« Autant attaquer moi-même », Romain Grégoire entreprenant mais pas récompensé à l'Amstel

Crédit photo Sacha Fidaire - DirectVelo

Crédit photo Sacha Fidaire - DirectVelo

Quatrième de l’Amstel Gold Race, Romain Grégoire continue de tourner autour d’un grand résultat cette saison. Offensif, ambitieux, mais encore battu dans les moments décisifs, le Français affiche autant de frustration que de motifs d’espoir après une course qu’il a lui-même animée.

Plutôt que de subir, Grégoire a choisi de prendre les devants, notamment face à Remco Evenepoel. Le Français n’a pas attendu les derniers kilomètres pour se découvrir : il est passé à l’offensive à 42 kilomètres de l’arrivée, en attaquant dans le Kruisberg. "Je me suis dit que plutôt que de suivre son attaque, autant attaquer moi-même et voir ce que ça donnait", explique-t-il à DirectVelo. Un choix fort qui l’a placé dans une situation idéale : "Je pense que je me suis retrouvé dans la situation parfaite. J’avais tout pour aller chercher le podium."

« JE SENTAIS QU'IL VOULAIT ME LÂCHER »

Mais dans les bosses décisives, la réalité du jour l’a rattrapé. Dans le Cauberg, Romain Grégoire a dû céder quelques mètres… de trop : "Il ne m’a pas manqué grand-chose pour basculer, mais je prends 10 mètres, puis 20… et après, c’était fini". Romain Grégoire a bien senti la pression imposée par le Champion olympique : "Je voyais qu’il regardait beaucoup derrière. Et dans les bosses, il montait vraiment vite. Je sentais qu’il voulait me faire sauter". Un duel à distance qui a pesé lourd dans l’issue finale, même si le Groupama-FDJ United regrette aussi un scénario qui aurait pu tourner autrement : "Ça m’aurait arrangé qu’un autre coureur parte seul pour me laisser jouer le podium."

Avec ce nouveau résultat, le constat est amer : "Ça fait trois fois quatrième sur trois belles courses cette année (NDLR, Strade Bianche et Flèche Brabançonne)… ça commence à faire beaucoup." Repris par le groupe de poursuite après avoir lâché les leaders, le vainqueur de la Drôme Classic n’a pourtant pas abdiqué : "J’y croyais encore pour la troisième place. J’avais récupéré, mais il me manque encore un petit quelque chose dans le sprint." Battu à la régulière, il ne cherche pas d’excuses : "J’avais la bonne roue, j’ai fait le sprint que je devais faire. Mais il m’en manque encore".

« ON LE MÉRITAIT VRAIMENT »

Du côté de son directeur sportif, Benoit Vaugrenard, la satisfaction collective domine malgré la frustration du résultat. "Collectivement, les gars ont été exemplaires. On connaît la course, on sait où ça se décante. L’objectif, c’était de suivre Remco, parce qu’on savait qu’il pouvait aller très loin."

L’anticipation de Romain Grégoire est également saluée : "Il a attaqué au bon moment, ils sortent à trois. Et derrière, avec Ewen (Costiou), on était dans une situation idéale." Mais comme le coureur, le staff pointe le petit manque dans le final : "Il lui manquait un petit peu pour les 18 derniers kilomètres. L’objectif, c’était le podium. On fait 4… mais aujourd’hui, on le méritait vraiment". Quatrième, encore. Mais loin d’être résigné, Romain Grégoire retient surtout sa progression : plus offensif, plus affirmé, plus proche aussi des meilleurs. "Ça reste positif", conclut-il. Et au vu de son niveau sur l’Amstel Gold Race, la victoire semble moins une question de "si" que de "quand".

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