Franziska Koch, « la victoire d'une fille de l'ombre »

Crédit photo ASO - Thomas Maheux
Au moment d'entrer dans le vélodrome, Franziska Koch avait toutes les raisons d'avoir des nœuds dans la tête pour démêler cette situation peu avantageuse sur le papier. Avec Pauline Ferrand-Prévot devant elle et Marianne Vos sur le porte-bagage, la sociétaire de la FDJ United-Suez devait trouver la clé contre le duo de Visma-Lease a Bike. Un tour et demi de vélodrome plus loin, l'Allemande a réussi sa mission en dominant la Néerlandaise au sprint, et remporter Paris-Roubaix pour elle et son équipe qui courait après. "C'est incroyable. J'ai toujours rêvé de gagner cette course, et nous avons déjà eu un si bon début de saison avec l'équipe. Demi a gagné la semaine dernière, et l'équipe était vraiment convaincue que j'étais en grande forme. C'est juste génial", exulte la vainqueure.
Son manager, Stephen Delcourt, était forcément un homme heureux. "Ça représente beaucoup parce que Paris-Roubaix, c'est une course spéciale, mythique comme le Tour des Flandres. Ça fait des années qu'on essaie, mais il y avait toujours quelqu'un de plus fort que nous. Mais ce qui est le plus marquant, je trouve que c'est dans la manière". Rapidement, les coureuses de la FDJ United-Suez ont pris la décision de courir pour Franziska Koch. Le plan s'est déroule sans accroc jusqu'à ces derniers kilomètres. Et la Championne d'Allemagne ne semblait pas impressionnée pour autant. "On savait qu'elle était capable de gagner, mais elle se retrouve quand même contre les deux GOAT de notre sport. Elle avait envie de tenter, elle était assez expressive à la radio en disant : « je n'ai pas peur de leur faire mal. Je me sens forte. »", raconte Stephen Delcourt.
« ÇA S'APPELLE UN CERCLE VERTUEUX »
Malgré cette détermination, Franziska Koch sait que dans les actes, la victoire n'est pas garantie. "Je ne réalisais pas que je pouvais gagner le sprint. J'ai essayé de me débarrasser d'elles deux dans les quatre derniers kilomètres, mais je savais aussi qu'il était possible que ça n'arrive pas. Et je ne suis pas une pure sprinteuse, même si je peux quand même avoir une bonne accélération après une course difficile". La suite lui a donné raison, pour un cheveu. "Gagner le sprint contre Marianne, c'est incroyable. J'espérais pouvoir gagner, mais on ne peut jamais en être sûr, c'est une telle coureuse". Stephen Delcourt est ravi de voir une autre de ses protégées gagner. "C'est la victoire d'une fille de l'ombre qui travaille dur. Elle est en grande forme depuis le début de saison. Elle a passé un gros cap physique".
Franziska Koch pense que ce cap est dû à son équipe. "Je ne pense pas qu'il y ait un seul secret. J'ai rejoint FDJ cette année, donc j'ai aussi changé d'entraîneur. Tout l'environnement est nouveau pour moi, et je suis vraiment heureuse. Je pense qu'une athlète heureuse est une bonne athlète. Je pense qu'il est vraiment important d'être dans un bon environnement, avec le meilleur matériel". La domination de la WorldTeam française continue après la victoire de Demi Vollering au Tour des Flandres, entre autres. "On a envie de profiter de ce moment magique pour une femme qui a très peu gagné dans sa carrière. Ça s'appelle un cercle vertueux. On n'a pas peur de perdre cette année. On a déjà beaucoup gagné. Tout est du bonus". Et la méthode fonctionne.
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