Jordan Jegat : « Je ne pensais qu'à cette course »

Crédit photo Zoé Soullard / DirectVelo
Blessé au genou, Jordan Jegat était contraint à une reprise différée, ce vendredi, lors de la Classic Grand Besançon Doubs. Dans un week-end qui lui a souvent réussi par le passé, le coureur de TotalEnergies n'a pas mis longtemps à se remettre dans le bain, puisqu'il s'est imposé au Belvédère de Montfaucon, en dominant le duo de Decathlon CMA CGM : Matthew Riccitello et Léo Bisiaux. Du même coup, le coureur de 26 ans décroche son premier succès chez les pros. Jordan Jegat pouvait ainsi pousser un ouf de soulagement au micro de DirectVelo, et mettre définitivement cette période délicate derrière lui.
DirectVelo : Tu décroches ta première victoire dès ta reprise !
Jordan Jegat : C'est fou ! Ce n'est pas une World Tour, mais je trouve qu'il y a un super niveau au départ tous les ans. Dès qu'il y a un peu de montagne, il y a toujours de bons coureurs. Je savais au combat que j'étais capable de le faire, mais je n'ai jamais gagné chez les pros, donc à chaque fois je faisais des erreurs tactiques sur toutes ces courses. Je crois que c'est ma cinquième participation ici, j'ai fait 4e l'année dernière, 10e il y a deux ans, et à chaque fois je fais des erreurs. Depuis que j'ai repris après ma blessure, je pense à cette course. Il y avait plein de scénarios dans ma tête, et aujourd'hui tout s'est passé comme le meilleur des scénarios, donc je suis super content.
« J'AI APPRIS DE TOUTES MES ERREURS »
Comment tu as géré ce final avec les Decathlon CMA CGM ?
Ce n'était pas facile, dès le pied de la bosse, mais j'étais super bien, j'avais envie d'attaquer. J'ai repensé à mes erreurs des années passées, et j'ai essayé de rester calme le plus longtemps possible. J'avais Lilian Lebreton (son directeur sportif, NDLR) qui me disait de me calmer aussi, donc j'ai essayé de suivre les autres simplement. J'ai un peu accéléré sur la fin, puis je savais que j'allais lancer mon sprint avant le virage des 200 derniers mètres, et ça l'a fait, je suis super content.
Tu as senti que tu étais vraiment au-dessus ?
Je l'ai toujours cru en tout cas, mais après on ne sait jamais le niveau des autres. Je savais que j'étais très bien et qu'ils auraient du mal à me lâcher, mais on ne sait jamais comment sont les autres non plus, donc j'essaie de rester humble et de suivre leurs attaques, sans les attaquer, en les laissant faire, et ça a fonctionné.
C'est une victoire de l'abnégation...
Oui c'est ça, j'ai appris de toutes mes erreurs. Les premières années, j'attaquais souvent dès le pied, avant le replat. C'est assez tactique. Cette année, je me suis fixé la dernière rampe, et j'ai essayé de me canaliser jusqu'au replat. C'est une course que j'aime vraiment, et en plus je gagne dès ma première course. J'ai eu beaucoup de galères ces derniers temps, et j'y pense aussi. Dans les derniers efforts, quand j'ai mal aux jambes, je pense à toutes les galères que j'ai traversées. Déjà, rien que de faire une course de vélo, ça me donnait le moral, mais de gagner... encore plus.
« ON SE POSE BEAUCOUP DE QUESTIONS »
Comment as-tu vécu ce début de saison différé ? Tu t'es posé des questions ?
Oui forcément, quand on fait plein de choses et que les douleurs ne passent pas, on se pose beaucoup de questions. Après, une fois que j'ai réussi à reprendre les entraînements, je ne pensais qu'à cette course, et forcément au reste de la saison avec le Tour de France. Forcément j'avais cet objectif en tête de revenir vite. Le fait de ne pas faire de courses, ça m'a permis aussi de bien me préparer. C'est ma cinquième saison pro, je commence à bien me connaître, et à savoir comment faire pour être au niveau.
Directement, tu pensais déjà pouvoir gagner ?
Forcément il y a des doutes, mais je savais que je pouvais jouer les premiers rôles. J'avais pour objectif de faire podium, après c'est autre chose de gagner. Évidemment, au départ, si on m'avait demandé si j'allais gagner, j'aurais dit que je ne savais pas. Je ne pouvais pas être confiant à 100%, mais mon objectif était de jouer le podium.
Comment abordes-tu cette année ? Sens-tu que tu dois confirmer tes promesses données sur le Tour notamment ?
C'est une question difficile. Ça fait quatre ans que je suis pro, j'ai fait deux Tours de France. Je pense que l'année dernière, en terminant 10e, j'ai déjà confirmé la belle ascension. Après il y a encore mieux à faire, c'est sûr. De toute façon, tous les ans il faut confirmer, montrer qu'on garde le niveau. Cette année, forcément, il y avait l'ambition de gagner. Je l'ai fait directement, donc maintenant c'est de gagner sur le Tour de France. C'est l'objectif de ma carrière.
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