VC Villefranche Beaujolais : « Il faut qu'on valide notre invitation »

Crédit photo Zoé Soullard - DirectVelo

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Autorisées à disputer des Classe 1 en France depuis le début de la saison, les Conti Fédérales seront présentes en nombre ce week-end, à la Classic Grand Besançon Doubs et au Tour du Jura. Parmi elles, le VC Villefranche Beaujolais a fait le choix de s'aligner en Bourgogne-Franche-Comté, avec l'objectif d'exister dans la course et se montrer. Le résultat sera davantage secondaire, surtout au vu des deux parcours difficiles et de la concurrence des équipes professionnelles, notamment du WorldTour. Auprès de DirectVelo, le directeur sportif Sébastien Hoareau est revenu sur ce rendez-vous important, qui aura pour but de légitimer la participation de son équipe à ces épreuves relevées.


DirectVelo : C'est forcément un grand rendez-vous !
Sébastien Hoareau : Oui, puisque c'est la première Classe 1 française dans l'histoire du club. Avec Anthony (Barle) et Aymeric (Brunet), c'était un moment attendu. Je pense que le premier sentiment, c'est le sentiment de fierté d'être d'être invité sur ce genre de course et de parcours. Après, on ne va pas non plus se dire qu'on va aller peser sur la course ou quoi que ce soit. Le but sera déjà d'essayer de se faire voir. C'est quand même pour l'image du club, pour les partenaires, pour la validation de notre invitation. Et après, s'il y a un résultat au bout, ce sera une fierté encore plus grande pour nous.

Que serait une course réussie ?
Ce serait de se faire voir dans un premier temps. Donc s'il y a une échappée, on ne va pas se le cacher, on va essayer de tout faire pour la prendre. Et après, si on va chercher un Top 10 sur une des deux journées, je pense qu'avec le niveau et les engagés qu'il y a, ce sera déjà un bon résultat.

« C'EST PLUTÔT NOUS, EN TANT QUE CLUB, QUI ALLONS UN PEU PLUS MORFLER »

Sur qui comptes-tu pour un résultat ?
Clairement, le coureur qui marche le mieux en ce moment, c'est Tom Lambert. Il ne sera pas là demain (vendredi), mais il sera présent samedi. Donc on a fait ce choix-là parce qu'il est tombé au dernier jour du Circuit des Ardennes. Ça lui faisait une journée de plus de récup donc on a préféré le mettre à 100% sur une seule des deux classiques. Donc sur le Tour du Jura, on va l'attendre. On va voir ce qu'il vaut avec les meilleurs grimpeurs. Au Mont Poupet, je pense qu'il aura de quoi s'exprimer. Demain, on a une équipe qui est assez ouverte puisqu'on n'a pas Tom. Il y a des mecs qui reviennent en forme, comme un Théo Laurans, un Maximilien Juillard, qui retrouve aussi un peu des couleurs après un début assez difficile. Puis un coureur comme Simon Baran qui va beaucoup dans les coups. On a un peu tout. Après, je pense qu'on aura un espoir de résultat samedi plutôt que demain.

L'équipe doit être dure à construire avec le risque de faire des déçus, notamment si vous manquez quelques Classe 2...
La période du calendrier fait qu'en ce moment, on a six coureurs dans l'équipe au Tour du Loir-et-Cher. C'est un profil qui n'est pas similaire, c'est beaucoup plus plat, donc on a mis nos rouleurs-sprinteurs de l'autre côté. Et le fait que ce soit deux courses indépendantes, ça nous allait bien. Donc il nous restait huit mecs. Et c'est pour ça qu'il y en a quatre qui vont faire les deux épreuves, et on va échanger avec les jeunes qui ne vont faire qu'une seule course. Du coup, tout le monde est servi, tout le monde est content. Et honnêtement, certes c'est une Classe 1, mais de l'autre côté, c'est une Classe 2. Donc je pense que l'équipe est quand même satisfaite. Là, c'est plutôt nous, en tant que club, qui allons un peu plus morfler au niveau finances. Parce qu'il fallait forcément aller sur les deux côtés et c'est un gros budget.

« ON RETROUVE DES MECS QU'ON A CONNUS »

Toi aussi, personnellement, tu sens que ce n'est pas un rendez-vous comme d'habitude ?
C'est différent, déjà, parce qu'on a les oreillettes. On n'a pas l'habitude de travailler avec les oreillettes, à part en contre-la-montre. Donc déjà, là, je pense que ce sera une nouvelle expérience. Je l'avais déjà fait l'année dernière à Criquielion. C'était assez plaisant. Ça change un peu le boulot malgré tout. Et pour les coureurs, aller se frotter à une équipe comme la Groupama, Decathlon... Nous, on retrouve des mecs qu'on a connus aussi. Ça va être top. Nicolas Prodhomme, qui sera l'un des grands favoris, est passé par chez nous, on le connaît très bien. Antoine Raugel aussi, qu'on retrouve à Roubaix. C'est sympa aussi de retrouver ces mecs-là. Mais derrière, il ne faudra pas qu'on parte avec des complexes. On est là aussi pour faire notre petit trou et essayer d'aller chercher ce qu'on aura pu prendre. C'est ce que je veux leur donner comme consigne. Peut-être qu'il y aura un écart quand ce sera très dur, mais avant ça, il y a une course normale.

Tu sens qu'il y a une excitation un peu différente dans le groupe ?
Oui, je pense. Il y a aussi, je pense, une petite crainte. Une petite appréhension quand même de ne pas être au niveau, de se dire que ça va être un niveau bien au-dessus. Après, je suis là pour aussi les rassurer de ce côté-là. Je pense que nous, on a largement le niveau pour y participer. Mais j'espère en tout cas qu'ils seront excités parce que ça voudra dire que c'est un grand rendez-vous pour eux.

« JE RESTE UN TOUT PETIT PEU SUR MA FAIM »

On connaît votre fonctionnement avec ce réseau de partenaires. C'est forcément un rendez-vous unique aussi dans la vie du club ?
Il y en aura d'autres, mais c'est totalement particulier. C'est sûr que la médiatisation va être énorme. On va pousser là-dessus parce que la communication est aussi notre point fort. J'ai déjà un partenaire qui va venir au Tour du Jura samedi, qui va suivre avec moi. Après, on va pousser le fait que ce soit une bonne partie en direct sur Novo 19. Pour nous, c'est un grand pas en avant au niveau de la communication.

Que penses-tu du début de saison pour le moment ?
Je reste un tout petit peu sur ma faim. Parce que je viens de sortir d'un Circuit des Ardennes où l'année d'avant, on avait plus pesé que cette année, il faut le dire. Les circonstances ont été assez mauvaises pour nous cette année. On a eu une grosse chute, deux mecs par terre dès la deuxième étape. Même le leader, Tom, est tombé le dernier jour aussi. Ça ne nous a pas trop aidés. Je trouve que pour l'instant, quand on est passé en Classe 2, on a été un poil en dessous de ce qu'on attendait. Autrement, on a déjà gagné une Coupe de France, deux Elites... Là-dessus, je pense que tout roule. On vient de faire 6e au Tour du Loir-et-Cher avec Lucas Mainguenaud. J'espère que tout doucement, on va prendre conscience qu'on peut aller bien figurer dans ce niveau un peu plus haut.

« CE N'EST PAS PAREIL »

D'un côté, une Classe 1 peut booster le moral, mais aussi mettre un coup sur la tête si les coureurs prennent un tir...
Je ne sais pas si ça peut vraiment jouer si on prend un tir. Les Classe 1, pour nous, c'est vraiment un bonus. On s'est battu là-dessus avec les Conti Fédérales. Il y a eu beaucoup d'encre qui a coulé par rapport à ça. Du coup, quand on vient, il faut qu'on valide quand même notre invitation. Comme je l'ai dit, le but, c'est de se faire voir. Il faut qu'on fasse acte de présence. Si sur la Coupe de France N1, on passe à travers, c'est une grosse déception. Là, non. Ce n'est pas pareil. On va se dire qu'on va aller faire quelque chose de bien parmi les pros et les WorldTeams.

Rouen à Paris-Camembert peut être un exemple à suivre ?
Exactement, c'est l'exemple. D'ailleurs, j'ai croisé le DS, Jean-Philippe Yon, au Circuit des Ardennes, que j'ai été féliciter. En prenant l'échappée, plus après un résultat, eux, ils ont réussi quasiment ce que j'évoquais tout à l'heure pour réussir la course. Après, le profil n'est quand même pas le même sur ces deux journées-là, même s'il n'y a rien à enlever à Rouen qui est très fort en ce moment. Donc il va falloir que nos puncheurs-grimpeurs soient en forme.

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