Galères, scénario, jeunesse : Les ProTeams françaises n'ont pas eu leur part du gâteau

Crédit photo Ronan Caroff - DirectVelo
Les ProTeams françaises espéraient exister ce dimanche, à Paris-Roubaix, d'une manière ou d'une autre, dans une échappée ou dans le classement. Sur le papier, c'est peut-être St-Michel-Preference Home-Auber 93 qui avait la meilleure carte pour jouer les trouble-fêtes, avec Alison Jackson. "Quand vous avez une fille qui a gagné Paris-Roubaix, et qui a terminé 5e l'an dernier, je pense qu'on peut venir au départ avec de grosses ambitions", note Roxane Fournier, directrice sportive.
Mais la Canadienne n'a pas eu la réussite escomptée et a fini à peine dans le Top 50. "Ce n'est pas ce qu'on espérait, après c'est Paris-Roubaix, on sait qu'il peut se passer plein de choses. On n'a pas eu de chance, Alison a eu deux crevaisons". Le temps que Roxane Fournier puisse doubler et remonter jusqu'à elle, il était déjà bien trop tard. "Une fois qu'on était à sa hauteur, elle était déjà super loin de la tête de course, donc c'était plié pour nous. On avait de plus grosses ambitions, on est tous déçus de la course du jour".
« CETTE ANNÉE, JE N'Y CROYAIS PAS »
Pour les autres, on jouait plutôt la carte des échappées. Mais comme l'explique Damien Pommereau, c'est peut-être le choix du parcours qui a mis à mal cette ambition. "On avait réussi l'année dernière avec deux filles qui étaient parties en échappée, mais cette année, je n'y croyais pas. Avec le nouveau secteur au km 29, tout le monde commence à être un peu stressé, tout le monde a les ordres à l'oreillette de remonter, ça laissait vraiment une marge très faible pour que l'échappée parte", analyse le directeur sportif de Mayenne-Monbana-My Pie. Et le scénario lui a donné raison, puisqu'il n'y a que Rosa Maria Klöser qui a bénéficié d'un très précaire bon de sortie.
Damien Baucheron, directeur sportif de Ma Petite Entreprise, constate aussi le scénario du jour. "C'était carte blanche pour essayer d'anticiper un petit peu sur le début de course. Ça ne s'est pas fait, donc le but était de pouvoir tenir le plus longtemps possible". Et là, la mission s'est rapidement gâtée. "On est réaliste, on avait quatre filles sur six qui n'avaient jamais fait Roubaix. Moi je suis déçu, mais pas les filles qui ont pris de l'expérience, etc. La première de chez nous arrive dans un gros groupe pour la 48e ou 49e place. Evidemment qu'on ne peut pas se satisfaire de ça, mais en même temps, je ne suis pas vraiment surpris non plus", note Damien Pommereau, qui s'y attendait. "On n'a pas les filles pour ce genre de profil vraiment tout plat. Il faut de la force".
« PARCE QUE C'EST PARIS-ROUBAIX, C'EST MYTHIQUE »
Ma Petite Entreprise avait également deux éléments qui avaient déjà découvert les pavés de Roubaix. "Alison (Avoine) a une grosse expérience, comme Noémie (Abgrall). Elles ont pu apporter leurs conseils auprès des plus jeunes. Après, on espérait une bonne place d'Alison avec un Top 30. Ça aurait pu être jouable, mais les circonstances du jour ont fait qu'elle n'était pas dans une super journée", regrette Damien Baucheron, qui n'avait que cinq éléments au départ, là où Mayenne-Monbana-My Pie a fait le choix de partir au complet, malgré les attentes très limitées. "Jenaya Francis, qui n'était physiquement pas apte, a fait l'effort de venir pour être six et respecter la course, parce que c'est Paris-Roubaix, c'est mythique".
Chaque équipe se consolera donc comme elle le peut au moment des bilans. "C'est quand même un point positif qu'elles aient toutes terminé. Elles ont toutes pu franchir la ligne d'arrivée sur le vélodrome et surtout prendre de l'expérience aussi pour les plus jeunes", argumente Damien Baucheron. Mais au niveau des résultats, le constat est évident sur le plus haut niveau mondial. "On sait que le niveau World Tour est très élevé et qu'il y a encore un cap à passer, mais on n'a pas de complexe, on veut essayer de faire bien sur toutes les courses", promet Roxane Fournier. Revanche sur les Ardennaises, pour essayer d'exister davantage.
