Bryan Coquard : « Il m’a fallu quelques jours pour digérer »

Crédit photo Florian Frison / DirectVelo

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Aussi étonnant que cela puisse paraître, Bryan Coquard n’a pas (encore ?) accroché la Roue Tourangelle à son palmarès. Le sprinteur de la Cofidis a pourtant déjà disputé cinq fois cette manche de la Coupe de France et y a terminé 2e lors de ses deux dernières venues, en 2022 et 2025. Il avait respectivement été battu par Nacer Bouhanni puis Erlend Blikra. Déjà lauréat à deux reprises cette année, lors du GP de Marseille-La Marseillaise puis en Grèce, « le Coq » compte bien tripler la mise, une semaine après une très grosse désillusion lors de Milan-Sanremo, comme il l’explique à DirectVelo. Entretien.


DirectVelo : Cette fois, c’est la bonne sur la Roue Tourangelle ?
Bryan Coquard : Je ne sais pas (sourire), on verra bien. Ce qui est sûr, c’est que la condition est bonne. Mais (Dylan) Groenewegen est le favori, il vient de gagner trois fois en une semaine. L’avantage, c’est que le parcours est plus difficile que les années précédentes et me correspond mieux sur le papier. On va essayer de bien faire les choses, pour moi ou pour un autre coureur de l’équipe.

« IL EST POSSIBLE QU’IL NE SOIT PLUS LÀ »

L’équipe ne sera donc pas nécessairement orientée à 100% autour de toi ?
Pas forcément, j’arrive ici en tout décontraction, je ne vais pas me prendre la tête même si je suis ambitieux. Quoi qu’il arrive, on va devoir rendre la course difficile. Je n’ai pas encore discuté avec Evaldas (Siskevicius, le directeur sportif, NDLR) mais j’aurai bien sûr ma carte à jouer dans le final. On va essayer de manoeuvrer au mieux avec l’envie de forcer les Unibet à contrôler le final.

Peux-tu espérer être débarrassé de Dylan Groenewegen avant la dernière ligne droite, ou sa condition actuelle te fait-elle penser qu’il devrait passer ?
Je pense qu’il est possible qu’il ne soit plus là suivant le scénario de la course. Dans tous les cas, il arrivera émoussé au sprint mais je sais qu’il est en bonne condition, donc je me méfie. Les bosses ne sont pas très longues, mais l’avantage pour moi est qu’elles s’enchaîneront rapidement. Le placement sera important.

« IL Y AVAIT TELLEMENT MIEUX À FAIRE… »

Il y a une semaine, tu n’avais pas souhaité t’exprimer à l’arrivée de Milan-Sanremo, où l’on t’a senti très déçu… Que peux-tu nous en dire avec désormais un peu de recul ?
J’étais très bien le Jour-J, clairement. C’est une grosse déception, il m’a fallu quelques jours pour digérer ce qu’il s’est passé là-bas. Je me sentais fort dans le deuxième groupe (derrière le trio Pogacar, Pidcock et Van der Poel, NDLR) alors que l’on n’était plus beaucoup pendant un temps. J’étais bien dans la Cipressa, puis j’ai bien manoeuvré dans le Poggio également. Et puis j’ai fait un très mauvais final…

C’est-à-dire ?
Je me suis focalisé sur Christophe Laporte. Sauf qu’on s’est fait enfermer au kilomètre et c’était fini. Je me suis retrouvé beaucoup trop loin. Faire 22, c’est vraiment une grosse déception. Avec les jambes que j’avais, il y avait tellement mieux à faire… Je n’étais pas du tout en bout de course.

« J’AI TOUCHÉ CE GROS RÉSULTAT DU DOIGT »

Tu évoques depuis le début de l’année une nouvelle façon de travailler et un profil légèrement différent de celui que tu as toujours eu jusqu’à présent, davantage focalisé sur le punch que sur tes pures qualités de sprinteur. On devine qu’en réalité, tu avais fait de ce Milan-Sanremo ton plus gros objectif de ce début de saison ?
C’est clairement ça, c’est un bon résumé. Et le pire dans cette histoire, c’est que j’ai touché ce gros résultat du doigt. J’étais clairement au niveau où je voulais être. Je pense même ne jamais avoir été à ce niveau sur cette course-là. Les deux dernières fois, j’avais pété dans le Poggio sans explication particulière, si ce n’est que je n’étais simplement pas au niveau pour suivre. Cette fois, j’ai pu jouer avec les meilleurs, je n’étais pas du tout dans les cordes, mais j’ai foiré totalement mon dernier kilomètre. 

Malgré cette grosse déception, c’est la confirmation que tu peux encore être très ambitieux, à bientôt 34 ans, y compris sur certaines des plus belles courses au monde !
J’ai un niveau qui est top actuellement, je suis vraiment en super condition donc j’essaie d’en profiter au maximum. Je continue de rêver à de grandes choses en effet. Je pense notamment à l’Amstel, qui sera la dernière course de ce nouveau bloc que je débute à la Roue Tourangelle. L’Amstel, j’en rêve, même si c’est à la limite de mes capacités. J’avais fait 4e en 2016 là-bas. Même si ça remonte, ça reste une référence.  Dans tous les cas, les sensations que j’ai pu avoir à Sanremo me confortent dans l’idée que j’ai fait le bon choix en changeant de façon de m’entraîner et en me focalisant davantage sur les efforts de puncheur. Je prends du plaisir dans ce nouveau rôle. Lors de Paris-Nice, j’étais au service de Milan (Fretin) les premiers jours et ça m’allait très bien. J’ai davantage de fraîcheur mentale et c’est prometteur pour la suite de la saison.

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