« Je ne savais pas si je pourrais refaire du vélo un jour » : Edgar Jorge la surprise du Top 10

Crédit photo Alexis Dancerelle - DirectVelo

Crédit photo Alexis Dancerelle - DirectVelo

Dans le groupe de tête qui a entamé la dernière ascension du Mur de Huy, Bourg-en-Bresse Ain Cyclisme avait placé quatre coureurs : Antoine Basset, Jules Drouet, Daniel Lima et Edgar Jorge. Les maillots verts étaient parmi les mieux représentés dans le final de la première édition de la Mur de Huy Classic, ce lundi. Et derrière Eike Behrens, le premier vainqueur de la course 1.2U, Edgar Jorge, 20 ans, avec sept jours de course dans les jambes, est allé chercher la 7e place, entre le vainqueur de la Coupe du Monde de cyclo-cross, David Haverdings, et Ryan Gal qui sort de deux saisons dans la réserve du Team Picnic PostNL. L'ancien coureur du CR4C Roanne revient sur sa course pour DirectVelo.


DirectVelo : Quelle était la stratégie de l'équipe au départ ? 
Edgar Jorge : C'était de courir comme en amateur, c'est-à-dire de manière ouverte, essayer d'être devant et dans le premier grand tour, avoir un ou deux mecs devant dans un groupe de 20. Essayer de prendre la course devant parce qu'on savait que ça allait vraiment être contrôlé par les équipes Continentales. Nous courons rarement en Belgique donc on ne connaissait pas trop le niveau. Au final, ça a un peu couru comme chez les professionnels avec les deux grosses Continentales, Lotto et NSN, qui attendaient la dernière bosse. On était quatre devant, on était l'équipe la mieux représentée. Ça s'est fait dans l'avant-dernier mur et ensuite il y a quelques coups qui ont essayé de sortir mais on voyait que tout le monde attendait le dernier Mur. Ensuite, c'était un effort très dur jusqu'à la fin. 

Vous montiez quatre fois le Mur de Huy. Est-ce que tu as pu prendre des repères dans les différentes ascensions ? 
Oui, on prend des repères, on voit un peu s'il faut faire les extérieurs des virages ou les intérieurs. On se rend compte aussi à quel point c'est raide parce que, quand on la fait à la reconnaissance, on voit qu'il y a 5 minutes d'effort, on se dit ça va aller. Mais en course, ne serait-ce que de voir le panneau 300 mètres et qu'il reste une minute d'effort, c'est incroyable. C'était vraiment dur.

« CE QU'IL A FAIT LÀ, C'EST INCROYABLE »

Comment s'est passé ce dernier kilomètre ?
Après la flamme rouge, on essaie de gérer au maximum. On voit les gars partir et il faut vraiment essayer, je pense que ce que j'ai essayé de faire, de se concentrer sur son effort. Mais ça pousse aussi à essayer de rattraper des gars mais l'équipe m'a bien placé avec Antoine Basset dans le final. C'est un Top 10 collectif et on a Jules Drouet aussi qui finit dans les 10 (11e, NDLR). Nous montrons qu'on est dans une bonne démarche parce que normalement on venait pour Huw Buck Jones qui malheureusement s'est fait la clavicule et qui, clairement, s'il était venu ici jouait la victoire.

Est-ce que tu as vu Eike Behrens qui a giclé au pied ?
Je l'ai vu partir, je me suis dit s'il gagne c'est incroyable parce qu'on a un peu la référence de la course pro, que je regarde depuis tout petit à la télé, où la décision se fait aux 300 derniers mètres et là c'était limite à la flamme rouge.. Ce qu'il fait là c'est incroyable, surtout qu'il y avait encore des équipiers pour rouler derrière pour Alpecin.

Il n'y a pas un moment où tu t'es dit Lotto ou Alpecin vont faire le saut
?
Si, mais c'est vraiment compliqué. Je n'ai jamais fait une bosse comme ça où c'est impossible de se dire de faire le jump. Je suis plus à l'aise dans les parties moins raides, mais là sur une bosse aussi raide, j'ai l'impression que c'est chacun pour soi et même s'il y a une équipe qui roule derrière, c'est vraiment dur de revenir devant.

« J'AVAIS TRÈS PEU DE RÉFÉRENCES EN UCI »

Qu'est-ce que représente cette place dans le Top 10 ?
C'est une belle satisfaction parce que j'ai repris le vélo il y a trois mois. J'ai eu six mois d'arrêt à cause d'une myocardite aiguë. Je ne savais pas si je pourrais refaire du vélo un jour et du coup j'ai fait six mois sans vélo. Et là, l'équipe m'a fait confiance dès le début en me mettant au stage et en me mettant sur les courses au Haut-Var alors que je n'avais même pas deux semaines d'entraînement. Je leur suis énormément reconnaissant de pouvoir m'amener sur des courses comme ça alors que j'avais très peu de références en UCI.

Quelle est la suite de ta saison ?
Je ne serai pas dans l'équipe du Circuit des Ardennes, j'irai au Tour du Charollais. Mais on a une super démarche collective malgré la chute de Huw. Il y a plusieurs coureurs qui arrivent à faire des performances individuelles qui tirent le collectif vers le haut. Ensuite, nous irons à notre première course professionnelle dans deux semaines avec la Classique Besançon et le Tour du Jura. Ça va être une expérience, on y va sans pression mais on peut vraiment faire de belles choses. 

Mots-clés

En savoir plus

Portrait de Edgar JORGE