo Nicolas Mabyle / DirectVelo
Antoine Dejoie avait tout prévu, tout calculé, tout imaginé. Venu en repérage sur les routes de l’Ardèche méridionale pendant l’hiver, le Junior 1ère année avait coché le rendez-vous de la Flèche Ardéchoise, le week-end dernier, et plus précisément l’habituel contre-la-montre en côte tracé entre Ruoms et Sampzon. Impressionnant lors de cet effort face à l’horloge, qu’il a largement dominé, le sociétaire de la formation Bourg-en-Bresse Ain Cyclisme a ensuite pu compter sur l’appui précieux de ses quatre coéquipiers, l’après-midi même, pour remporter le classement général du Prix de la ville d’Aubenas. Présent sur l’épreuve, DirectVelo a fait la rencontre du Haut-Savoyard de 17 ans. Entretien.
DirectVelo : En terminant 2e samedi à Aubenas, tu avais déclaré que tu espérais prendre ta revanche le lendemain matin sur le chrono, et tu l’as fait !
Antoine Dejoie : C’est vrai que je l’avais annoncé non pas par prétention mais car un chrono avec une bosse, forcément, ça me plaît et j'y pensais depuis un moment. Je n’avais pas encore beaucoup de références en chrono, on avait juste fait le chrono de la sélection, j’avais fait 10e mais ce n’était pas trop pour moi en terme de profil car c’était sur 20 kilomètres et tout plat. Je préfère quand ça grimpe. On était venus en stage en Ardèche cet hiver et on avait repéré ce contre-la-montre. J’avais vu qu’il pouvait me convenir et qu’il y avait quelque chose à jouer dessus. Ce chrono, je l’avais coché.
Tu ne t’es pas contenté de gagner ce chrono, tu l’as véritablement écrasé en creusant des écarts conséquents qu’on a rarement vus sur la montée de Sampzon…
Les écarts étaient importants, c’est vrai, et ça m’a surpris. J’ai vraiment fait un bon chrono mais j’avais bien analysé tout ça et je me doutais que j’étais capable de faire environ ce temps-là. Je ne pouvais pas me fier précisément au temps réalisé au stage car on l’avait fait en vélo traditionnel cette fois-là. Par contre, je savais que je pouvais bien améliorer ce temps mais j’étais quand même surpris des écarts.
Ce qui t’a laissé un bon petit matelas d’avance pour la course en ligne de l’après-midi, mais encore fallait-il tenir !
Ici, ça se court en équipe de cinq alors ce n’est pas facile à contrôler. Il y avait beaucoup d’équipes qui voulaient renverser le général et qui auraient potentiellement pu s’allier pour nous faire perdre. Un grand merci aux gars qui ont contrôlé du début à la fin. Ils ont sauté sur tous les coups, ce n’est jamais sorti. Juste à la fin, l’Australien (Monty Manion, NDLR) a réussi à partir...
« ON FAIT DES SACRIFICES TOUT L’HIVER SANS SAVOIR CE QUE ÇA VA DONNER »
Et il était menaçant au général !
On a bien roulé mais sans les gars, je ne gagnais pas. Les motos ne nous donnaient pas d’infos alors on a douté mais on n’a pas relâché l’effort. Je remercie vraiment tous mes coéquipiers car j’aurais été incapable de boucher le trou tout seul, l’Australien était super costaud et a fait un joli numéro devant. C’était limite même si on a bien bouché le trou dans les deux derniers kilomètres, mais je sais qu’il a été pratiquement leader virtuel pendant un moment.
Que représente ce premier double succès chez les Juniors au niveau national ?
Ça fait vraiment plaisir, c’est un accomplissement. On fait des sacrifices tout l’hiver sans savoir ce que ça va donner. On doute en arrivant sur les premières courses, forcément, car on ne sait pas où l’on en est par rapport aux autres. Là, je suis fixé : j’ai bien bossé.
Et maintenant ?
Je vais essayer de faire un beau résultat sur la Classique des Alpes, si j’y suis sélectionné. Je pense aussi au Valromey. Ce sont deux courses prestigieuses, pas très loin de la maison (il réside à Peillonnex à côté d’Annemasse, NDLR) et là encore, ce sont des rendez-vous auxquels je pense depuis un moment. Ce serait génial d’y faire un résultat.
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