« Mon dérailleur était dans les rayons » : un scénario cruel pour Soren Bruyère Joumard

Crédit photo Philippe Seys

Crédit photo Philippe Seys

Classé ce dimanche 70e de Paris-Roubaix Juniors, Soren Bruyère Joumard a terminé à 5’58’’ du vainqueur Thijs Wiersma. Une place, sur le papier anecdotique, qui ne reflète en rien la course du jeune Français. Alors en tête de l’épreuve aux côtés de Gijs Winters (Pays-Bas) et de Dean Woodley (Afrique du Sud), une chute dans le Carrefour de l’Arbre a brisé ses espoirs de victoire. “Je me sentais bien. C’est décevant de tomber comme cela. On s’entendait bien, on aurait pu aller au bout à trois”, a-t-il confié à DirectVelo.


Le scénario était idéal pour les coureurs de l’équipe de France. Le plan était respecté à la lettre. Soren Bruyère Joumard avait roulé au millimètre. “La stratégie, c'était de rester placés en second rideau et de laisser faire la course dans les premiers secteurs jusqu'à Orchies. Ensuite, je devais attaquer et ne pas me retourner jusqu’à Mons-en-Pévèle”.

« ON POUVAIT COMMENCER À PENSER LA VICTOIRE »

Le coureur licencié au Cyclisme Seyssinet-Seyssins avait ensuite pour consigne de cesser de collaborer afin de servir de point d’appui pour Lancelot Gayant et Julien Breugnot. Mais derrière, les favoris encore présents dans le peloton se neutralisent et le trio de tête creuse rapidement l’écart. “Quand j'ai vu que ça ne rentrait pas derrière, j'ai continué à rouler et à collaborer. On avait un bon matelas d’avance, on pouvait commencer à penser à la victoire”.

À l’aise techniquement sur les pavés, le Champion de France de cyclo-cross U19 semble en contrôle et se permet même de choisir ses trajectoires. “Dans les virages avec les graviers comme sur les pavés, on se faufile mieux. On est plus détendu sur le guidon, plus relâché dans les mains, et on perd beaucoup moins d'énergie que les autres”.  

« IL N'Y AVAIT PLUS RIEN À FAIRE »

Dans le Carrefour de l’Arbre, à 16 kilomètres du but, le pensionnaire de Decathlon CMA CGM U19 accélère. Porté par la foule, il choisit la bande en herbe sur le bas-côté. Le crossman semble s’envoler mais ne peut éviter un photographe. L’épaule gauche percutée, il est projeté sur le pavé, entraînant Gijs Winters dans sa chute. Du rêve éveillé à la réalité de l’enfer du Nord. “Il fallait se remobiliser. J'ai tout de suite regardé mon vélo. Mon dérailleur était dans les rayons. Il n'y avait plus rien à faire, mais c'est la course”.

À l’arrivée sur le vélodrome, le résultat n’est pas là mais l’essentiel est ailleurs pour le coureur de 18 ans. “Les jambes étaient là, donc c'est de bon augure. Ça me met en confiance, parce que je sais que je peux jouer devant”. Assuré, l’Isérois se projette déjà sur la prochaine édition. “Ce sera encore plus grand, plus rapide et plus long. Déjà en U19 c'est dur, alors en U23 ce sera encore plus exigeant. J'adore ce genre de courses”.

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