Lancelot Gayant avait un anniversaire à fêter

Crédit photo Jules-Olivier Eliard - DirectVelo
C'était une journée particulière pour le comité de Nouvelle Aquitaine, et la victoire de Lancelot Gayant, ce dimanche, sur la Pévèle Carembault Classic, valait bien une petite célébration pour l'occasion. "J'ai fait un T pour l'anniversaire de François Trarieux car c'est aujourd'hui. Et puis pour le 6-7, il m'a dit de faire ça, donc je l'ai fait", rigole le lauréat du jour. "C'est pour le nombre de fois où je n'ai pas eu de cadeau", plaisante à son tour le directeur sportif du jour. Par anticipation, François Trarieux a lui aussi offert un petit cadeau à son coureur, à l'approche du dernier kilomètre, en appelant son père, Bruno Gayant, et en montant à sa hauteur. "C'était énorme. Je pense que mes parents doivent pleurer. Ils pleuraient déjà quand j'avais gagné à la Bernaudeau. Je n'avais plus de gel, du coup François m'a passé un carré de chocolat, pour manger un petit truc solide", sourit Lancelot.
Car en habitué de l'exercice solitaire, le coureur du Team U LH n'a pas compté ses efforts sur cette manche de la Coupe de France. "Dès le premier secteur, c'est sorti à la pédale. On a vu que les gars étaient bien. Là où il a bien réagi, c'est que quand Augustin (Fahy) est sorti, il a tout de suite fait le jump", raconte François Trarieux. À un peu plus de 30 km du but, le match a viré au duel. "J'ai attaqué sur la fin de Mons-en-Pévèle, je sentais qu'il piochait un peu et je ne voulais pas non plus arriver au sprint parce que ce n'est vraiment pas mon fort. Donc, c'était osé, loin de la fin et dur, mais ça a marché". Lancelot Gayant a tenu bon dans le final. "Mon capteur de puissance ne marchait pas, je faisais à peu près avec les km/h, et j'essayais de gérer par rapport aussi au vent qui était très présent".
« IL Y A UNE FILIATION DANS LA FAMILLE »
François Trarieux n'est pas surpris par son protégé. "C'est un gros moteur. De toute façon, on connaît ses qualités de rouleur. Il sait rouler vite. C'est aussi sa formation sur la piste qui lui réussit et ses qualités de chrono qu'il travaille très régulièrement". Beaucoup plus que les pavés. "Je l'avais faite l'année dernière et ça n'avait pas été concluant, j'avais fait 39e. En Limousin, il n'y a pas trop de pavés, donc j'ai juste fait deux jours de pavés avant la course et ça s'arrête là". Mais, fils de Bruno et neveu de Martial Gayant, il y a un héritage dans ce registre. "Il y a une filiation dans la famille. Ça reste quand même des coursiers, il y a des heures de vélo derrière", note François Trarieux.
Lancelot Gayant a fait comme il a pu avec les conditions du jour. "Ça glissait vachement, donc je faisais comme je pouvais. Mon père et mon oncle ont déjà fait Paris-Roubaix, donc ils me partagent leur expérience, ils m'ont dit de toujours rester sur le haut du pavé. Je savais qu'aller sur le bas-côté, c'était un risque de crevaison un peu plus important. Mais quand on n'avance plus, il vaut mieux aller sur le bas-côté quand même", analyse le Junior 2. La Nouvelle Aquitaine va donc avoir de quoi faire la fête. "C'est une très belle victoire. En plus, on est cinq dans les 20 de la Nouvelle Aquitaine. C'est une très belle prestation collective, et c'est cohérent par rapport à leur niveau et à ce que j'attendais d'eux", applaudit le directeur sportif. "Et je suis le premier Français à la gagner", ajoute le vainqueur du jour, qui aura à cœur de confirmer à Paris-Roubaix, "même s'il va avoir du monde sur le porte-bagages", pense François Trarieux.
