SCO Dijon : « Que la saison se lance une bonne fois pour toutes »

Crédit photo Damien Lecornué - DirectVelo

Crédit photo Damien Lecornué - DirectVelo

Quel week-end riche en émotions pour le SCO Dijon-Team Matériel-velo.com ! Dès mercredi, les Côte-d'Oriens étaient présents au Tour du Loir-et-Cher, où Marius Macé s'est mis en valeur. Mais le point d'orgue était vendredi et samedi, pour la première du club chez les pros, à l'occasion de la Classic Grand Besançon Doubs et du Tour du Jura. Après une journée rageante dans le Doubs, les protégés de Mathieu Gallet ont rectifié le tir le lendemain. Cette semaine pied au plancher s'achevait avec une course du club, la Classique du Châtillonnais, avec les mêmes coureurs qu'en Classe 1... avec Tom Champenois en plus. Et fait amusant, c'est justement lui qui a levé les bras au sprint et offert la victoire aux siens, à domicile. Après un début de saison timide mais une semaine très dense conclue parfaitement, Mathieu Gallet a fait le point avec DirectVelo sur ces émotions en dents de scie.


DirectVelo : Aujourd'hui, c'est Tom Champenois qui s'impose, le seul de l'équipe qui n'était pas sur les courses pros du week-end !
Mathieu Gallet : Il y a de la fraîcheur. C'est notre seul sprinteur qui est là ce week-end. Tous les autres sont du côté du Loir-et-Cher. Il était important de lui donner les cartes aujourd'hui. Il a parfaitement endossé le rôle. Je n'ai rien contre les autres, mais ce sont plutôt des profils de grimpeur. C'était notre carte numéro un sur une arrivée massive, même si on aurait espéré une course un peu différente. On a été, par moments, un peu en difficulté. On était sous-représentés à l'avant de la course. On était trois sur un groupe de 30. C'est compliqué. Il y a encore de belles choses à travailler. On a fait avec les forces du moment. Deux jours à 190 km, ça manque un peu de fraîcheur. Par contre, tu sors grandi d'un week-end comme ça, et gagner devant tous les bénévoles, c'est la plus belle des récompenses qu'ils pouvaient nous apporter. Depuis le début de l'année, on n'est pas au niveau où on devrait être. On l'a redit aux coureurs, on attend beaucoup plus de certains. J'espère qu'on ira chercher un bon résultat au Loir-et-Cher, avec Marius (Macé) qui est actuellement 5e du général (il a finalement terminé 7e, NDLR). On espère confirmer à l'Eure-et-Loir, et sur les week-ends d'après, qui vont être un peu moins « relevés », même si le niveau amateur l'est.

Certains dans l'équipe parlent d'un hold up aujourd'hui, c'est-à-dire ?
On dit hold-up dans le sens où, à des moments de la course, on était en sous-nombre devant. On était un peu en difficulté si des groupes sortaient. On s'est servi un peu des équipes qui avaient aussi un sprinteur pour pouvoir rentrer sur l'avant. Comme dit Quentin, ça s'ouvre aux deux kilomètres et il place Tom idéalement. Derrière tout ça, on va gagner la course. Il faut prendre. C'est peut-être un hold-up sur le coup, mais il ne faut pas oublier que Tom est un gamin de 19 ans, qui va faire son premier massif de l'année et qui va tout simplement gagner la course. Il y a ça aussi à retenir.

« ON SE DOIT DE MONTRER DAVANTAGE DE CHOSES »

Ça représente quoi la victoire sur cette course à domicile ?
L'an dernier, on a fait le doublé avec des coureurs d'expérience comme Alfie (George) et Farley (Barber). Maintenant, le faire avec un parcours plat mais des profils grimpeurs, il n'y a rien de mieux. Les bénévoles étaient debout ce matin, à 8h, nous salariés, au quotidien, on en fait beaucoup pour eux. C'est une juste récompense. On avait gagné en toutes caté, on a gagné en Elite Nationale. C'est un soulagement.

S'agit-il d'un week-end charnière entre les courses pros, le Loir-et-Cher et la victoire à domicile ?
Oui, tout à fait. On était parti avec un petit décalage de trois semaines par rapport aux autres. On l'a vite ressenti. On a eu des mecs un peu hors de forme en début d'année, on a eu des blessés. On attend davantage, même d'un Quentin Bezza qui descend des pros. On arrive au mois d'avril, on commence à trouver un effectif qui progresse. Là, j'espère que c'est un tournant. En tout cas, on ne va pas lâcher du lest. On est là pour faire du haut niveau. On se doit, comme Conti Fédérale, de montrer davantage de choses. On ne peut pas se contenter de montrer ce qu'on a montré depuis le début d'année.

« LE VENDREDI, ON ÉTAIT UN PEU FURIEUX »

Quel bilan fais-tu de ce passage chez les pros ?
C'est un autre monde, aussi bien dans l'approche, dans le niveau ou autre. On sait très bien qu'on est là-bas le petit poucet, mais c'est beaucoup d'expérience emmagasinée, avec des points stratégiques, avec l'oreillette pendant la course. Tout ce qui est points clés, on se rend compte que c'est un bloc équipe chez les pros. Dès que chaque équipe se met en rang, plus rien ne bouge. Le peloton avance d'une manière où il n'y a pas de faille. C'est une belle expérience, aussi bien dans le kilométrage, dans le niveau, dans les parcours, dans comment prendre une échappée. Pour des jeunes ça fait du bien, j'avais emmené un petit Lilian Bruyère, qui est Espoir 1. Derrière, au niveau physique, tu sors d'un week-end de trois jours comme ça, je ne dis pas que ça te met la poignée, mais pas loin. On n'a pas des fronts faciles en ce moment, avec l'Artois, Roubaix, le Loir-et-Cher, en même temps que ces courses-là. Mais on sait que physiquement parlant, ça va nous permettre de franchir un cap et que la saison va véritablement se lancer pour nous.

Peut-on parler de courses réussies ?
Oui, l'objectif principal dans des moments comme ça, c'est de prendre l'échappée. Le vendredi, on était un peu furieux, parce qu'on la loupe pour pas grand-chose. On manque de présence pour pouvoir y être. Et on ne peut pas rester à l'arrière du peloton ou au milieu, sachant que nous, notre seul moyen d'espérer exister, c'est d'aller de l'avant pour montrer le maillot, pour se montrer, pour savoir comment gérer une échappée dans le milieu pro. Derrière, le lendemain, on a réussi à rectifier le tir avec Quentin, qui le fait quand même à l'expérience. Il y avait 48 km/h de moyenne la première heure, sur un parcours qui n'était pas simple. Et il a réussi à être devant. Pour nous, c'était déjà une première victoire. Après, physiquement parlant, quand tu vois les mecs autour de toi... Oui, on fait une anecdotique 45e ou 46e place, mais au-delà, c'est plutôt emmagasiner de l'expérience et voir comment ça réagit dans les moments forts, les moments de placement. On a encore à travailler là-dessus. Physiquement parlant, Matthew Riccitello, Jordan Jegat, des mecs Top 10 de Grand Tour, dont le Tour de France... On n'est pas là pour rivaliser avec eux. On est là pour permettre à des jeunes de pouvoir performer et surtout d'apprendre. On est parfaitement dans le travail de formation que l'on se donne. Continuons ainsi et que la saison se lance une bonne fois pour toutes.

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