« À chaque fois je me disais : oh mon Dieu ! » : Julie Brouwers au bout de l'Enfer

Crédit photo Ronan Caroff / DirectVelo
Il est 18h40 et Julie Brouwers est la dernière athlète du peloton féminin à pénétrer dans le vélodrome de Roubaix, théâtre d’une longue journée de course ayant vu défiler 450 coureurs (Juniors, Espoirs et Elites Femmes comme Hommes). Mais loin d’être anecdotique, son arrivée symbolise avant tout une forme de courage brut, celui de ne jamais renoncer. "Pour le moment, je ne trouve pas ça très agréable", confiait-elle à chaud à DirectVelo, encore marquée par la rudesse de l’épreuve. Pourtant, derrière la fatigue et la douleur, un autre sentiment prenait rapidement le dessus : "Je ressens quand même de la fierté et de la satisfaction de l'avoir fait".
Alignée pour sa première course de la saison après seulement quatre semaines d’entraînement, la spécialiste du cyclo-cross n’avait pas bénéficié d’une préparation classique. "Normalement, j’aurais dû prendre trois semaines de repos, mais là je n’en ai eu que deux", explique-t-elle. Prévenue peu de temps avant l’échéance, elle n’a pas hésité longtemps : "Quand tu reçois une telle opportunité, tu dis oui. Et puis après tu te demandes : qu’est-ce que j’ai fait ?".
LA FOLIE DU CARREFOUR DE L'ARBRE
Sur les pavés, la réalité l’a rapidement rattrapée. Les vibrations, la poussière et la technicité du parcours ont rendu l’effort particulièrement éprouvant. "Mes mains, mes doigts… j’ai dû prendre des antidouleurs", raconte-t-elle. "Et tous ces secteurs, tous ces risques… À chaque fois je me disais : oh mon Dieu ! Le Carrefour de l'Arbre, c'est la folie pure". Comparée à un cyclo-cross grandeur nature, l’épreuve nordiste n’a rien de comparable : "En cross, tu roules à bloc pendant une heure. Ici, c’est plus long, plus intense, et tu es seule face à la route. C'est incomparable".
Malgré la difficulté, Julie Brouwers a tenu bon. Même isolée en fin de course, elle a pu compter sur la présence de son équipe, positionnée après chaque secteur pavé. "Si je crevais, il y avait toujours quelqu’un. Ça m’a rassurée". Et surtout, elle a évité la mésaventure tant redoutée : "Je suis déjà très contente de ne pas avoir crevé".
FINALEMENT HORS-DÉLAIS
Restait l’incertitude du délai, omniprésente dans les derniers kilomètres. "J’ai vu une voiture, mais ce n’était pas la voiture balai", sourit-elle. Jusqu’au bout, elle s’est accrochée, portée par un seul objectif : terminer.
Mission accomplie, même hors délais, comme dix autres concurrentes. "Je ne sais pas si je suis dans les temps ou non, mais je suis heureuse d’être ici", lâchait-elle avant de savoir ce qu'il en était. Une phrase simple, mais qui résume parfaitement l’état d’esprit d’une coureuse qui, pour sa rentrée, aura surtout appris à se dépasser, et qui a été ravie d'apprendre par la suite, la victoire de Wout van Aert. "Cela fait ma journée", concluait-elle.
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