Paul Seixas : « Je n'ai pas peur de prendre des risques »

Crédit photo Nicolas Mabyle / DirectVelo
La Decathlon CMA CGM a pris ses responsabilités autour de son leader. Dans un premier temps, Jordan Labrosse puis Nicolas Prodhomme ont étiré le peloton dans la difficile montée de San Miguel de Aralar (9,5 km à 7,7 %). Et alors qu’il restait encore six bornes de montée et 26 kilomètres pour rejoindre l’arrivée, Paul Seixas a accéléré et personne n’a été en mesure de le suivre. Il a franchi la ligne, sur les hauteurs de Lekunberri, avec une avance de 1’25’’ sur le groupe des battus, comprenant de grands noms du peloton. Après deux étapes, le Rhodanien de 19 ans compte près de deux minutes d’avance sur son premier dauphin, Primoz Roglic (Red Bull-BORA-hansgrohe), au classement général du Tour du Pays Basque. À l’issue de la cérémonie protocolaire, DirectVelo a recueilli la réaction de celui qui a frappé très fort ce mardi.
DirectVelo : Ton attaque dans San Miguel de Aralar était forcément prévue !
Paul Seixas : C’était le plan. Je voulais gagner cette étape. Nous avons le maillot de leader donc c'était normal de contrôler le peloton. Les gars ont très bien travaillé et ils ont imposé un bon rythme pour que je puisse attaquer. Mon plan était peut-être d'attaquer un peu plus tard, mais j'ai senti que c'était le bon moment et j'y suis allé.
« LA MEILLEURE DÉFENSE, C’EST L’ATTAQUE »
N’as-tu pas eu peur que ce soit trop loin de l'arrivée ?
Peu après mon attaque, je me suis dit que c’était peut-être un peu tôt. J’ai regretté à ce moment-là parce que c'était vraiment dur et vraiment long, mais la meilleure défense, c’est l'attaque. Cette étape était peut-être ma préférée de la semaine et celle où il était possible de creuser des écarts. Même si j'avais le maillot jaune, je n'ai pas eu peur d'attaquer et d'essayer de prendre le maximum de temps possible. C’est une belle victoire, c’est incroyable !
As-tu pris tous les risques dans la descente qui précédait l’arrivée en bosse ?
Je n'ai pas eu la sensation de prendre des risques. Bien sûr, il y a de l'adrénaline et j'allais vite, mais pas tant que ça je pense. La route était vraiment propre, l'organisation a fait du bon travail et j'ai pu pousser fort en descente sans crainte. Je ne connaissais pas du tout la descente, je n'étais jamais venu ici, donc je faisais juste confiance aux conseils de l'équipe, de mon DS, et à la carte sur mon Wahoo.
« TOUT ÉTAIT POSSIBLE »
As-tu craint à un moment le retour de tes adversaires ?
Je suis parti seul assez tôt, donc tout était possible. Ils pouvaient rouler ensemble derrière et combler l'écart. La descente n'était pas si technique ou raide, ce n'était pas l'idéal pour un homme seul. S'ils étaient bien organisés derrière, ils pouvaient économiser des forces tout en réduisant l'écart et garder des jambes pour le final, alors que moi j'arrivais à bloc au pied de la dernière montée. Le final était vraiment raide, on pouvait vite perdre beaucoup de temps. Mais j’ai tenu bon.
Tu as 1’59’’ d’avance sur Primoz Roglic. Comment vois-tu la suite de la course ?
Pour le moment, on va aviser en fonction de comment se déroulent les étapes et quelles seront les stratégies des équipes adverses. On va peut-être essayer de contrôler, mais ça dépendra des étapes. Ça va être encore très dur. Il reste quatre étapes très dures, donc on se méfiera tous les jours. On sera toujours à l'attaque s'il le faut. On ne restera jamais sur la défensive si on se fait attaquer. Je n'ai pas peur de prendre des risques.
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