Paul Seixas : « Je n’étais pas aussi bien qu’en début de semaine »

Crédit photo Nicolas Mabyle / DirectVelo
La razzia continue ! Après ne pas avoir cherché à véritablement jouer la victoire d’étape ces deux derniers jours, Paul Seixas l’a emporté pour la troisième fois de la semaine, au Tour du Pays Basque, alors que les favoris se sont fait la guerre dans les 75 derniers kilomètres de course. Il ne reste désormais plus qu’une étape et 135,2 km au maillot jaune pour devenir le premier Français depuis 19 ans à remporter une course par étapes de niveau WorldTour. Présent sur l’épreuve espagnole, DirectVelo a une nouvelle fois assisté à la conférence de presse du Lyonnais après la course. Entretien.
DirectVelo : On te sent marqué à la fin de cette étape, mais tu l’emportes encore une fois !
Paul Seixas : Je suis fatigué. Ce qui est dur ici, c’est qu’il n’y a aucune étape de repos. Ça part à bloc, ça attaque dans tous les sens. Pour moi, c’est un premier test. Aujourd’hui (vendredi), je n’ai pas réussi à partir seul. J’ai déjà des axes de progression pour la suite, même si c’est surtout une troisième victoire cette semaine et que c’est magnifique. Je vois d’abord le positif. Je sais que la récupération n’est pas forcément parfaite, on arrive tard le soir à l’hôtel. Je n’ai pas fait d’altitude avant alors la récupération est un peu différente de ce qu’elle pourrait être avec l’altitude. Mais je suis super content de pouvoir consolider le général et de faire une magnifique étape aujourd’hui. Pas seulement moi mais toute l’équipe. Ils se sont tous battus pour moi à 200%. Gagner, c’était la juste récompense pour leur travail du jour.
« IL MANQUE QUELQUES PROTAGONISTES MAIS C’EST LA COURSE »
Imaginais-tu, lorsque l’on a échangé en avant-course dimanche dernier, pouvoir remporter trois étapes au Pays Basque ?
Non je n’aurais peut-être pas imaginé ça, aller chercher trois victoires, il n’y a que une ou deux semaines à l’entrainement, où j’ai eu quelques petits moments de doute, puis c’est revenu. Le vélo est fait de plein de surprises mais le plus important, c’est d’être solide mentalement et d’avoir une équipe solide aussi derrière. Forcément, ça aide à se dépasser. Forcément, il n’y a plus (Isaac) Del Toro, ni (Juan) Ayuso qui n’était pas à 100%. Il manque quelques protagonistes mais c’est la course aussi.
Crains-tu la dernière étape de ce samedi et de potentiellement perdre la course au dernier moment ?
Il ne faut pas avoir peur de demain. Ce sera un poil moins exigeant mais ça restera une étape dure malgré tout. Il pourrait pleuvoir un peu alors il faudra être vigilant. On a vu qu’Antoine L’hote a gagné aujourd’hui pour la première fois chez les pros, en Pays de la Loire, en étant néo-pro. Il n’a pas eu peur. Et je n’aurai pas peur demain non plus.
« IL RESTE DU TRAVAIL À FAIRE »
Tu viens d’évoquer “quelques petits moments de doute” avant de venir ici. C’est-à-dire ?
Ce n’est pas grand-chose mais à la reprise parfois, quand tu fais tes premières intensités, tu te dis que tu ne seras peut-être pas au niveau espéré, que tu ne seras pas aussi bon qu’avant. Sans l’altitude, forcément tu n’as pas les mêmes sensations sur le vélo, ce n’est pas le même cyclisme. J’ai repris l’entraînement encore plus sérieusement, mon assistant massage est venu à la maison, mon entraîneur aussi. On s’est remis dans des conditions parfaites d'entraînement pendant une semaine et forcément, ça fait la différence quand t’es massé tous les jours et que tu peux t’entrainer de manière solide sans avoir le stress du quotidien, ça booste, j’ai repris confiance et je me suis entraîné encore plus dur.
La fatigue commence donc à se faire ressentir après cinq jours de course. As-tu douté de pouvoir jouer la victoire d’étape pendant la course ?
J’ai toujours eu confiance en mes jambes quand même. Je me sentais très bien sur le premier coup de force des Bahrain, même chose quand (Florian) Lipowitz a attaqué. Toute la journée, j’ai su que j’allais jouer la gagne. J’ai quand même senti que je n’étais pas aussi bien qu’en début de semaine. Il reste du travail à faire. C’est bien d’être repoussé dans mes retranchements et de me battre quand même, ne jamais lâcher, pour aller gagner l’étape. C’était du beau vélo.
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