Davide Donati, une histoire de passage de témoin avec Filippo Ganna

Crédit photo Etienne Rycek - DirectVelo

Crédit photo Etienne Rycek - DirectVelo

Il fallait remonter à 2016 pour trouver un Italien vainqueur de Paris-Roubaix Espoirs. Un certain Filippo Ganna. Et l'histoire était presque écrite pour que Davide Donati soit son successeur. "Par une ironie du sort, je l'ai rencontré à l'aéroport de Linate parce que nos vols avaient tous les deux été annulés. J'ai donc pu discuter un peu avec lui. Je l'avais déjà rencontré et je dois dire qu'il m'a transmis beaucoup de sérénité quand nous avons parlé. Car je suis arrivé ici un peu comme favori des pronostics", révèle le coureur de Red Bull-BORA-Hansgrohe Rookies.


« JE N'AI JAMAIS FAIT DE PISTE »

Mais Davide Donati n'a pas voulu être passif durant la journée. "C’est parti dans une échappée, des petits groupes se sont formés et finalement un gros groupe d'une dizaine d'unités s'est créé. J'essayais de rester un peu dans les roues, de suivre les autres tentatives d'échappée parce que j'avais quand même deux coéquipiers devant. Finalement, on a réussi à se regrouper tous dans le Carrefour de l'Arbre. Ensuite, j'ai eu un coéquipier qui a roulé du Carrefour jusqu'ici, au vélodrome, pour maintenir un gros rythme", raconte-t-il.

À l'aise au sprint, Davide Donati était conscient d'avoir une carte à jouer en cas d'arrivée groupée. "Je sais que je suis rapide. Mais je n'ai jamais fait de piste, donc c'était la deuxième fois dans un vélodrome après l'année dernière. Au final, je l'ai abordé comme un sprint normal. Je suis resté devant, j'étais sûr de moi et j'ai lancé quand j'ai pensé que c'était le bon moment. Et ça s'est bien passé pour un rien", sourit celui qui a été couronné à l'aide de la photo finish, face à Seth Dunwoody. "C'est magnifique, c'est une vraie libération".

« UNE COURSE UN PEU ÉTRANGE, D'AMOUR ET DE HAINE »

Surtout que l'année dernière, l'Italien n'avait pas pu montrer ses vraies qualités. "Ça ne s'était pas bien passé. Au final, j'ai compris qu'il fallait s'entraîner un peu sur ces pavés avant de pouvoir gagner. Puis il y a eu cet échange avec Filippo qui m'a aidé à mieux vivre les jours précédents". Car même s'il est plutôt catégorisé sprinteur, Davide Donati ne veut pas de cette étiquette. "Je n'aime pas l'adjectif "sprinteur" parce que je ne suis pas que ça. Je veux prouver que je suis bien plus. Aujourd'hui, j'ai prouvé que je suis aussi un coureur de Classiques. J'ai encore à me découvrir".

Le garçon de Brescia a un bagage technique pour ce type de courses. "J'ai grandi dans le VTT depuis que je suis petit, puis je suis passé à la route chez les Cadets. Je grandis d'année en année, je pense que c'est le bon chemin", se réjouit le double vainqueur d'étape au Tour de Sardaigne. Davide Donati espère avoir débuté une histoire d'amour avec L'Enfer du Nord. "C'est une course un peu étrange, d'amour et de haine, plaisante-t-il. Mais aujourd'hui j'en ai profité au maximum. J'avais des jambes fantastiques, une équipe fantastique et tout s'est très bien passé". Comme depuis le début de saison.

Mots-clés

En savoir plus

Portrait de Davide DONATI