Erreur ou pas, l'essentiel était ailleurs pour Pauline Ferrand-Prévot et Marianne Vos

Crédit photo ASO / Thomas Maheux

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Dans les bras de Pauline Ferrand-Prévot, Marianne Vos n'a pas pu retenir ses larmes à l'arrivée de Paris-Roubaix, ce dimanche. Car pour la Néerlandaise, il ne s'agissait pas que de gagner une course de vélo, quand bien même il s'agisse de l'Enfer du Nord. Mais d'un hommage à son père Henk, récemment décédé. "Je ne sais pas encore ce que je ressens, raconte-t-elle. Je voulais faire au mieux compte tenu des circonstances, même si je savais que ma préparation n'était pas idéale". Pour la Française aussi, la journée était particulière. "C'était aussi une façon de lui dire au revoir et de lui dire merci. C'est pour ça que je voulais que Marianne gagne. On n'a pas réussi, mais au moins on a tout donné et je pense qu'il en serait vraiment fier".


Pas seulement par solidarité, car la Championne Olympique a aussi de nombreux souvenirs avec Henk Vos. "Quand je suis passée professionnelle chez Rabobank, j'avais 18 ans et j'ai passé tout l'hiver dans un camping-car avec la famille Vos, avec Henk qui conduisait et la maman qui cuisinait. J'ai de tellement bons souvenirs avec eux". C'est d'ailleurs pour ça que Pauline Ferrand-Prévot a ajouté cette épreuve à son calendrier, alors qu'elle ne devait initialement pas défendre son titre. "Quand j'ai appris la nouvelle, j'ai contacté l'équipe et j'ai dit que je voulais courir ici pour Marianne, pour essayer de la soutenir et de l'aider dans ce moment difficile. Je savais que c'était un rêve pour elle de gagner, et je voulais qu'elle gagne pour son père".

« JE VAIS DEVOIR REVENIR »

Malgré l'hommage, Marianne Vos arrivait quand même à évoquer la dimension sportive de la course à l'arrivée. "Évidemment c'est beau d'être là dans le final d'une telle course, de courir comme ça, profiter du vélodrome dans ce sprint, mais évidemment j'aurais aimé conclure". Car le scénario est en plus frustrant pour le duo de la Visma-Lease a Bike, qui n'avait que Franziska Koch à battre, à deux contre un. "Peut-être que j'aurais dû faire différemment", réfléchit Marianne Vos, alors que Pauline Ferrand-Prévot n'a pas de regrets. "Je pense que c’était une bonne tactique. Franziska était juste un peu plus forte à la fin. Après une course aussi dure, on ne peut jamais être sûr à 100 % que Marianne gagnera le sprint. Mais on a essayé, on ne peut pas gagner à tous les coups".

Marianne Vos pense aussi que ce sprint est dur à prévoir. "Ce n'est évidemment pas un sprint normal, après cette course, les secteurs pavés... C'est à celle qui a les meilleures jambes, et ce n'était pas moi aujourd'hui. Elle mérite". Pauline Ferrand-Prévot n'a jamais sous-estimé l'Allemande. "On a vu son travail pour Demi Vollering au Tour des Flandres. C'est un monstre, elle est vraiment très forte. Je savais à quel point elle était puissante. Je n'étais pas sûre pour le sprint, mais maintenant je le saurai la prochaine fois". Lancer plus tôt, lancer moins tôt... Inutile de refaire le match pour Marianne Vos. "J'ai aussi déjà commencé mon sprint trop tôt ici... Donc chaque année, finalement, j'apprends un peu. Donc je vais devoir revenir l'an prochain", sourit-elle.

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