Antoine L’hote : « Comme si c’était écrit »
Crédit photo LNC / G. Vidal
Il y pensait depuis les premières courses de la saison et même, déjà, à l’occasion de la préparation hivernale. Ce vendredi, Antoine L’hote a fait coup double en remportant la dernière étape et le classement général final du Région Pays de la Loire Tour, au terme d’un joli numéro en solitaire. Sûr de sa force, le longiligne coureur français d’1m90 a fait craquer le maillot jaune Alexander Kamp et signe là ses premiers succès chez les pros. Présent au Mans, DirectVelo a recueilli la réaction de l’ancien Champion de France Juniors derrière le podium protocolaire.
DirectVelo : Te voilà vainqueur chez les pros, et deux fois plutôt qu’une !
Antoine L’hote : Je crois que je ne réalise pas. J’ai senti dès le début que j’avais les jambes mais de là à faire ça aujourd’hui… Je pense que je ne referai pas beaucoup de fois ce genre d’exploits alors je savoure. C’est marrant, j’ai l’impression que c’était écrit car depuis décembre, on m’avait dit qu’on allait me faire enchaîner les courses WorldTour pour prendre de la caisse puis essayer, pourquoi pas, de jouer quelque chose ici en Pays de la Loire. Je gagne le général en plus de l’étape, je suis super heureux. Gagner directement pour ma première année pro, c’est beau.
Le tout après un joli numéro…
Je ne suis pas vraiment un puncheur, c’est surtout à l’usure et sur la fatigue que je performe. Je pense l’avoir montré aujourd’hui. Je suis d’abord un rouleur mais j’arrive à bien passer les petites bosses comme celles-là. De là à partir de cette façon et faire un numéro… Vraiment, je suis super heureux. Je remercie toute l’équipe qui a fait un boulot de fou.
Y’avait-il du stress dans les derniers kilomètres ?
Je n’étais pas tendu, je n’avais rien à perdre. 3e, ça aurait déjà été beau. Si je n’avais pas été au bout et que j’avais terminé 5e du général, ça aurait été pareil pour moi.
« JE NE SAVAIS PAS QUOI FAIRE »
Ces succès sont-ils amenés à te faire changer de dimension ?
Forcément, j’aurai davantage d’attentes envers moi-même. Mais en ce qui concerne l’équipe, je suis bien là où je suis, avec ma carte sur certaines courses et d’autres où je suis équipier, avec tout de même un rôle assez important. Je veux être une valeure sûre pour l’équipe, c’est le plus important.
Peux-tu nous expliquer le final et la façon dont tu as manœuvré sur ce circuit ?
J’ai essayé de me faire oublier. Quand j’ai attaqué pour partir seul, je ne savais pas quoi faire, je me suis demandé s’il fallait attendre, gérer… Mais je me doutais que ça allait attaquer derrière. C’est pour ça que j’y suis allé. J’ai vu que ça ne rentrait pas. Sur un circuit comme celui-là, je savais qu’on ne me verrait jamais même avec dix secondes d’avance. J’ai pu prendre mon propre rythme et au final, ça l’a fait.
Encore fallait-il ne pas craquer dans les passages difficiles…
C’était ça le plus important, mais à chaque passage j’ai essayé de gérer même si lors de la dernière, je ne sais pas si ça s’est vu mais j’ai dû me mettre à bloc (rire). Je savais que s’ils étaient trois-quatre derrière, ils allaient se regarder en haut. Dans le dernier tour, je n’ai pas trop compris ce qu’il s’est passé derrière, j’entendais que le maillot jaune roulait…
« J'ÉTAIS UN PEU DÉÇU DES STRADE BIANCHE »
Cette course, tu l’avais donc cochée depuis un moment ?
J’y ai pensé, je l’ai beaucoup imaginé. Depuis que j’ai mon programme en décembre, je l’avais en tête. J’étais parti sur une bonne dynamique en Australie, puis j’ai pu montrer que j’étais bien au niveau sur les courses suivantes. J’étais un peu déçu des Strade Bianche car j’avais le sentiment que j’aurais pu aider l’équipe bien davantage. Puis il y a eu le Tour de Catalogne, où le but était de prendre de la force. J’avais fait deux beaux résultats là-bas, notamment le dernier jour où j’avais réussi à m’accrocher avec les meilleurs dans les bosses. C’était plutôt encourageant. C’est un aboutissement, un peu comme si c’était écrit.
C’est ta plus belle journée sur le vélo ?
En faisant ça chez les pros, j’imagine qu’on va plus en parler mais je n’oublie pas les victoires chez les jeunes. Pouvoir être Champion de France un jour, même si c’est en Juniors, c’est quelque chose… Pareil pour Paris-Tours, c’était une belle ligne au palmarès.
Dans le même temps, Paul Seixas est maillot jaune du Tour du Pays Basque…
Il mérite beaucoup d’être là où il en est. Ce qu’il fait, ce n’est pas anodin. Je cours avec lui depuis les Cadets et je me souviens que la première fois que j’ai couru avec lui, il m’avait déjà mis une claque. Ce n’est pas étonnant.
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