Ion Izagirre, le dernier pèlerinage

Crédit photo Mathilde L'Azou / Cofidis

Crédit photo Mathilde L'Azou / Cofidis

Pouvait-il espérer un meilleur scénario ? Rien n’est moins sûr. Pour sa dernière venue sur les routes d’un Grand Prix Miguel Indurain qu’il aime tant, Ion Izagirre a remporté l’épreuve une troisième fois, dix ans après son premier succès en 2016. Puissant et tonique comme à ses plus belles heures, le vétéran de 37 ans a torturé la concurrence au fil des ascensions de la dernière des quatre boucles du circuit. Jusqu’à s’isoler avec le Champion des Etats-Unis Quinn Simmons dans le final. Ce dernier a semblé bien en peine pour suivre le Basque dans les pentes de l’Alto de Muru, puis a dû rendre les armes dans l’Alto de Ibarra, la dernière - courte mais terrible - ascension de la journée, avant une descente tortueuse dans les rues d'Estella-Lizarra, dans la province de Navarre. 


“Je suis extrêmement heureux. J’osais à peine en rêver mais je me sentais en forme et j’ai couru autant avec le cœur qu’avec les jambes aujourd’hui. J’aime tellement cette course, c’est si particulier de venir ici à chaque fois. C’est formidable, vraiment !”, se réjouissait-il au micro de DirectVelo à peine descendu de sa machine. “Il y a la famille et les amis qui sont là, c’est vraiment quelque chose de beau. Même si j’ai vécu plein de choses, que j’ai eu le bonheur de gagner quelques belles courses durant ma carrière, ça restera clairement l’un de mes plus beaux souvenirs”.

PORTÉ PAR LA FOULE

Très solide 7e de Paris-Nice lors de sa précédente sortie en compétition, le capitaine de route de la formation Cofidis ne doutait pas de sa force. Et malgré un plateau solide sur l’épreuve de niveau ProSeries, Ion Izagirre s’est clairement comporté en patron ce samedi pour l'emporter en solo. “J’ai quand même eu le temps de douter, forcément, car Quinn Simmons avait l’air solide. Mais je comptais bien profiter de la dernière montée pour tenter encore une fois de le décrocher. J’avais clairement cette option en tête”. Et il a ensuite pu compter sur une foule en délire dans cette dernière ascension. “Il y avait beaucoup de monde, tout le monde me criait dessus. Ça m’a vraiment poussé encore plus, je remercie tout le monde, c’était magique !”, lâche-t-il sans savoir que le public a également vibré derrière les barrières sur la ligne d'arrivée, les yeux rivés sur l'écran qui diffusait la course. 

En odeur de sainteté depuis déjà bien des années dans la région, Ion Izagirre aura en quelque sorte effectué son dernier pèlerinage en Navarre, en ce week-end pascal où nombreux sont les touristes et les fidèles à arpenter les chemins de la région vers Saint-Jacques de Compostelle. “Il a vraiment été impressionnant. Une fois qu’il est sorti avec Quinn Simmons, on s’est dit qu’on n’allait peut-être plus les revoir et c’est bien ce qu’il s’est passé. J’imagine qu’il a été sacrément costaud car on ne rigolait pas derrière. Mais il mérite cette victoire, c’est vraiment une belle histoire”, se réjouissait son compatriote et coéquipier Alex Aranburu, lui aussi en très bonne condition et qui termine au pied du podium. “Le plus important est de gagner avec l’équipe, c’est un beau moment pour le groupe”. Derrière la ligne, nombreux sont les coureurs à être venus saluer Ion Izagirre, chacun prenant la mesure de ce que venait de réaliser le vétéran, et qu’il n’est pas près d’oublier.

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